Après avoir libéré les syndicats de la FTQ de leurs obligations financières pour l'immeuble du 790 Rand, la firme Gératek veut en rehausser l'apparence pour faire oublier rapidement les problèmes du passé.

Repartir sur de nouvelles bases

CHRONIQUE / Le changement d'adresse de la FTQ Estrie et de ses différents syndicats régionaux est définitif, et c'est le constructeur Gératek qui se retrouve avec le défi de relancer l'immeuble du 790 de la rue Rand ayant présenté de sérieuses anomalies.
Les syndicats, qui avaient commandé le bâtiment en 2009 et qui l'ont vidé en 2015 en invoquant des raisons de sécurité, ont refusé de reprendre possession des lieux même si les problèmes de structures qui avaient été décelés auraient été réglés.
Dans une entente hors cour intervenue récemment, tel qu'ils l'exigeaient, les propriétaires initiaux ont été libérés de leurs responsabilités financières sur cet édifice qui avait été estimé à 3,5 M$ lors de sa mise en chantier.
« En plus d'être coûteuses, les dernières années ont drainé beaucoup d'énergie. Nous avons franchement hâte de mettre cette mauvaise expérience derrière nous », se résigne le président et directeur général de Gératek, David Gosselin, qui s'est porté acquéreur du bâtiment.
« Les deux parties ont négocié de bonne foi pour parvenir à cette entente de rachat, tout en sachant que l'une et l'autre subiraient des pertes. Ce ne fut pas une expérience très plaisante, car les imprévus nous ont plongés dans une situation complexe », convient également le conseiller régional de la centrale syndicale Ricky Lewis.
Les deux parties ont convenu de ne pas dévoiler les termes de l'entente.
Des problèmes structuraux ayant provoqué des fissures et d'autres anomalies apparentes, comme de fortes dénivellations de plancher, avaient été constatés durant le chantier. Ils seraient le résultat d'un vice de conception et non de construction, selon les prétentions que la firme Gératek a fait valoir dans une poursuite civile intentée contre l'ingénieur en structure Martin Blouin, qui a quitté la profession et dont la compagnie a été mise en faillite.
« Nos recours contre les assureurs de ce professionnel tiennent toujours. Par contre, nous ne pouvions pas attendre que cette cause se règle pour agir. Dès la première étape franchie, nous avons entrepris une autre séquence de travaux, cette fois à l'extérieur du bâtiment. Même si des barres de renforcement ont été installées au niveau de la structure, nous allègerons le poids qu'elles supportent en remplaçant une partie de revêtement de brique par des matériaux moins lourds qui sont modernes et qui rehausseront l'apparence. Hormis le problème soulevé, c'est un édifice de qualité et très bien situé. Notre souhait est de recruter des locataires rapidement pour mettre tout cela derrière nous », précise le patron de Gératek.
Ce dernier se réjouit que cet épisode chaotique n'ait pas porté ombrage à la réputation de son entreprise qui, précise-t-il, exécute encore cet été des mandats d'envergure à Sherbrooke. L'un de ces chantiers se trouve à deux pas de là puisque ce sont des équipes de Gératek qui procèdent aux travaux d'agrandissement des installations de la firme Supermétal, dans le périmètre industriel longeant le lac des Nations.
Le contexte n'est par ailleurs pas très favorable pour l'offre locative supplémentaire de Gératek dans ce secteur puisque les professionnels de la Clinique du Plateau Marquette, qui occupent tout un étage de l'ancienne usine Hooper, à l'intersection des rues Galt et Belvédère, doivent emménager sous peu dans le nouveau Complexe de la santé qui comprendra notamment une superclinique.
Quant à eux, les syndicats affiliés à la FTQ qui avaient investi conjointement dans l'immeuble de la rue Rand n'ont pas encore arrêté de plans pour le futur.
« Nous nous sommes relocalisés depuis deux ans comme locataires, songerons-nous à redevenir propriétaires? Peut-être, mais aucune décision en ce sens n'a encore été prise et nous n'avons pas de projet à l'étude » précise à ce sujet le coordonnateur Lewis.
Dans l'immédiat, les représentants syndicaux savourent la conclusion de l'entente qui les dissocie d'un immeuble ayant été la source de bien des tracas.