Isabelle Gaboriault
Biz, biz, biz!
Biz, biz, biz!

Merci aux abeilles !

CHRONIQUE / Le 4 avril, peu de gens s’arrêtent à ça, c’est normalement la 94e journée de l’année. Mais pas cette année. Comme 2020 est bissextile, ce week-end, samedi, nous vivions la 95e journée de l’année. Mais il y a plus. La date du 4 avril, c’est aussi la journée de l’abeille.

Dans le calendrier républicain, créé en 1792, chaque nom de mois rappelle un aspect du climat français ou des moments de la vie paysanne de l’époque. Chaque jour, lui, se caractérise par le nom d’un produit agricole, celui d’une plante ou d’un animal.

Je suis allée jeter un œil curieux à ma date d’anniversaire. Ma fête est célébrée le jour de l’érable sucré, en frimaire (troisième mois du calendrier républicain, du 21 novembre au 21 décembre)!

En sachant que la nomenclature de ce calendrier a été entièrement conçue par un poète et un jardinier, on reste moins surpris de se marier le jour du topinambour ou d’accueillir son premier enfant à celui de la pintade.

Mais revenons à nos moutons. Savoir que nous étions samedi dernier le 4 avril m’a donné envie de rendre hommage à tous ces gens qui travaillent fort actuellement. Toutes ces petites abeilles dispersées dans différentes ruches ici et là, et qui sont toutes menacées par un seul et même prédateur plus petit qu’un grain de pollen.

Les gens qui ont le privilège de travailler présentement travaillent plus que jamais. Plusieurs directement au front, mettant leur santé et celle de leurs proches en péril.

À tous, je leur dis Merci !

À plus petite échelle, merci aussi à mes collègues, tous postes confondus, dans les médias un peu partout au Québec. Les cousins et cousines de la fesse gauche au Droit à Ottawa, au Nouvelliste à Trois-Rivières, au Soleil à Québec, au Quotidien au Saguenay et à La Tribune à Sherbrooke. Mais, bien évidemment, merci à mes ami(e)s de La Voix de l’Est, ici à Granby.

Ça butine sur un méchant temps dans les alvéoles dispersées de notre belle salle de rédaction, je vous en passe un papier! Pour vous donner une idée de l’ambiance, c’est comme une soirée électorale tous les jours, dans l’effervescence et le rythme, avec la peur au ventre et l’inquiétude qui nous ont frappés le 11 septembre 2001... Mais malgré l’éclatement de la ruche, les abeilles se sont vite adaptées. Rapidement activées. C’est beau de voir ça aller.

À encore plus petite échelle, merci à mes filles.

Depuis des semaines, on peut dire que notre maison a, elle aussi, pris les allures d’une petite ruche. Pendant que leur père et moi travaillons, elles prennent le relais des différentes tâches à accomplir dans la maison à travers, bien sûr, leur propre emploi du temps.

Sans elles, on n’y arriverait juste pas. Elles nous concoctent de bons petits plats. Beaucoup de desserts. Elles gèrent le lave-vaisselle, le lavage et le reste à grands coups de listes sur des post-its fluo. Ce qu’elles font pour nous me fait du bien. M’enlève un poids.

Ma reconnaissance, je leur exprime tous les jours. Plusieurs fois par jour. Mon utilisation du mot « Merci! » suit en fait exactement la même courbe que celle que je fais du savon à main en une journée! Si je ne l’ai pas dit 1 600 000 fois depuis un mois, je ne l’ai pas dit.

Dire merci est un gage de bonne santé physique et relationnelle. Y’a-t-il quelque chose de plus beau dans la vie?

J’ai envie de vous laisser avec cette phrase, aussi d’une grande beauté, dite un jour par l’auteur du livre au titre on ne peut plus évocateur, Merci! (Robert Emmons), parce que je pense qu’elle est de circonstance.

La gratitude, disait-il, « aide une personne à diriger son attention vers les choses heureuses de sa vie et à la détourner de ce qui lui manque. »