D'autres villes dans le monde ont initié des virages importants vers la mobilité durable. Si elles l'ont fait, ça se fait. Exposer de manière convaincante le comment en moins de deux mois ne sera toutefois pas une mince tâche.

La recherche du point d'équilibre

CHRONIQUE / N'oubliez pas la crème solaire si vous prévoyez une sortie en famille aux pommes ou à la Flambée des couleurs au cours de la fin de semaine, l'indice UV sera élevé. Les conseils de prévention des coups de chaleur sont même réapparus dans certaines résidences pour personnes âgées au cours de l'avant-dernière semaine de septembre comme si nous avions été durant la première d'août.
S'il n'y avait que de tels agréments découlant des changements climatiques, on reconnaîtrait sans test de paternité que Donald Trump est le fils d'Épicure et nous nous réclamerions des membres de sa famille. Sauf que le plus illustre des sceptiques a dû admettre ces derniers jours que Porto Rico, île cousine des États américains, avait été anéantie parle la fureur de l'ouragan Maria.
Comme l'heure est aux remises en question de nos propres habitudes de vie en même temps qu'à comparer les programmes de celles et ceux qui courtiseront notre vote en prévision des élections municipales du 5 novembre prochain, parlons de transport en commun.
Les représentants du parti Sherbrooke Citoyen et leur cheffe Hélène Pigot croient pouvoir faire mieux en matière de transport collectif dans une perspective de développement durable, notamment en offrant un service de bus express. L'un des ténors du parti du maire Sévigny, Bruno Vachon, qui a présidé la Société de transport de Sherbrooke (STS) au cours des dernières années, n'a pas tardé à véhiculer que cette promesse est du rêve.
Le portrait du financement du transport en commun au cours de la période couvrant les deux premiers mandats du maire Bernard Sévigny ne discrédite aucunement la proposition de ses adversaires. Il illustre cependant l'ampleur des choix budgétaires qui seront à revoir si les électeurs sherbrookois se rallient aux changements de cap que l'équipe Pigot propose.
Le financement provincial ne suit pas le rythme de croissance des coûts d'exploitation. Cette année, la contribution versée par Québec est supérieure de 1,1 M$ à celle de 2009. Il s'agit d'une hausse de 18 %. Au cours de la même période, la quote-part de la Ville a grimpé 3,2 M$, soit de 27 %.
Des efforts du même ordre ont été exigés des clients les plus assidus de la STS qui, mois après mois, se procurent un laissez-passer régulier. Ceux-ci ont essuyé des augmentations de tarifs de 27 % depuis 2009. La hausse de prix d'un passage unique a été plus contenue, ayant été limitée à 6,4 %.
Cette courbe tarifaire explique-t-elle la baisse d'achalandage de 4 % que Sherbrooke Citoyen a mis en contradiction avec l'objectif du Plan de mobilité durable cautionné par le maire et les conseillers de son parti, duquel doit plutôt résulter une plus grande utilisation du transport en commun ainsi qu'une réduction du nombre de déplacements en automobile?
Peut-être.
Mais alors, la démonstration reste à faire qu'un meilleur rapport qualité-prix renverserait cette tendance tout en assurant une hausse de revenus équivalente aux dépenses supplémentaires qui permettrait d'augmenter la fréquence des autobus de même que le territoire de desserte.
Parallèlement, comme toutes les grandes villes, Sherbrooke est confrontée à un vieillissement de son réseau routier, héritage d'un modèle de développement qui ne sera pas viable tant que les revenus des villes ne couvriront pas les coûts de remplacement des infrastructures. Or, n'espérons pas cela pour demain puisque, encore là, les gouvernements d'Ottawa et Québec n'offrent que des programmes ponctuels de soutien. La fiscalité municipale demeure la principale vache à lait.
Ce sont essentiellement nos taxes qui financent les 16,7 M$ que la Ville a annoncés en réfection de chaussées pour l'année en cours, un montant pratiquement équivalent à la somme des années 2014 et 2015. Allouer une partie de ces budgets au transport en commun n'aplanirait pas le problème de nos rues mal en point.
D'autres villes dans le monde ont initié des virages importants en matière de mobilité durable. Si elles l'ont fait, ça se fait. Exposer de manière convaincante le comment en moins de deux mois ne sera toutefois pas une mince tâche pour Hélène Pigot. Les débats qui l'opposeront à Bernard Tanguay et Steve Lussier seront des opportunités à grande visibilité qu'elle ne devra pas rater si elle veut réussir.
La santé d'abord
La conseillère Hélène Dauphinais, qui s'était préparée à défendre farouchement son siège dans l'arrondissement de Fleurimont, doit revoir ses priorités. Elle aura au cours des prochains mois à mener une bataille contre un adversaire redoutable qu'on devine, sans nécessairement connaître les détails du diagnostic médical qui vient de l'obliger à annoncer le retrait de sa candidature.
Même dans un monde aussi rude que celui de la politique, les différends du passé n'ont plus la moindre importance lorsque la solidarité doit primer. Il n'y a plus d'adversaires, que des alliés.
La résolution d'appui à Mme Dauphinais est votée à l'unanimité par tous les élus du présent conseil, en y ajoutant le poids de tous les Sherbrookois.