Le secrétaire-trésorier, Stephen Doucet, et le président du Secteur municipal, Patrick Gloutney, sont parmi les hauts gradés du Syndicat canadien de la fonction publique qui étaient de passage à Sherbrooke, jeudi, pour parler d'élections municipales avec le président des cols bleus de la Ville, Benoit Labonville, et les membres de son exécutif syndical.

Raviver les mémoires

CHRONIQUE / Comme Bernard Sévigny a joué un rôle de premier plan dans la bataille des maires pour l'obtention d'un nouveau cadre de négociation et le partage du financement des caisses de retraite, il était écrit dans le ciel que des leaders du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) viendraient lui rendre visite en campagne électorale. Une courtoisie qui s'était préalablement manifestée lorsque ce syndicat avait symboliquement tenu son congrès  dans la ville du maire qui préside l'Union des municipalités du Québec durant le printemps houleux de 2016.
Le numéro un du secteur municipal, Patrick Gloutney, la directrice adjointe Hélène Bélanger et quelques autres hauts gradés du SCFP ont ainsi passé une partie de la journée de jeudi avec les représentants des cols bleus de la Ville.
« Nous ne sommes pas ici pour régler des comptes. Le rôle de toutes les organisations, syndicales ou pas, est bien encadré durant une période électorale et nous respectons les lois », précise d'entrée de jeu M. Gloutney.
Les leaders syndicaux sont plus modérés et plus subtils depuis que la FTQ et certains de ses syndicats affiliés ont été mis à l'amende par le Directeur général des élections du Québec pour avoir financé une campagne publicitaire qui appelait ouvertement les électeurs à voter contre l'Action démocratique de Mario Dumont.
« Nous ravivons la mémoire de nos membres et celles des citoyens » ajoute Hélène Bélanger en usant de la même diplomatie.
Les représentants nationaux et locaux déplorent que les employés municipaux servent encore aujourd'hui de boucs émissaires.
« Qu'un employé municipal comptant 30 ans de service ait droit à une prestation de retraite de 18 000 $, je ne pense pas que ça en fasse un gras dur. Le maire de Sherbrooke nous dénigre en véhiculant que les 142 M$ versés dans les caisses de retraite représentent l'équivalent 18 arénas payés comptant. Pourtant, M. Sévigny était un maire heureux lors du renouvellement de la convention collective des cols bleus même après avoir consenti des hausses salariales de 2 % par année » soulève comme paradoxe Patrick Gloutney.
L'attitude patronale influence grandement les résultats, fait valoir le leader syndical.
« Montréal, Trois-Rivières, Saguenay et Lévis ont déjà réglé le dossier des caisses de retraite, pas encore Sherbrooke. Le dernier contrat de travail des cols bleus de Lévis a été négocié en seulement six mois. Il a fallu deux ans à Sherbrooke » compare-t-il.
Mise à jour sur les caisses de retraite, la Société de transport de Sherbrooke vient de s'entendre avec l'ensemble de son personnel. La négociation a été menée de front avec les deux syndicats représentant les chauffeurs, les mécaniciens, le personnel de bureau et du transport adapté.
« Ça s'est très bien passé. Tous les objectifs ont été rencontrés et cela, à la satisfaction de toutes les partiese », se réjouit le conseiller municipal Bruno Vachon, qui préside la STS.
Tel que prescrit dans le cadre législatif provincial, les contributions à la caisse de retraite se feront dorénavant à parts égales. Les chauffeurs ont d'autre part dû renoncer à la clause d'indexation dont ils étaient les seuls à bénéficier.
La caisse de retraite des employés de la Société de transports est distincte de celle des employés municipaux et tout comme celle des policiers, elle n'était pas déficitaire.
Du côté des cols bleus, des cols blancs, des pompiers et des cadres de la Ville de Sherbrooke, qui ont à combler une part du déficit actuariel avec des concessions dans leur régime, d'autres progrès ont été réalisés et un règlement pointe à l'horizon.
Il n'y aura aucune ingérence directe durant la campagne et pas davantage d'interférence, assure le président des cols bleus.
« Nous ne cherchons aucunement à repousser l'annonce d'une entente après les élections. Dès qu'un accord de principe sera intervenu, nous le dirons et nous soumettrons les termes de cette entente à nos membres » déclare Benoit Labonville.
Souciez-vous de la transparence que promettent les maires alors que la loi sur l'autonomie municipale les dispensera de certaines obligations de reddition de comptes, gardez un oeil vigilant sur l'intégrité d'élus qui pourront dans le futur accorder des contrats allant jusqu'à 100 000 $ sans avoir à lancer d'appel d'offres, recommandent les porte-voix syndicaux en disant s'adresser aux électeurs et en insistant auprès de leurs membres pour qu'ils aillent voter.
Leurs meilleures cartes, les cols bleus les gardent pour la prochaine bataille, dans deux ans, alors qu'expirera le contrat en vigueur et que les élus qui seront choisis en novembre seront à mi-mandat.