Marc Allard
Le Soleil
Marc Allard
Quelque part en 2020, mon «dad bod» devrait ressurgir, et je pourrai dire que j’ai un point commun avec Leonardo DiCaprio.
Quelque part en 2020, mon «dad bod» devrait ressurgir, et je pourrai dire que j’ai un point commun avec Leonardo DiCaprio.

«Opération shape de plage»

CHRONIQUE / Si tout va comme prévu, j’aurai regagné ma paillasse d’ici la fin de l’année.

Depuis ma chronique sur mes douze mois de résistance à la malbouffe, vous avez été nombreux à me poser la question : «as-tu perdu du poids?» 

La réponse est «oui». J’ai délesté ma charpente d’environ 5 livres. Je flotte maintenant dans mes vieux jeans de 34 de tour de taille. J’ai dû racheter quelques paires à 32 et je n’ai pas besoin de prendre une grande respiration avant de les attacher. 

C’est tout? Cinq livres pour un an à dire non au sucre et à la friture? 

Ouais, finalement, j’aurais peut-être dû suivre un vrai régime... Une étude menée par les chercheuses Rena Wing et Suzanne Phelan a montré qu’une personne obèse qui suit assidûment un programme de perte de poids peut s’attendre à perdre entre 15 et 20 livres... en six mois. 

Mais une fois le régime terminé, que se passe-t-il? Cinq ans après avoir pris part à un programme typique de perte de poids, seulement 15 % des participants avaient réussi à ne pas reprendre ne serait-ce que 10 livres. La vaste majorité était de retour à la case départ ou avait repris du bide. 

Bref, les pronostics ne sont pas réjouissants. Quelque part en 2020, mon dad bod devrait ressurgir, et je pourrai dire que j’ai un point commun avec Leonardo DiCaprio.

Le tour de taille n’est pas juste une préoccupation superficielle. Quand on a des kilos en trop, c’est comme si on devait transporter un sac de patates avec nous toute la journée. C’est plus dur pour le cœur, les articulations et notre corps en général. 

Perdre du poids peut mettre fin aux douleurs articulaires, réduire le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral, augmenter notre niveau d’énergie et nous protéger contre plus de 50 maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques, le diabète et certains cancers.

Il y a quelques années, après les indulgences du temps des Fêtes, mon père, mon frère et moi avions créé un groupe Facebook intitulé, en blague, «Opération shape de plage». On avait promis de manger mieux, de bouger plus et de se faire un peu de muscle. Comme photo du groupe, on avait mis David Beckham sur la plage, qui sortait de la mer, ruisselant d’eau salée. 

Au final, Beckham n’a eu aucune compétition. On avait tous abandonné nos résolutions après un mois. On avait plus une shape de ballon de plage. 

Nous voici en janvier 2020, après mon année sans malbouffe. J’ai maintenant un «poids santé». Mais comment le garder?

Dans ma première chronique de l’année, je vous ai dit que la clé de la persistance se trouvait dans les habitudes, ces comportements qui se répètent automatiquement sans qu’on ait à y penser. Selon une étude de Wendy Wood, professeure de psychologie à l’Université de la Californie du Sud, nous passons 43 % de notre journée à faire des choses sans y penser.

La professeure Wood estime qu'une des stratégies les plus efficaces pour changer une habitude est d’en substituer une pour une autre. Par exemple, durant mon année sans malbouffe, j’ai remplacé ma tendance à collationner avec des cochonneries de la machine distributrice par l’ingestion fréquente de noix. Ma consommation d’amandes, d’arachides, de cajous et de noix du Brésil a enregistré une hausse spectaculaire à la place des chips. 

Ces temps-ci, j’essaie de remplacer mon habitude de prendre une bière le soir en buvant de l’eau gazéifiée, la semaine du moins. Je retrouve la même sensation agréable de «pétillant», sans les calories qui vont avec mon habituelle IPA. 

Bon, ce n’est pas encore à point. Mais il faut de la persévérance avant qu’une habitude roule toute seule. En moyenne, une habitude prend plus de 66 jours pour se former, a montré une étude de la University College de Londres. Des habitudes plus intensives, comme l’activité physique, prennent quant à elles environ 84 jours pour se former. Je travaille là-dessus... 

Bref, je ne sais pas si l’opération shape de plage va réussir cette année. Mais j’ai un peu plus d’espoir. Je vais changer la photo de Beckham pour celle de Leonardo DiCaprio. Paraît qu’il s’est remis en forme...