La cathédrale Saint-Michel brille comme un sou neuf et c’est pour en préserver le caractère patrimonial et non comme symbole religieux que le gouvernement du Québec et la Ville de Sherbrooke ont fourni le quart des 8,5 M$ investis pour sa restauration.

Qui l’eût cru ?

CHRONIQUE / Bien que son offre d’achat ait été approuvée en octobre par le conseil municipal de Sherbrooke, l’Association culturelle islamique de l’Estrie (ACIE) n’a pas encore pris possession du terrain vacant qu’elle veut convertir en cimetière musulman.

Retour sur le sujet en complément de l’entente de réciprocité dont je vous ai parlé plus tôt cette semaine : j’ai contribué à la collecte de fonds pour ce cimetière, en échange, un Sherbrookois de confession musulmane, Madjid Djouaher, a versé une somme équivalente à l’organisme Amen, Saint-Michel pour la restauration de la cathédrale.

La transaction entre la Ville et l’ACIE sera finalisée dès que l’acquéreur obtiendra la confirmation que le sol est exempt de contamination. Les études environnementales sont avancées, mais pas encore terminées sur le terrain pratiquement vendu. Elles sont effectuées sans crainte d’y trouver des rebus puisque l’ancien dépotoir fermé en 2008 n’a jamais traversé la rue.

Quel fait inusité, quand même, qu’une communauté religieuse dont on aurait pratiquement pu compter les fidèles sur les doigts de la main à Sherbrooke, il y a 50 ans, trouve sa place aujourd’hui entre le chemin des Pèlerins et le cimetière Saint-Michel!

Qui l’eût cru?

Le « Nostradamus » qui aurait effectué la tournée des bars grouillants du centre-ville durant les années 70, pour répandre comme prophétie que des catholiques et des musulmans seraient inhumés côte à côte à cet endroit un demi-siècle plus tard, se serait vu offrir un cognac double à condition qu’il foute le camp. Ou encore, une visite en psychiatrie.

« Les plans du cimetière sont achevés à 90 pour cent. En se conformant aux règles de lotissement s’appliquant à tous les cimetières, la capacité d’accueil est estimée à 500 places, sur une période de 100 à 120 ans » précise le porte-parole de l’ACIE, Jean-François Therrien.

Sherbrookois d’origine, M. Therrien était catholique pratiquant et il m’a expliqué pourquoi il s’est converti à l’Islam. Mais comme la démarche convenue avec M. Djouaher est strictement citoyenne, elle le restera.

« Compte tenu des lois et procédures au Québec pour prendre possession et disposer de la dépouille d’un mort, il est utopique d’envisager une inhumation en moins de 24 heures. Sur cet aspect, les rites seront allégés. Malgré cela, nous sommes sur le point de franchir le cap des 50 000 $ en dons, un bon rythme pour l’atteinte de notre objectif 180 000 $ et l’ouverture du cimetière, comme prévu, l’an prochain », ajoute le porte-parole de l’ACIE.

Déplaçons-nous vers le centre-ville en convenant que la hauteur des chiffres rapportés pour la cathédrale n’est pas une façon de porter ombrage au projet du cimetière musulman, qui est de moindre envergure. Rappelons que c’est sur le critère de valeur patrimoniale et non comme symbole du catholicisme que le gouvernement du Québec (1,5 M$) et la Ville de Sherbrooke (750 000 $) ont participé à la cure de rajeunissement.

Les déboursés pour les travaux réalisés jusqu’à maintenant atteignent 8 M$. La dernière étape des « incontournables » est chiffrée à 400 000 $.

« Nos prévisions de coûts sont respectées et les objectifs de notre campagne de souscription de 8,5 M$ sont atteints en promesses et en dons. Nous continuons tout de même à récolter les dons en prévision d’éventuelles améliorations, comme l’éclairage extérieur. Jusqu’ici, nous n’avons pu répondre qu’aux urgences », rapporte l’ancien maire Marc Bureau, l’un des leaders de la campagne Amen, Saint-Michel.

M. Bureau rappelle que la cathédrale centenaire n’est pas la réalisation d’un seul chantier. Si le début des travaux en 1915 s’est avéré un bon remède au haut taux de chômage causé par la Première Guerre mondiale, les soubresauts économiques de ce conflit ont entraîné, deux ans plus tard, un arrêt temporaire du chantier. L’évêché est venu s’ajouter en 1919 et 40 ans ont passé avant de voir apparaître la basilique-cathédrale, telle qu’on la connaît.

Allez, osez tout comme moi, une prédiction sur ce qui n’existe pas actuellement et que les Sherbrookoises verront dans un demi-siècle. Moi, je dis... un aéroport convenable, tiens.

Me trouvez-vous visionnaire ou vous m’envoyez palabrer ailleurs après m’avoir payé la pleine bouteille de cognac?

« Ton propos, qui ne m’associait qu’à des peines de prison sévères, manquait de nuances. Je suis aussi partisan de la réhabilitation », a vivement réagi le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu après avoir lu, mardi matin, que nos divergences sur l’administration de la justice m’avaient rendu plus tolérant face aux critiques de membres de la communauté musulmane de Québec après la peine imposée à Alexandre Bissonnette.

Je n’ai pas le sentiment de vous d’avoir décrit comme un sans-cœur, mais bon.

Le sénateur Boisvenu me prie également de vous mentionner qu’il manquait un mot dans la phrase extraite de sa page Facebook :

« Il reprochait au gouvernement Trudeau d’avoir SUBVENTIONNÉ des mosquées ayant ‘‘comme mission l’islamisation de leur milieu’’. Un manque d’équité, estime-t-il, envers les autres religions n’ayant pas droit au même soutien fédéral. »