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Vu d'même

Là où le soleil ne brille jamais

CHRONIQUE / Ça fait jaser depuis quelques jours. Beaucoup. Je parle ici d’une pratique promue par quelques influenceurs américains qui s’appelle le «bum-sunning». En français: le bain de soleil fessier.

Oui, mesdames et messieurs, vous avez bien lu. Se faire dorer le pé-teux.

Vu d'même

De faim et de dignité

CHRONIQUE / Au marché près de chez moi, l’autre jour, un homme à l’allure négligée ouvrait la porte du commerce aux passants en tendant la main dans l’espoir qu’on y dépose une pièce en guise de remerciement.

Je n’étais même pas encore arrivée au pas de la porte que je fouillais frénétiquement dans mon porte-feuille à la recherche d’un peu d’argent qui permettrait à cet étranger, qui n’avait peut-être pas de toit, de s’offrir un peu de chaleur à travers la grisaille de novembre.

« Merci ma grande, m’a-t-il dit, de la reconnaissance plein les yeux. J’te jure que je vais en faire bon usage ! »

Il devait dire ça à tout le monde pour justifier sa triste situation. Parce que les gens ne donnent pas à n’importe quel mendiant.

Pour eux, il y a les « bons » pauvres, qui s’achètent à manger avec ce qu’on leur donne. Et il y a les « mauvais » pauvres, qui endorment leur souffrance dès qu’ils le peuvent.

Qui sommes-nous pour juger ?

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Décembre est à nos portes, amenant avec lui la féérie de Noël. Et qui dit temps des Fêtes dit période d’abondance et de partage, qui nous rappelle aussi l’existence de plus démuni que soi.

Récemment, j’ai assisté à une journée de réflexion et de concertation visant à concevoir des initiatives locales de lutte contre la pauvreté.

Divisés en groupes, les participants devaient se pencher sur des enjeux bien précis ayant été ciblés comme priorités d’action.

Je me suis particulièrement intéressée à la « table » portant sur la sécurité alimentaire. L’une des problématiques observées était la difficulté d’identifier les personnes ayant besoin de dépannage alimentaire, phénomène notamment causé par la perception négative liée au fait d’avoir recours au service et qui freine plusieurs individus de s’en prévaloir.

Avec raison. 

Toute notre vie, nous sommes éduqués à dénicher un bon emploi, à atteindre l’autonomie financière et à se débrouiller seuls. Très rarement sommes-nous sensibilisés aux aléas de la vie et au fait que personne, mais absolument personne n’est à l’abri d’un revers qui peut mener à la précarité financière.

Être pauvre est encore perçu comme un échec social dont il faut avoir honte au plus haut point.

Comme si ça rendait moins humain.

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« Personne ne vient ici en se disant “Yes ! Je n’ai plus d’argent ! ” Il y en a beaucoup qui passent devant chez nous avant de se décider d’y entrer, et quand ils le font, ils marchent sur leur orgueil », confiait le coordonnateur de la banque alimentaire SOS Dépannage, Éric Vachon, en début de semaine.

En stationnant ma voiture pour me rendre au point de presse annonçant la traditionnelle Guignolée — qui a lieu ce dimanche —, j’ai croisé le regard d’une femme qui repartait avec ses denrées de la semaine. Une femme d’à peu près mon âge et qui, à voir la quantité de sacs qu’elle mettait dans sa voiture, devait avoir un ou deux enfants.

Son regard semblait me dire qu’elle aurait préféré ne pas être vue, ce matin-là.

Je n’ai pu qu’esquisser un sourire compatissant.

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J’ai regardé avec enchantement Rire sans tabous sur Z, une émission créée et animée par l’humoriste Jean-François Mercier, qui rencontre une poignée de personnes dans une situation encore jugée atypique (homosexualité, handicaps, obésité, etc.) et qui tente par la suite de bâtir un monologue humoristique sur la thématique. 

Dans un épisode, il traite de pauvreté ; ses invités, des hommes et des femmes tout ce qu’il y a de plus normal, n’ont pas « l’air pauvres ». 

L’une des participantes le mentionne d’ailleurs très bien : « On m’a déjà demandé si j’avais vraiment besoin d’aide alimentaire parce que je n’arrivais pas habillée tout croche. Ce n’est pas parce que je suis pauvre que je ne porte pas soin à mon apparence ».

Une déclaration qui est venue me chercher tant elle est criante de vérité : ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on veut que ça se sache de tous au premier coup d’oeil.

« On n’est pas là pour juger les gens, mais pour les aider », me disait aussi Éric Vachon, lundi.

Ça s’appelle la dignité. Et c’est tellement important, en plus d’être gratuit.

Certaines gens n’ont que ça dans la vie.

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Contrairement à SOS Dépannage, qui a fière allure avec son restaurant et son magasin, certaines banques alimentaires se déploient dans des sous-sols. Ou bien il faut passer par une porte arrière pour y entrer afin de protéger l’identité et, justement, la dignité des bénéficiaires.

Pourtant, il n’y a rien d’indigne à cogner aux portes pour demander de l’aide. Au contraire, il s’agit d’un geste courageux qui mérite d’être encouragé.

Il est temps de changer les paradigmes et de revoir la manière dont les messages sont colportés ; plutôt que perpétuer l’idée que de se servir dans une banque alimentaire est synonyme d’échec et de faiblesse, pourquoi n’y verrions-nous pas là la débrouillardise d’une personne qui utilise à bon escient un outil parmi plusieurs autres dans la boîte du filet social ?

Certaines publicités, par exemple, visent à toucher la corde sensible de la population mieux nantie et la classe moyenne, en leur montrant la réalité des plus démunis qui peinent à boucler leurs fins de mois et dont le bas de Noël sera passablement moins garni que le leur pendant cette période de réjouissances. C’est pour cette raison qu’on voit souvent, dans ces missives, des frigos vides, des personnes ayant l’air tristes ou fatiguées parce qu’elles tentent sans cesse de se garder la tête hors de l’eau.

Pourquoi, pour une fois, ne verrions-nous pas une famille modeste, par exemple une mère monoparentale et ses deux enfants, passer un réveillon de Noël des plus simples, mais heureux ? Et mentionner ensuite que c’est grâce à la générosité de la population que Maxime, Joélie et Martine ont pu vivre un Noël joyeux ?

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À l’inverse, on garde encore une petite gêne à montrer qu’on est aisé. 

Comme c’est mal vu d’être démuni, c’est encore mal vu d’être riche ; c’est d’ailleurs un tabou auquel l’animatrice Maripier Morin s’est attaqué courageusement en dévoilant ses revenus de l’an dernier dans le cadre de son émission Mais pourquoi ? , il y a quelque temps. 

Nos racines judéo-chrétiennes nous enferment toujours dans un modèle où modestie et humilité ne vont pas de pair avec confort et abondance.

Comme être pauvre, être riche ne rend pas moins humain, non plus.

Dans tous les cas, ce qui est bien vu, c’est d’aider son prochain.

Alors soyons généreux avec ceux qui en ont besoin. 

Et tant qu’à y être, soyons fiers de le faire. 

Vu d'même

Corps de métier

CHRONIQUE / Dis-moi comment tu gagnes ta vie, je te dirai si tu es satisfait... Le fabricant de jouets sexuels Lelo a dévoilé en début de semaine les résultats d’un sondage en ligne mené auprès d’adultes du Royaume-Uni. L’enquête, pas du tout scientifique, c’est évident, cherchait à déterminer dans quels «corps» de métier les gens étaient les plus comblés sous la couette.

La lecture des résultats est hilarante.

Actualités

Guenille nuptiale et oppression

CHRONIQUE / «Toi, Marie, vas-tu porter le voile ?» Cette discussion ne portait pas sur une hypothétique conversion à l’islam ; c’est une amie qui m’aidait à essayer des robes en prévision de mon mariage, l’été prochain.

J’ai répondu par la négative. Jamais cette idée ne m’avait effleuré l’esprit : j’ai toujours pensé que mon fiancé savait très bien ce que recèlerait le paquet cadeau que mon père lui présenterait le jour de nos noces. Inutile d’ajouter un emballage supplémentaire.

Vu d'même

Être humain

CHRONIQUE / J’ai toujours dit que le journalisme était le plus beau métier du monde, parce qu’il consistait à être témoin de l’activité humaine. Observer la vie, quoi.

Imaginez : chaque jour, on gagne la nôtre en rencontrant des personnes extraordinaires dont nous avons ensuite le privilège de raconter l’histoire au bénéfice d’autres personnes qui gagneront à les découvrir. Chaque jour, on apprend quelque chose et on peut concrètement faire de notre communauté un monde meilleur en relevant ce qui y cloche ou en faisant connaître des initiatives qui contribuent à l’améliorer.

Vu d'même

La maison du docteur

CHRONIQUE / Il n’aurait pas fallu que la fête d’Halloween soit reportée chez nous, jeudi. Mon chum ne s’en serait pas remis.

L’Halloween, mon Dave prend ça très au sérieux. Ça lui donne une occasion de retomber en enfance et de s’amuser comme un gamin. Solide.

Vu d'même

Tout gober

CHRONIQUE / Il y a quelques semaines, un membre de mon entourage a partagé une fausse nouvelle. Un contenu facile à démentir, cependant, pour peu qu’on connaisse le sujet.

Ça arrive.

Vu d'même

Vendre sa salade

CHRONIQUE / J’admets que depuis son accession à la papauté, j’ai toujours trouvé que François 1er était ouvert sur le monde, avant-gardiste et plus compréhensif à propos de beaucoup d’enjeux sur lesquels le Vatican s’était jusqu’alors montré intransigeant, voire condescendant.

J’ai eu envie d’applaudir en apprenant que le souverain pontife avait déploré, dans un message envoyé cette semaine aux Nations Unies dans le cadre de la Journée mondiale de l’alimentation, que les ressources alimentaires de la planète ne soient pas plus équitablement réparties et qu’il se gaspille encore trop de nourriture.

Vu d'même

Ainsi fond, fond, fond...

CHRONIQUE / « Et à votre gauche, si vous regardez l’extrémité de l’île Bonaventuuuuuure, vous verrez ce qu’on appelle le Profil de l’Indien. On peut remarquer les rochers qui forment le visage et le nez de l’Indien, et les sapins qui représentent sa chevelure... »

Ce qu’il en avait à dire sur le paysage, le capitaine du bateau d’excursion sur lequel j’ai traversé le fleuve pour me rendre de Percé à cette île magnifique, refuge d’une centaine de milliers de fous de Bassan !

Vu d'même

La bonne oreille de mon amie Sophie

CHRONIQUE / Depuis que vous avez entamé la lecture de vos nouvelles quotidiennes, ce matin, probablement en sirotant votre café dans le confort de votre demeure, sachez qu’une ou deux personnes, quelque part dans le monde, se sont enlevé la vie, et ce, sans même que cela ne vous ait effleuré l’esprit.

Pensez-y : le monde continue de tourner à une vitesse folle pendant que chacun d’entre nous prend un temps d’arrêt.

Vu d'même

Noël en été

CHRONIQUE / J’ai profité de la longue fin de semaine de la fête du Travail pour convier ma famille Martel à une épluchette de blé d’Inde chez moi, dimanche dernier.

La météo clémente et la complicité de ma tante Colette ont permis de rallier pratiquement tous les membres du clan, à la seule exception de deux cousins retenus ailleurs ; l’un de l’autre côté de la frontière, l’autre au boulot.

Vu d'même

OD abat les stéréotypes

CHRONIQUE / Ça a bien l’air qu’il y aura une candidate transgenre dans la prochaine saison d’Occupation Double, dont le tournage est en voie de s’amorcer en Afrique du Sud.

En effet, parmi les candidates susceptibles d’être retenues par le public pour l’aventure se trouve la toute première concurrente trans en la personne de Khate Lessard, une préposée aux bénéficiaires et conférencière de 23 ans originaire d’Amos, en Abitibi-Témiscamingue.

Vu d'même

La noblesse

CHRONIQUE / Je suis allée au bureau de poste, l’autre jour. Un endroit qui est toujours tranquille, peu importe le nombre de personnes qu’on y retrouve. Un lieu caractérisé par son silence, uniquement brisé par le dialogue entre l’employé de Postes Canada et son client.

Nous étions six dans la boutique ; j’étais la troisième en ligne. Comme c’était l’heure du midi, une seule employée s’occupait de répondre à la demande.

Vu d'même

La juste valeur des choses

CHRONIQUE / Chaque fois que j’arpente les allées d’une épicerie, je suis dégoûtée de voir des bouteilles de jus, des berlingots de lait au chocolat et des fruits entamés traîner sur des tablettes où ces produits ne devraient pas se trouver.

Ces vols d’une infime valeur, mais qui combinés à tous ceux qui sont commis chaque jour par des clients insouciants, finissent par coûter cher aux entreprises et dénotent un manque de respect pour le commerçant.

Vu d'même

Jouer au docteur

CHRONIQUE / En maternelle, il y avait un livre à l’école qui nous faisait bien rigoler, mes camarades de classe et moi. «Venir au monde», c’était le titre de ce petit bouquin de La courte échelle, qui était présenté dans une boîte où on trouvait également un jeu de société dont l’objectif, si je me souviens bien, était de mener à la naissance du bébé joufflu qui ornait la couverture.

Ce qui nous faisait rire, jeunes écoliers innocents que nous étions, c’était que ce livre, qui expliquait de manière ludique comment sont faits les bébés, était illustré de façon très explicite. Je me rappelle encore d’une image où « Maman » et « Papa », en retard pour le boulot, étaient nus comme des vers dans la salle de bain en train de se doucher et de se brosser les dents.

Vu d'même

Le larcin invisible

CHRONIQUE / Veille de Noël, 1990 ou 1991 : un moment que je n’oublierai jamais.

Nous revenions, mes parents et moi, du réveillon familial organisé chez ma grand-mère maternelle, à Beauport. Comme toutes ces fois où nous avions un repas en famille dans son appartement du secteur d’Estimauville, je m’endormais au retour sur la banquette arrière de la voiture en regardant toutes les lumières qui longeaient l’autoroute Félix-Leclerc.

Vu d'même

L’haït-cité

CHRONIQUE / Peut-on vraiment conclure à une corrélation directe entre les actes de violence commis cette semaine à l’endroit de personnes arabes et la loi 21 sur la laïcité de l’État ?

C’est ce que croit un chauffeur de taxi d’origine arabe de Québec, qui a été attaqué au couteau la semaine dernière par un client qui jugeait la course trop coûteuse.

Vu d'même

Tous les complots de l’univers

CHRONIQUE / Voilà donc un demi-siècle aujourd’hui que l’homme a mis le pied sur la Lune ; cinquante ans que les Américains ont remporté la course spatiale qui a caractérisé la guerre froide durant les années 1960 face aux Russes de l’Union soviétique.

Et pourtant, encore beaucoup de personnes doutent toujours aujourd’hui que Neil Armstrong a bel et bien foulé le sol lunaire.

Vu d'même

Les maires coquins

CHRONIQUE / Est-ce qu’une suspension de 90 jours, la sanction maximale pouvant être imposée à un élu par la Commission municipale du Québec (CMQ), est suffisamment sévère pour décourager des maires ou des conseillers municipaux de contrevenir à leur Code d’éthique et de déontologie ?

Poser la question, c’est un peu y répondre.

Vu d'même

La vraie vie et le septième art

CHRONIQUE / C’est souvent au cours de l’été qu’Hollywood déploie ses gros canons, saison propice à faire gonfler les résultats du box-office.

Les gens sont en vacances, les quelques ciné-parcs qui existent encore sont ouverts. Et puis, une salle de cinéma climatisée en pleine canicule est plus qu’invitante...

Vu d'même

La page blanche

CHRONIQUE / Vendredi, près de 16 heures. Je suis assise devant mon poste de travail et je ne sais pas encore de quoi vous parler cette semaine dans ma chronique, une tribune privilégiée où je peux vous entretenir de ce qui me plaît.

Mais il semble que cette semaine, plutôt que d’avoir carte blanche, j’avais davantage le syndrome de la page blanche.

Vu d'même

Les papatients

CHRONIQUE / Ce sera la fête des Pères demain.

À tous ceux qui seront entourés de leur marmaille, de leurs rejetons et peut-être même de la progéniture de ceux-ci, jeunes ou moins jeunes, que cette journée soit ensoleillée et remplie d’amour.

Vu d'même

On m’aime, donc je suis

CHRONIQUE / Une des premières choses qu’apprennent les policiers en devenir — je suppose — est de ne jamais négocier avec un criminel. C’est pourtant ce qu’a fait le Service de police de Torrington, dans l’État du Connecticut, en acceptant un curieux accord avec un fugitif en cavale.

Le criminel en question, Jose Simms, recherché pour avoir omis de se présenter en cour à plusieurs reprises, a proposé de se rendre aux forces de l’ordre lorsque son avis de recherche publié sur Facebook obtiendrait plus de 20 000 mentions « j’aime ».

Vu d'même

Dans la cour du voisin

CHRONIQUE / J’ai honte. Toute cette histoire entourant l’envoi d’une centaine de conteneurs de déchets du Canada vers les Philippines n’a rien pour nous emplir de fierté patriotique.

Je ne peux pas croire qu’il a fallu six ans à notre gouvernement pour mettre ses culottes et rapatrier nos rebuts que les Philippins n’ont jamais demandés.

Vu d'même

Mon corps, c’est mon corps

CHRONIQUE / C’est d’une très grande ironie. Au même moment où la ministre de la Santé Danielle McCann relançait le débat de la couverture publique des frais de fertilisation in vitro au Québec d’ici 2020 en annonçant la création d’un groupe d’experts, mercredi, l’État de l’Alabama adoptait une loi très sévère contre l’avortement.

D’un côté de la frontière, le gouvernement québécois souhaite rétablir le paiement d’un cycle de fertilisation pour les couples infertiles, après que son prédécesseur ait mis fin à la pratique en 2015.

Vu d'même

Donner des ailes

CHRONIQUE / Ainsi le gouvernement de Justin Trudeau songerait à modifier le Code canadien du travail afin d’offrir gratuitement des produits menstruels aux employées des instances fédérales, histoire de donner l’exemple aux entreprises privées qu’il voudrait voir emboîter le pas.

Cette volonté s’inscrit dans la même veine que l’esprit de la loi, qui prévoit que du papier hygiénique, du savon et de quoi se sécher les mains soit disponible en tout temps aux employés de la fonction publique fédérale, des sociétés d’État et des aéroports, entre autres, et ce, aux frais de la reine.