Au terme d’une série d’entretiens privés avec des acteurs régionaux, dont le maire Steve Lussier, c’est un Justin Trudeau énergique qui s’est amené devant des partisans réunis à l’hôtel Times.

Au temps des labours

CHRONIQUE / Au terme d’une série d’entretiens privés avec des acteurs régionaux, dont le maire Steve Lussier, c’est un Justin Trudeau énergique qui s’est amené devant des partisans réunis à l’hôtel Times.

« Dans un pays comme le Canada et une province comme le Québec, il y a énormément de diversité et d’adversité géographique, ethnique et culturelle. Il y a tellement de courants de pensée et de perspectives différentes que la seule façon de bâtir et d’avancer, c’est en s’écoutant et en apprenant à se connaître. Ce n’est pas toujours facile, il y a des gens inquiets, des personnes qui sont froissées, mais il faut résoudre les problèmes ensemble. »

M. Trudeau a ainsi résumé le défi de l’unité qu’il doit relever quotidiennement comme premier ministre du pays.

« Je suis entouré de ministres et de députés extraordinaires, mais il faut que je vous dise que ça m’en prend d’autres. Ça nous prend un député de Sherbrooke libéral » a-t-il ajouté en présence de deux des candidats déclarés pour l’investiture locale, la notaire Élisabeth Brière et le président de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, Edwin Moreno.

Les activités de financement à 400 $ le billet ne visent pas à réunir d’imposantes foules, mais une participation d’à peine 80 militants n’annonce pas une soudaine renaissance des libéraux fédéraux qui n’ont pas réussi à reprendre Sherbrooke depuis 35 ans, après que le jeune conservateur Jean Charest se soit emparé du siège du vétéran Irénée Pelletier en 1983.

Même si Marie-Claude Bibeau, choisie comme ministre à Ottawa dès son premier mandat comme députée de Compton-Stanstead, assure une bien meilleure visibilité au Parti libéral du Canada en Estrie, le chef Trudeau doit commencer par labourer les terres devenues moins fertiles pour espérer une moisson électorale plus abondante à l’automne.

« Nous avons besoin de vous entendre, de votre participation et de votre implication au sein de l’organisation. C’est important pour moi et pour nous, pour rester proches des besoins des gens », a également insisté la ministre Bibeau devant les militants.

La mission des différents ministres du cabinet Trudeau dispersés aux quatre coins de la région, mercredi, avant que ne s’amorcent à Sherbrooke des travaux de deux jours pour préparer la rentrée parlementaire, était de rebâtir des ponts politiques durables en Estrie.

Le campus de l’Université de Sherbrooke se démarquant au pays pour les résultats concrets découlant de sa politique de développement durable, il s’avérait l’endroit tout désigné pour vendre les priorités environnementales du gouvernement sortant.

« Vous êtes parmi ceux qui font la preuve que des solutions existent pour combattre les effets du réchauffement climatique sans compromettre la croissance et le développement. Le Canada affronte de la turbulence étant donné que l’actuel président des États-Unis n’est pas le plus grand collaborateur. Cela ne nous empêche pas de travailler avec les gouverneurs de différents États et les dirigeants de grandes villes américaines à l’atteinte d’objectifs communs pour réduire les gaz à effets de serre », a témoigné la ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna devant un parterre constitué d’étudiants, d’enseignants et de représentants d’organismes ou d’entreprises en environnement.

En entrevue, la ministre Mckenna a soutenu qu’elle réussit à obtenir de semblables résultats dans les provinces canadiennes qui prennent leurs distances face au gouvernement fédéral.

« En Ontario, par exemple, la province d’où je viens, les villes travaillent très fort parce que ce sont elles qui vivent les inondations, les chaleurs extrêmes causant des pertes de vie et toutes les autres répercussions des changements climatiques forçant à revoir les modes de transport et à investir dans le transport en commun. »

Il appert que Justin Trudeau souhaitait inaugurer le plus grand parc solaire canadien dédié à la recherche scientifique, celui de l’UdeS, dans le cadre de ce séjour en Estrie.

« Disons que la Wish List était longue et il a fallu faire des choix », s’est limitée à dire la ministre Bibeau.

Les motivations d’une prochaine visite du premier ministre canadien ne laissent donc aucun doute.

En terminant, l’avertissement de tempête hivernale a été assez menaçant pour prouver aux responsables de la sécurité de M. Trudeau l’efficacité des équipements de navigation et d’entretien de l’aéroport de Sherbrooke.

En même temps, la nature s’est montrée assez clémente pour ne pas compromettre l’atterrissage du chef du gouvernement canadien et pousser l’équipage à choisir un autre aéroport moins risqué. De quoi aurions-nous eu l’air devant les ministres et les fonctionnaires fédéraux avec nos prétentions de ville aéroportuaire moderne à devoir s’en remettre à un plan B...