L’espace vacant à côté du Centre Jean-Besré est plus vaste que ce que l’on croit en calculant notamment un corridor en friche caché par un écran végétal en bordure du stationnement existant. La Ville pourrait acquérir cette emprise pour éviter de surcharger le terrain où elle veut accueillir la Place Nikitotek en plus de la future salle de diffusion pour la jeunesse.

Mieux là que partout ailleurs

CHRONIQUE / Alors que le besoin d’hébergement dans le voisinage du Centre de foires est une remise en question venant à peine de commencer, la réflexion autour de la relocalisation de la Place Nikitotek est terminée.

À moins d’un braquage politique à l’hôtel de ville, la scène se trouvant dans l’axe du futur du pont des Grandes-Fourche sera déplacée dans deux ans sur la rue Wellington Sud, à côté du Centre Jean-Besré.

Est-ce l’endroit idéal? Pas du tout.

L’emplacement actuel lui est de loin supérieur. Je maintiens qu’il n’y a pas plus belle vue sur le patrimoine urbain de Sherbrooke qu’à partir des gradins de la rue des Abénaquis, là où les derniers rayons du soleil nous caressent le visage en suivant le lit de la rivière Magog. À cause de l’écran qu’est le dénivelé de la côte King, la rue Wellington Sud n’offre pas la même chaleur à la même heure. La pénombre arrive bien en avance sur la noirceur.

Il y a tout de même un gain à démanteler la scène et à la déplacer, car au lieu d’offrir ce coup d’œil vendeur seulement pendant la saison des spectacles extérieurs durant à peine 30 jours, le nouveau pont et la reconfiguration du secteur le mettront en valeur tous les jours.

Pour conserver l’avantage de voir les clients de la Place Nikitotek débarquer pratiquement dans leur cour, les restaurateurs et propriétaires de bistros de la rue Wellington Nord auraient sans doute préféré le statu quo. Pour eux, c’est quand même un moindre mal. Un déménagement hors du centre-ville aurait été pire.

La complémentarité, devenue la norme pour regrouper des plateaux sportifs, est la recette sur laquelle Sherbrooke veut miser en juxtaposant la future salle de diffusion pour la jeunesse, dont le concept architectural est toujours en phase d’élaboration, au Centre de production des arts de la scène portant le nom de l’illustre comédien que fut Jean Besré. Il est tout aussi logique d’y greffer la Place Nikitotek pour maximiser l’usage des installations municipales.

Les terrains vacants paraissent bien étroits pour accueillir tous ces équipements, incluant des infrastructures d’accueil pour la scène extérieure. Ils sont plus vastes que ce que l’on croit en calculant une emprise cachée par un écran végétal en bordure du stationnement existant. La Ville pourrait acquérir ce corridor, large d’une dizaine de mètres et faisant la longueur du terrain, pour se donner de l’espace.

De même, nos regards se butent actuellement au grillage de l’emprise ferroviaire, nous empêchant de voir le potentiel de stationnement se trouvant tout juste de l’autre côté de la voie ferrée. Le terrain vacant entre le Maxi et la SAQ se trouve en zone inondable à récurrence 0-20 ans, aucun édifice ne pourra y être construit. Aussi bien en prévoir une quelconque utilité.

Le prolongement de la rue du Dépôt jusqu’à des Grandes-Fourches ouvrira un passage pour s’y rendre aisément, tout comme il créera un accès direct pour les citoyens du quartier qui doivent actuellement se taper un détour à pied de plusieurs centaines de mètres avec leurs sacs de denrées achetées au supermarché. Tantôt, tout le secteur respirera mieux parce qu’il aura été désenclavé.

Ajoutons qu’une partie des cases de stationnement utilisées par les employés travaillant aux ateliers municipaux avance vers le Centre Jean-Besré. Ces places sont toujours libres en soirée. Le jour n’est pas loin non plus où l’ensemble de ces infrastructures municipales sera déplacé dans le parc industriel régional. Une fois ce site déserté, comme il est également considéré à haut risque de débordements, la Ville n’aura d’autres choix que le convertir qu’en espace vert ou en parc de stationnement.

Soit dit en passant, tous les immeubles et terrains se trouvant entre la voie ferrée et la rue Wellington, dont le Centre Jean-Besré, se trouvent à l’extérieur des zones inondables cartographiées par la Ville. Même déplacée à l’endroit projeté, la Place Nikitotek ne risquerait donc pas de partir à la dérive.

La Ville est à finaliser l’appel d’offres qui sera bientôt lancé pour recevoir différentes propositions en marge du projet Well Inc. Si le conseil municipal entérine d’ici là le choix du nouvel emplacement de la Place Nikitotek, il enverra un autre message positif d’action et de consolidation aux promoteurs intéressés.

À tout considérer, il y a plus d’avantages que d’inconvénients à déplacer la Place Nikitotek, et vaut mieux là que partout ailleurs.