C’est en famille et entouré de proches collaborateurs, dont le vétéran Claude Forgues, que le candidat péquiste de Sherbrooke, Guillaume Rousseau (premier à droite) a suivi le débat des chefs, jeudi soir. Un sondage Mainstreet paraissant dans nos pages aujourd’hui place les quatre principaux partis au coude à coude dans cette circonscription.

La flamme de l’espoir

C’était un gros jeudi pour les candidats de la circonscription de Sherbrooke. Ils se sont affrontés à la radio quelques heures avant le débat des chefs au réseau TVA, dernier de ces rendez-vous souvent déterminants dans le choix des députés.

Le péquiste Guillaume Rousseau se réjouissait en quittant les studios du 107,7 Estrie, d’avoir pu vendre son idée de clinique d’infirmières praticiennes spécialisées (superinfirmières).

« C’est l’engagement qui, je l’espère, aura le plus de portée auprès des électeurs sherbrookois parce qu’il est concret et crédible. Le modèle existe à Québec et il est appuyé par le syndicat des infirmières. »

Son chef Jean-François Lisée n’était cependant pas dans le même registre à la télé lorsqu’il a substitué la gouvernance de Québec solidaire (QS) à la thématique convenue de la santé. Les cotes d’écoute les plus élevées d’un Super Bowl étant enregistrées lors du botté d’envoi, M. Lisée a-t-il commis une coûteuse échappée en début de match?

« Ce fut un peu chaotique, mais la question était pertinente. Ce n’est quand même pas banal que de chercher à savoir qui dirige vraiment ce parti », a cautionné le porte-couleurs péquiste avant même d’avoir entendu les justifications de son chef après le débat. 

Peut-être. 

Mais était-ce une stratégie porteuse pour décoller l’étiquette de négligé?

« Le vote péquiste est sous-estimé. Les gens oublient qu’il a été historiquement plus élevé dans Sherbrooke que pour le reste du Québec. Il suffit qu’on atteigne 24 ou 25 pour cent dans les intentions de vote et que j’aille chercher les 5 à 6 points liés à la performance du candidat pour remporter le comté, et c’est loin d’être irréaliste. Que le ministre Luc Fortin prenne aussi souvent ses distances de son gouvernement est un signe évident de rejet du gouvernement libéral », analysait jeudi soir M. Rousseau.

Une lecture de terrain qu’accrédite le sondage Mainstreet publié dans nos pages aujourd’hui. Les quatre candidats seraient au coude à coude. Avec un vote aussi fractionné, le vainqueur pourrait l’emporter avec à peine 25 % d’appuis.

 Le pays est encore loin, mais Sherbrooke est de nouveau à portée, claironneront sans doute les péquistes en appelant au ralliement d’ici le 1er octobre.

« Je l’ai pris dur, d’avoir été poussé de Sherbrooke et d’avoir perdu la convention contre Solange Masson, dans Saint-François. Mais la cause est plus importante que nos petites personnes. Il y a eu un burn-out politique chez les souverainistes et c’est le bon moment pour s’en remettre », a confié avant le débat le vétéran Claude Forgues, qui avait mené une chaude lutte au premier ministre Charest en 2007 comme candidat péquiste dans Sherbrooke.

L’ancien directeur de Centraide Estrie a mis toute amertume de côté et il s’implique activement au sein de l’équipe péquiste de Sherbrooke. 

« Ce n’était pas qu’une rumeur, l’ex-ministre Réjean Hébert a sérieusement songé, l’été dernier, à se porter candidat dans Sherbrooke. Sans que cela me pose problème, je l’ai informé que je n’entendais pas renoncer. Pas parce que je pense être meilleur que lui, mais parce que je suis bien entouré et bien préparé », a repris M. Rousseau. 

« En plus d’être très proactif sur le campus universitaire, je rencontre des gens qui ont appuyé le Parti québécois toute leur vie. Il y a autant de souverainistes que de fédéralistes chez les aînés. Il faut les rassurer et leur dire de garder espoir, car il y a de la relève pour défendre le français et parler de justice sociale », poursuit le candidat.

Les leaders de QS ne parlent-ils pas aussi souvent de justice sociale et davantage d’indépendance que le Parti québécois?

« Christine Labrie ne vous le dira pas ouvertement, mais son objectif réel est probablement de franchir la barre des 15 % pour obtenir le remboursement de ses dépenses électorales, ce qui serait en soi une belle victoire pour elle ainsi et pour son parti », pense M. Rousseau.

Ce n’est pas méchant, mais c’est un brin d’arrogance qui devient risqué dans un ménage à quatre. Peu importe qui tournerait la poignée ou l’autre qui donnerait la poussée, une dégringolade du PQ au bas de l’escalier dans Sherbrooke ne ferait pas mal seulement à l’orgueil!