Certains ont trouvé la comparaison sur la loyauté de Marc Bergevin à propos et bien placée. Elle est quant à moi à classer dans la catégorie des sornettes à répéter le moins souvent possible.

La loyauté

Chronique / Puisque le rire est thérapeutique, soignons notre mal d'avoir perdu un hockeyeur boute-en-train qui a du talent en chien : « Du monde qui se frappe sur la gueule au Boxing Day pour sauver 10 $ sur une TV trouve que Radulov pense juste à l'argent... »
Belle caricature, non?
Elle tient dans un gazouillis de Pascal Allard, le chanteur country originaire de Drummondville « Qui aurait voulu marier Renée Martel » et pour qui l'amour de la musique a étouffé l'intérêt pour ses études en sciences politiques à l'Université de Sherbrooke.
Je l'ai appelé pour le féliciter : on va garder ta blague en mémoire, mon Pascal, pour les jours où il y aura 15 minutes d'attente pour faire le plein au futur Costco du plateau Saint-Joseph! J'ai été témoin de ce joli bordel en fin de semaine dans la cour d'une succursale de l'île de Montréal. Dans l'entonnoir qu'est notre plateau sherbrookois, une pareille affluence sera un cauchemar.
Par chance, dimanche dernier, le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, était à la radio pour nous distraire. Quelle nouvelle rassurante ce fut, d'entendre que notre fiable Carey Price accepte les désavantages d'accumuler fortune au Québec. La déception de l'argentier du Canadien était par ailleurs aussi vive que celle des partisans d'échapper l'enfant chéri de la dernière saison, Alexander Radulov.
« Un dicton en anglais dit que « si vous voulez la loyauté, achetez un chien! » a répondu Marc Bergevin qui juge que le Canadien méritait au moins la reconnaissance de l'avoir sorti des boules à mites.
Certains ont trouvé la comparaison à propos et bien placée. Elle est quant à moi à classer dans la catégorie des sornettes à répéter le moins souvent possible.
Dans le business excentrique qu'est le sport professionnel, pourquoi faudrait-il que les employés soient plus loyaux que les patrons qui s'échangent des joueurs établis et dédiés contre des choix au repêchage « pour se libérer de la masse salariale »?
Si Radulov n'avait pas été à la hauteur de ce que le Canadien espérait de lui en jouant ce coup de dés pour un an, il aurait été invité à plier bagage sans même recevoir d'offre du Tricolore. Il n'a pas à se justifier.
Que les propriétaires du Canadien ou des partisans frustrés par son départ ne s'avisent surtout pas de relancer les jérémiades sur la fiscalité. Price reste à gros salaire (10,5 M$ par année) malgré la double ponction fiscale s'appliquant au Québec. La vedette des Raptors de Toronto, Kyle Lowry, n'a pas été poussée à l'exil non plus par les impôts ontariens qui s'ajoutent à ceux prélevés par Ottawa ainsi qu'aux taxes sur la consommation.
Carey Price, c'est d'ailleurs de la petite bière, car après avoir touché 12 M$ par année durant son précédent contrat de quatre ans, Lowry, vient de signer une entente de trois ans qui lui rapportera 100 M$. Son salaire a plus que doublé. C'est le prix de la crème au basketball, réalité avec laquelle Montréal devrait composer si elle voulait une franchise de la NBA.
Denis Coderre nous présenterait un plan de financement pour un nouveau stade de baseball qu'on crierait youppi, les Expos vont ressusciter! Serions-nous condamnés à un rôle de figurants parce que les meilleurs ne voudraient pas d'un marché où la fiscalité et le taux de change seraient désavantageux? Ce n'est pas ce que l'on nous dit.
Nos rêves les plus fous amènent même une équipe de football de la NFL dans la métropole. Faudrait-il s'en remettre qu'à la loyauté et à la prière pour garder quelques joueurs capables de porter, de lancer ou d'attraper le ballon? Pas forte, l'analogie du patron avec les pitous.
Encore moins quand on s'intéresse au ciment de ce lien indéfectible. C'est un comportement instinctif, son rang hiérarchique au sein d'une meute qui fait d'un chien un compagnon docile et obéissant. Pour qu'il agisse ainsi, il faut que son maître le domine, il lui impose ses règles, qu'il ne tolère pas l'indiscipline. Ce n'est probablement plus la recette menant à la Coupe Stanley.
L'économie moderne semble en tout cas mieux réussir aux leaders qui responsabilisent, qui cultivent au jour le jour le sentiment d'appartenance en valorisant et en partageant la reconnaissance plutôt qu'en réclamant la loyauté.
« Plus fidèle encore que le chien, il y a le partisan du Canadien, toujours prêt à payer plus cher pour une place dans les gradins », ironise à nouveau Pascal Allard.
Une autre analyse très perspicace livrée en peu de mots!
En quelques minutes, j'ai découvert un p'tit vite qui pourra devenir script d'humoristes si la belle Renée refuse ses avances et ne la couvre pas de sa gloire en chanson...