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Laurianne Levert-Gauthier
À tout bout de champ
Laurianne Levert-Gauthier
Si le télétravail est nouveau pour plusieurs d’entre nous, les agriculteurs, eux, travaillent à la maison depuis toujours.
Si le télétravail est nouveau pour plusieurs d’entre nous, les agriculteurs, eux, travaillent à la maison depuis toujours.

L’étable à la maison

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CHRONIQUE / Comme professionnelle, il est relativement nouveau, ou du moins maintenant officiel, de travailler de la maison.

Nos clients agriculteurs, eux, le font depuis toujours.

Cependant, comment réussir à mettre fin au travail quand il est intimement lié à ton milieu de vie?

La France veut encadrer le droit à la « déconnection » i.e. pouvoir se prévaloir sans dommage à de vrais moments de pause. Nos cellulaires, tablettes, ordinateurs nous envoient des textos, messages Facebook ou courriels à toute heure de la journée. Un avantage bien considérable si nous souhaitons un horaire de travail variable. Mais dangereux, car il crée des attentes de réponses rapides.

Avoir la possibilité de prendre congé un jour de pluie et travailler la nuit un jour de récolte, c’est la réalité et l’avantage du mode de vie agricole.

En entrevue à Radio-Canada la veille de l’annonce probable d’un reconfinement total dû à la COVID-19, un psychologue affirmait que plusieurs travailleurs en télétravail ont l’impression constante d’être moins efficaces et d’en faire moins, car ils consacrent au total moins d’heures au travail : le temps passé sur la route ou à la machine à café n’existe plus. Il n’a pas nécessairement à être remplacé par des heures de travail ! Ce temps pouvait servir à covoiturer, à s’instruire à la radio ou à échanger avec des collègues. Ces échanges, selon le psychologue, avaient un avantage certain pour plusieurs travailleurs. Il pouvait s’agir d’un moment utile pour valider une idée, recevoir un mérite, s’informer de nos familles/passions/sports/actualités. L’occasion d’en apprendre plus sur l’humain qui se trouve derrière le collègue.

Le genre d’échanges que les agriculteurs doivent planifier pour pouvoir en bénéficier. Isolés, ils avaient l’habitude de participer à des colloques, de profiter des assemblées générales ou des visites de salons d’agriculture pour partager leur bon coup de la saison, s’instruire sur une nouvelle pratique ou voir et toucher la nouvelle machinerie. Eux aussi devront user d’imagination ou de s’en remettre au virtuel.

Faisons attention à nous, permettons-nous des pauses où l’on « déplogue » nos appareils électroniques. Soyons imaginatifs pour ne pas négliger de rencontrer l’humain derrière l’agronome et l’agriculteur. N’est-ce pas une force du milieu agricole que la résilience et l’adaptation ? Confiance.

Bonne année !

Laurianne Levert-Gauthier est agronome au Club conseil Gestrie-sol. Cette chronique a été écrite en collaboration.

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, celui du Réseau Agriconseils Montérégie et d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ.