Les promoteurs choisis par la Ville n’avaient pas d’obligation contractuelle de produire un rapport d’étape sur Well inc. avant les élections municipales de novembre.

La facture architecturale et celle de la Ville

CHRONIQUE / Les promoteurs choisis par la Ville n’avaient pas d’obligation contractuelle de produire un rapport d’étape sur Well inc. avant les élections municipales de novembre. À la suite d’une brève présentation, lundi soir à l’hôtel de ville, le PDG du Fonds de solidarité de la FTQ, Normand Bélanger, s’est défendu d’avoir répondu à une commande politique de la mairie.

« C’est notre initiative. Pour s’arrimer au plan d’expansion de SherWeb, il faut lui livrer des bureaux à l’hiver 2020. Pour cela, il nous faudra signer une entente avec la Ville d’ici la fin de la présente année. Nous aurions risqué de manquer de temps en attendant au mois de novembre », a justifié M. Bélanger.
L’exercice s’est néanmoins déroulé pour la forme puisque les élus n’ont pas eu à voter. Les prochaines approbations reviendront à celles et ceux qui seront choisis par les électeurs, le 5 novembre.
Les premières acquisitions de terrains et la première animation en 3D de la conversion de la rue Wellington Sud en quartier d’entrepreneuriat avaient stratégiquement été dévoilées à pareille date l’an dernier, à quelques jours du discours du maire Sévigny devant la Chambre de commerce. De la même façon, le chef du Renouveau sherbrookois se retrouve cette fois avec du matériel neuf pour le dernier droit de sa campagne électorale et à l’approche des débats entre candidats à la mairie.
Contrairement au projet de Cité des rivières qui a rétréci au fil du temps, Well inc. a pris de l’ampleur. Les entreprises sherbrookoises SherWeb et le Groupe Custeau de même que le Fonds de solidarité de la FTQ sont disposés à injecter 50 M$ pour construire deux immeubles qui totaliseraient 210 000 pieds carrés. Cette superficie représente une fois et demie celle que la Ville exigeait comme minimum dans le contrat d’exclusivité accordé en mai à ce consortium.
Les besoins locatifs de Sher-Web n’ont pas changé, ceux des organismes de développement qui seront regroupés dans Well inc., non plus. La bonification vient de l’addition d’un volet résidentiel. Une soixantaine d’unités d’habitation feraient passer l’un des immeubles de quatre à six étages.
« Si on veut faire un village verticalement évolué et obtenir la qualité de main-d’œuvre recherchée par SherWeb, il faut du commerce de proximité et de quoi loger ces travailleurs. Tout cela s’est précisé au fur et à mesure dans notre planification. C’est devenu pour nous un incontournable » a expliqué le PDG du Fonds de solidarité.
L’un des objectifs de la planification Centre-ville 20/20, élaborée il y a quelques années, est de doubler le nombre de citoyens habitant ce noyau urbain. Une nouvelle cellule résidentielle doit notamment voir le jour à l’extrémité de la rue des Abénaquis suite à la reconfiguration du pont des Grandes-Fourches.
« Well inc. s’inscrirait à l’intérieur de cette planification globale et ne compromettrait aucunement les visées à l’autre extrémité de la rue Wellington. Nous sommes à recenser l’offre d’hébergement existante et nous produirons un tableau de bord pour valider tout cela » assure le directeur de l’équipe de planification du quartier de l’entrepreneuriat, Gilles Marcoux.
La transformation de la rue Wellington Sud serait spectaculaire avec cette facture architecturale moderne et conviviale. Le grand inconnu reste cependant la participation financière de la Ville.
Le futur stationnement à étages pourrait comprendre jusqu’à 950 places, soit le double des 500 cases que la Ville avait fixées pour multiplier par l’offre existante par deux.
Comme il est prévu que la Ville achètera et opérera le parc de stationnement une fois construit, aux coûts évoqués par Normand Bélanger, cette seule facture municipale pourrait être de 17 à 20 M$.
Sous prétexte que la formule de partage des coûts à finaliser, M. Sévigny refuse d’élaborer sur le sujet. Bien que son bras droit, Serge Paquin, ait coupé court à la discussion lancée par Jean-François Rouleau au conseil municipal en affirmant « qu’il était illusoire » d’espérer ce niveau de détails à ce moment-ci, les adversaires du maire ne seront pas rassasiés pour autant.
« En plus d’être moralement discutable, la façon de procéder de l’administration Sévigny est attaquable d’un point de vue légal. Des promoteurs ont été ignorés et lésés puisque les terrains de la Ville ne leur ont pas été offerts. En plus des chiffres, il manque encore pas mal d’explications… » a glissé Steve Lussier en quittant l’hôtel de ville.
L’étape de la conceptualisation étant franchie, reste à ancrer le concept avec des colonnes de chiffres.