Philippe Racine n’a jamais oublié sa rencontre avec la comédienne Danielle Ouimet, en 1969, lors de la sortie du film Valérie.

Ma rencontre avec Valérie

CHRONIQUE / Je ne sais pas si beaucoup de gars de Hull voulaient être à sa place ce matin-là, mais je devine que oui…

C’était à l’automne 1969, il y a 50 ans. Philippe Racine, alors âgé de 19 ans, était étudiant au Cégep de Hull et gérant adjoint à temps partiel au Cinéma Cartier de la rue Principale, renommée depuis la promenade du Portage.

Ce matin-là — le mardi 23 septembre pour être précis — le Cinéma Cartier avait invité les médias de la région à une présentation du nouveau film du réalisateur Denis Héroux : Valérie. Héroux y était, tout comme la jeune vedette de ce film, Danielle Ouimet.

Valérie était… Comment dirais-je… Il était le premier film à… Tenez, le site de Québec Cinéma décrit très bien ce long métrage :

« On ramène souvent Valérie à sa nudité. Certes, ce quatrième film de Denis Héroux a été l’un des premiers à oser «déshabiller la petite voisine», pour reprendre l’expression de Denys Arcand, et s’est d’emblée classé comme l’un des précurseurs de la ribambelle — pas toujours glorieuse) de «films de fesses» québécois. Si Valérie reste gravé dans les mémoires pour avoir mis de l’avant les courbes d’une nouvelle venue nommée Danielle Ouimet, dont c’était la première apparition au grand écran, le film reste avant tout dans l’Histoire du cinéma québécois comme l’une des pierres angulaires de la filmographie de la Révolution tranquille. »

Voilà. C’est ça, le film Valérie. Et ce matin-là, à Hull, Danielle « Valérie » Ouimet y était en chair et en os (sans jeu de mots).

Philippe Racine s’en souvient comme si c’était hier.

« Il y a eu une conférence de presse après la projection du film, se rappelle-t-il. Les journalistes du Droit, de CJRC et de CKCH étaient là. Mais ils posaient juste leurs questions à Denis Héroux, même si Danielle Ouimet était là, à côté de lui. Elle n’a presque pas parlé durant cette conférence de presse.

«Après la conférence, j’ai eu la chance de prendre deux photos avec Danielle Ouimet. Et ce que je retiens de ce moment, c’est comment elle m’avait impressionné par sa gentillesse, sa modestie et sa grande simplicité. J’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Elle était vêtue de façon sobre et soignée, sans décolleté ou rien comme ça. On pouvait voir qu’elle avait une bonne éducation. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles j’ai conservé ces deux photos toutes ces années. Mais aussi parce qu’on venait de franchir une barrière dans l’histoire du cinéma québécois avec ce film », ajoute le fonctionnaire municipal à la retraite.

Valérie a connu un succès sans précédent au Cinéma Cartier de Hull, y tenant l’affiche pendant quatre mois. Et la salle était bondée chaque soir, du lundi au dimanche.

«On comptait 650 sièges dans cette salle de cinéma, et on avait trois représentations de ce film par soir, se souvient M. Racine. Et pratiquement chaque représentation se tenait à guichet fermé. C’était fou. Certains soirs, la file d’attente s’étendait jusqu’au coin de la rue Laval. Je me souviens d’un soir où il pleuvait et il faisait froid. Mais pas une seule personne n’a quitté, tout le monde est resté en ligne. Les gens venaient de partout pour voir ce film. De Gatineau, d’Ottawa, de l’Est ontarien et de partout en Outaouais.

— C’était bondé même le dimanche, alors que l’Église était encore omniprésente dans la vie des Québécois ?

Philippe Racine n’a jamais oublié sa rencontre avec la comédienne Danielle Ouimet, en 1969, lors de la sortie du film Valérie.

«Oui. C’était en 1969, les habitudes des gens avaient pas mal changé. On pouvait maintenant être ailleurs qu’à la messe, le dimanche.»

— Même au cinéma pour voir un film de fesses ?

«De mémoire, je ne me souviens pas d’avoir entendu l’Église dire quoi que ce soit au sujet de la présentation de ce film à Hull.»

— Vous aviez 19 ans à l’époque, M. Racine, vous aviez donc le droit de voir ce film qui était réservé aux 18 ans et plus. L’avez-vous regardé ?

«Oui, je l’ai vu.»

— Et ?

«Pour être bien honnête, il ne m’a pas épaté.»

En d’autres mots, Philippe Racine se souviendra toujours de la sympathique Danielle Ouimet. Mais de Valérie… bof.

PRÉCISION

La photo parue dans ma chronique de mardi («Sabryna Mongeon bientôt maman») laisse croire que l’homme photographié au côté de Sabryna Mongeon est son conjoint, Jonathan Primeau. En fait, il s’agit de Malyk Sévigny, un ami de Sabryna. Toutes nos excuses.