Denis Gratton
Justin Trudeau, premier ministre du Canada
Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les masques «Édition Justin Trudeau»

CHRONIQUE / Luc Régimbal a eu la surprise de sa vie dimanche dernier (le 7 juin). On l’appelait pour lui demander si le premier ministre du Canada pouvait lui rendre visite. Il était 10 h 30, il croyait toujours rêver…

Luc Régimbal est président de la compagnie Régimbal Promotions, à Ottawa. Une entreprise familiale qui célèbre cette année ses 94 ans.

D’abord une bijouterie fondée par son grand-père, Horace Régimbal, l’entreprise a grandi, évolué et innové au fil des décennies et des générations. Et aujourd’hui, Régimbal Promotions se spécialise en gravure, en sérigraphie et en broderie, pour ne nommer que ces services. Un trophée à graver ? C’est là. Un t-shirt ou un chandail de hockey aux couleurs de votre équipe ou au logo de votre entreprise ? C’est là. Des balles de golf personnalisées ? C’est là aussi.

Donc dimanche dernier, Luc Régimbal, le petit-fils du fondateur, a reçu un appel du bureau du premier ministre Justin Trudeau.

«C’était quelqu’un de l’équipe de M. Trudeau qui me demandait si le premier ministre pouvait tenir sa conférence de presse quotidienne directement de chez nous, dans nos locaux, raconte l’homme d’affaires. C’était difficile de refuser, lance-t-il dans un éclat de rire. J’ai reçu un autre appel du bureau de M. Trudeau lundi matin. Des gens de son équipe sont venus visiter nos locaux le mardi. On m’a rappelé mercredi matin pour me dire que c’était un «go» pour le lendemain. Et jeudi, le premier ministre était ici avec la ministre Mona Fortier et tous les journalistes.

Stéphane Giroux et Maude, Mathis, Chloé et Luc Regimbald

«Ce que j’ignorais, poursuit M. Régimbal, c’est que quelqu’un de son équipe était passé à notre magasin il y a quelques semaines pour acheter des masques pour M. Trudeau. Le premier masque que le premier ministre a porté a été acheté ici et je ne le savais même pas. Nous en avons ensuite vendu pour tout son entourage. Or, la semaine dernière, les gens de son équipe ont voulu sortir du décor habituel pour tenir la conférence de presse quotidienne de M. Trudeau. Et ils voulaient visiter des entrepreneurs qui ont innové durant la pandémie et qui ont profité des programmes d’aide aux entreprises mis en place par le gouvernement. C’est notre cas. On a dû innover et trouver une façon de survivre pour ne pas être obligé de fermer après 94 années d’existence.»

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Quand la pandémie a frappé, en mars dernier, Luc Régimbal croyait, comme un peu tout le monde, qu’elle allait durer une semaine ou deux, peut-être trois. La réalité l’a vite rattrapé lorsqu’il a été obligé de mettre à pied 17 de ses 20 employés.

«Les affaires roulaient très bien et nous sommes soudainement descendus à rien, laisse-t-il tomber. Il fallait trouver une façon d’innover. Mon fils Nicholas a eu l’idée de créer et de lancer le site web wewillsurvive.ca par lequel on a vendu des t-shirts, des chandails à capuchon et des casquettes aux slogans «Plus forts ensemble», «Ça va bien aller» et «Stronger Together». On a ensuite eu l’idée de vendre des masques. Mais nous n’avons pas les équipements pour fabriquer ces masques. Nous les achetons du fabricant québécois Attraction du Lac-Drolet, en Estrie, et nous les décorons et imprimons ici. Ce sont des masques lavables et réutilisables. On a des compagnies qui en achètent par coups de 1000 unités sur lesquels on imprime leur logo. Et eux les donnent à leur tour à leurs clients et à leurs employés.

«Le masque de Justin Trudeau, lui, arbore une feuille d’érable rouge. Le premier ministre en a lui-même imprimé quelques-uns quand il est passé la semaine dernière. Depuis jeudi, on appelle ces masques à la feuille d’érable du Canada: «les masques Édition Justin Trudeau». Ce sont ceux-là qui se vendent le plus», souligne-t-il en souriant.

«On a donc trouvé une façon de s’adapter et nous avons pu rappeler 17 employés, ajoute fièrement M. Régimbal. Et pour chaque item vendu, nous offrons 5 $ au fonds d’intervention rapide COVID-19 de la Fondation communautaire d’Ottawa. Nous avons donné 20 000 $ à cette fondation depuis le début de la pandémie et nous offrirons bientôt un autre don de 5 000 $. C’est notre façon de redonner à la communauté en ces temps difficiles.»