Le maire Bernard Sévigny nous appelle à croire en notre potentiel de développement tandis que l'une de ses adversaires, Hélène Pigot, nous invite à la suivre dans un virage vers la mobilité durable.

Les fois où il faut garder la foi

CHRONIQUE / Conférence de presse en matinée de la cheffe de Sherbrooke Citoyen, Hélène Pigot, lancement de campagne de Bernard Sévigny en soirée, Steve Lussier qui l'imitera jeudi soir, la bataille pour la mairie vient de démarrer. Sauf que tant que durera cette vague exceptionnelle de beau temps, l'espace politique demeurera un désert.
Ni chaud ni froid pour le moment, m'ont d'ailleurs dit des électeurs qui savouraient un doux coucher de soleil de septembre sur la terrasse du restaurant à l'intérieur duquel le maire Sévigny a chauffé son équipe de candidates. Exception à la règle de grammaire, le féminin l'emporte ici sur le masculin puisque les noms de huit femmes seront associés au Renouveau sherbrookois sur les bulletins de vote dans les 14 districts électoraux.
Ni chaud ni froid, une humeur plutôt tiède de l'électorat à la ligne de départ. Peut-être votre baromètre est-il plus sensible et plus précis que le mien, mais personnellement je ne perçois pas de signes évidents de rejet massif de l'administration Sévigny ni d'enthousiasme à accorder au maire sortant une prolongation de contrat de quatre ans sans sonder le marché des joueurs autonomes.
En 2013, le slogan « Oser faire plus » annonçait d'autres remises en question, comme la réforme de la gouvernance que le chef du Renouveau sherbrookois a le mérite d'avoir réalisée. Le choix du thème de campagne du maire cette année, qui appelle les Sherbrookois à « croire », est toutefois étonnant.
Est-ce dire que le doute nous mine, qu'il est un frein à notre développement? Le pôle majeur d'innovation qui devait naître et devait être reconnu dès 2012 à l'échelle québécoise, canadienne et internationale à la suite du Sommet économique de Sherbrooke de 2007 n'a-t-il été que mirage?
« L'impulsion est donnée et il faut qu'elle ait des suites. Quand un document de la Caisse de dépôt et placement du Québec, produit à l'intention de son conseil d'administration, place Sherbrooke avec Montréal et Québec comme pôles entrepreneuriaux devant le reste du Québec, ça n'existait pas il y a deux, trois et cinq ans. Il nous faudra peut-être encore 15 ans pour en arriver à la finalité, mais il faut rester engagés là-dedans et y croire » fait valoir le maire Sévigny.
Tout est toujours une question de perception, mais il me semble qu'un maire se sentant bien en selle, un Régis Labeaume mettons, serait plus du genre à clamer sur les tribunes « Ça marche, on continue! » que de se faire missionnaire de l'espérance pour nous convaincre que l'élection de novembre sera l'une des fois où il ne faut pas perdre la foi.
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Sherbrooke Citoyen se présentera comme une alternative à l'autre bout du spectre. Fin du règne de l'auto, relance des débats sur les voies réservées aux autobus pour accélérer le transport en commun aux heures de pointe et en augmenter l'efficacité tout comme l'achalandage. Le parti dirigé par Hélène Pigot carbure aux changements de mentalité et de priorités en mobilité durable.
Le maire Sévigny n'a pas parlé mercredi soir de son programme de remise à niveau du réseau routier, pour lequel il a imposé une taxe spéciale, mais ça ne saurait tarder puisque les mots « élections et rues » sont indissociables.
Est-ce que 5 ou 10 M$ de plus dans le transport en commun lui assureraient autant de votes que l'injection des mêmes sommes dans l'asphalte, ai-je demandé à Mme Pigot.
« Ça dépend si on parle d'une stratégie à court terme pour se faire élire ou d'une approche de mieux vivre ensemble. Nous voulons mettre les cartes sur table pour que ce soit clair : si vous nous élisez, vous allez vers une ville de mobilité durable, une ville verte qui sera en transition. Il y a énormément de citoyens progressistes qui sont prêts à nous appuyer, qui ne cautionnent plus que Sherbrooke soit devenue la banlieue de Laval. Des parents s'inquiètent que leurs enfants ne puissent plus jouer au ballon dans une rue résidentielle parce que la circulation y est trop dense », plaide Hélène Pigot.
L'intention est noble. Ça prendrait quelques équations pour l'appuyer.
« Ça viendra dans la présentation de notre cadre budgétaire », assure-t-elle.
Prière de garder la foi jusqu'à la prochaine fois.