Les relations ont toujours été cordiales entre Bernard Sévigny et le chef de la CAQ, François Legault, qui avait rendu visite à l’ex-maire en compagnie du député François Bonnardel en 2016. M. Sévigny a causé une certaine surprise en se présentant, lundi, à un dîner partisan de la CAQ sans s’annoncer.

Devine qui vient dîner ?

CHRONIQUE / «Venez dîner avec le chef François Legault » proposait le directeur à la mobilisation de la CAQ pour la Montérégie et l’Estrie, Jacques Morand, dans une invitation lancée aux sympathisants.

Le chef caquiste était radieux après avoir confirmé la candidature d’André Bachand dans Richmond, une valeur sûre pour lui. M. Bachand a su maintenir une bonne cote d’appréciation comme maire d’Asbestos de 1986 à 1997, puis comme parlementaire à Ottawa au cours des sept années subséquentes.

Une surprise attendait par ailleurs François Legault au restaurant Jack’O du secteur Rock Forest pour ce lunch partisan : l’ex-maire Bernard Sévigny.

« Je n’avais pas tenté d’approche auprès de M. Sévigny et je n’avais pas été prévenu de sa visite non plus. Par contre, je suis ravi de le voir ici » m’a glissé tout sourire M. Legault en se servant au buffet.

Le chef caquiste a par la suite effectué une tournée de la salle, s’attardant à la table où prenaient place Bernard Sévigny et Bruno Vachon, deux des candidats du Renouveau sherbrookois ayant subi la défaite aux élections municipales de novembre.

« M. Sévigny voulait venir voir ce qui se passe à la CAQ. Nous aurons sûrement des discussions pour la suite des choses. Bernard Sévigny a été très impliqué à Sherbrooke, il est en train d’écrire un livre sur la place des municipalités au Québec, c’est un sujet qui peut être intéressant pour une plate-forme électorale. Mais c’est vraiment préliminaire, et je ne pense pas qu’on puisse faire de lien quelconque à ce moment-ci », a ajouté le leader caquiste en quittant.

M. Sévigny n’a pas été très loquace lorsque je lui ai demandé comment interpréter sa présence au buffet de la CAQ.

« Comme tu veux! Je n’ai rien à dire. »

Il est passé de maire à écrivain, mais M. Sévigny n’a visiblement pas encore tourné la page sur son amère défaite électorale, dont il a tenu les journalistes responsables.

C’est correct.

Le message me semble même assez clair : même après quatre mois de recul, l’eau de la politique est encore trop froide pour que Bernard Sévigny y trempe le gros orteil. Remarquez que, comme le ministre Luc Fortin et l’ex-maire Sévigny avaient de la difficulté à se blairer dans des rôles clés qui les obligeaient à être collaborateurs, un combat électoral entre les deux n’aurait rien d’un gala de lutte « arrangé ».

Par contre, où trouverions-nous des arbitres neutres et compétents pour remplacer les journalistes amateurs qui saboteraient des carrières? Vous, Monsieur Legault, en connaissez-vous?

Bernard Sévigny a un curriculum intéressant pour un chef provincial. Voilà pourquoi j’aurais veillé à partir autrement si j’avais été dans ses souliers.

« Bernard est un ami. Nous nous connaissons depuis le temps où il a été journaliste, j’étais alors maire d’Asbestos. Puis, lorsqu’il est devenu maire de Sherbrooke et que j’étais au cabinet du premier ministre Harper, nous avons collaboré dans différents dossiers, dont celui de l’aéroport. Nous avons donc toujours maintenu une bonne relation. On ne m’a pas demandé d’essayer de le convaincre de se joindre à la CAQ », a pour sa part indiqué André Bachand.

Pressenti comme candidat et se disant toujours en réflexion, l’ex-conseiller Bruno Vachon s’est bien gardé de spéculer sur qui obtiendra la préférence de François Legault dans Sherbrooke.

« J’ai reçu une invitation à venir dîner, comme les gens qui sont ici. C’est une occasion de rencontrer des gens que je n’ai pas vus depuis longtemps. Les réponses arriveront au cours des prochaines semaines », a répondu M. Vachon.

Entouré d’un Vachon traditionnellement associé à la famille libérale et d’un ancien stratège du PLQ-Estrie, Daniel Nadeau, avec également autour de lui le souverainiste Sévigny fréquentant une ministre fédérale ainsi que deux anciennes têtes d’affiche du PQ-Estrie, Étienne Vézina et Sylvie Proulx, arrivant eux aussi de la mairie de Sherbrooke, François Legault n’était pas peu fier du pouvoir d’attraction de sa coalition.