Plusieurs personnes ignorent la signalisation recommandant de ne pas circuler le long de la clôture du chantier nécessitant l'usage de grues entre l'entrée principale du CHUS et celle de l'urgence. Cette photo montre que le danger n'est pas loin.

Travaux complexes aux portes du CHUS

CHRONIQUE / Il est fréquent de voir des ouvriers circuler à travers les patients, les visiteurs ou le personnel du CHUS de Fleurimont. Le plus gros hôpital de l'Estrie est pratiquement toujours en chantier.
Bien qu'il en soit arrivé à la conclusion que les travaux étaient effectués dans le respect des règles de sécurité, l'inspecteur Yvon Robitaille de la CNESST a passé en revue certaines mesures préventives avec les surintendants des différents sous-traitants, dont Pierre Goyette de Maçonnerie Desrosiers.
Les travaux exécutés ces temps-ci impliquent cependant l'usage de grues à proximité de l'entrée principale et de celle de la salle d'urgence, des accès fort achalandés que les gestionnaires de la santé veulent maintenir. Un va-et-vient aérien proche de celui qui se passe au sol, qui a poussé un usager à demander à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESSST) de venir vérifier si toutes les règles de prévention étaient respectées. Le suivi n'a pas tardé, un inspecteur s'est pointé dans les heures qui ont suivi.
« Notre représentant a été à même de constater que les manoeuvres effectuées lors de sa visite étaient conformes. L'inspecteur a tout de même fait un rappel au maître d'oeuvre et à l'entrepreneur des règles du code de sécurité, notamment à savoir que les manoeuvres doivent se faire à l'intérieur des zones délimitées de protection », a rapporté par la suite la porte-parole de la direction régionale de la CNESSST, Julie Fournier.
L'un des opérateurs de grue aurait toutefois confessé avoir à deux reprises déplacé des charges au-dessus de l'aire non protégée au cours de la journée de lundi. Une information sur laquelle l'organisme de surveillance n'a pas voulu élaborer, mais que la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS ainsi que l'entrepreneur général ont confirmée.
« Nous étions déjà en étroit contact avec les responsables du chantier et les quelques manquements portés à notre attention vont augmenter notre vigilance. Ce sont des travaux complexes se déroulant dans un secteur névralgique. Malgré cela, nous ne faisons aucun compromis sur la sécurité des usagers et de notre personnel. Les méthodes de réalisation pour respecter nos exigences appartiennent à l'exécutant et c'est lui qui doit voir à modifier le périmètre de sécurité au besoin », précise le directeur adjoint du volet infrastructures du CIUSSS, Sylvain Gautreau.
« Si ce n'était que de nous, il n'y aurait aucune circulation, ni automobile ni piétonnière, entre l'urgence et l'entrée principale. Nous convenons que la vocation de l'établissement oblige le maintien des accès. Pour cela, le site a été analysé par des spécialistes, incluant les pompiers, qui se soucient eux aussi du maintien d'un passage en cas d'urgence. Malgré les contraintes, nous sommes persuadés que le chantier est sécuritaire pour les travailleurs comme pour les gens circulant autour », assure Yves Lyonnais, président et directeur général de la firme Olivier Lyonnais, maître d'oeuvre du projet.
Il est déconseillé de marcher le long des clôtures délimitant le chantier. Plusieurs personnes ignorent les pictogrammes à cet effet, comme l'illustre une photo prise au moment où une grue montait un appareil de climatisation vers des travailleurs postés au deuxième étage. Quelques minutes auparavant, une mère installée à moins d'un mètre du grillage guidait le regard de son jeune garçon vers la grue qui déplaçait une structure d'acier au lieu d'avoir le réflexe de s'en éloigner pour parer à un imprévu.
« Il est évident que le respect de la signalisation et tous les autres gestes de précaution pris par les usagers ne peuvent que contribuer au bon déroulement des travaux », répond à ce sujet Sylvain Gautreau.
Des équipements médicaux à la fine pointe des nouvelles technologies seront installés d'ici la fin de l'année et le système d'aération nécessaire à leur bon fonctionnement obligera à grimper des ventilateurs ayant pratiquement la taille d'une maison sur le toit de l'hôpital. Il est déjà convenu qu'à ce moment-là, le périmètre de sécurité pourra être temporairement agrandi.
« Je comprends les explications qu'on vous donne, mais il ne serait pas compliqué et sûrement plus prudent d'aménager un passage piétonnier couvert pour le corridor temporaire menant à l'entrée principale. Je n'invente rien, ce sont les normes minimales à suivre lors de tels travaux », juge quant à lui Claude Roussel, un consultant expérimenté en matière de sécurité sur les chantiers qui constate que cette protection n'est actuellement assurée que sur quelques mètres à l'entrée de l'urgence.
Le ciel ne risque pas de nous tomber sur la tête en se rendant à l'hôpital, mais la vigilance est de mise. D'autant que piétons et automobilistes se croisent au débarcadère de l'urgence dans une aire réduite.
Si ce chantier de quelques millions est complexe, qu'en sera-t-il lors de la construction de la nouvelle urgence et du Pavillon Enfant-Soleil, un projet de 198 millions dont les plans sont en préparation et la mise en chantier annoncée pour l'automne 2018?
« Ce sera moins pire. Ce projet d'envergure se déploiera essentiellement derrière les installations existantes et donc à l'opposé des principaux accès », assure le porte-parole du CIUSSS.