Impliquée dans trois collisions avec des cerfs en autant de mois, Pascale Leblond traverse une période stressante et coûteuse.

Les collisions à répétition

Pascale Leblond a manifesté une exaspération teintée d’humour en mentionnant en fin de semaine sur Facebook qu’elle avait été plus efficace que son conjoint Dominique en tuant deux cerfs cet automne sur les routes alors que lui n’a rien rapporté à chasser.

En ajoutant un faon, à qui la vie semble avoir accordé une seconde chance, Mme Leblond a en fait été impliquée dans trois collisions avec des cerfs en autant de mois.

« Comme mon véhicule n’a pas été endommagé et que Bambi n’a pas été trop amoché, je n’ai pas fait de cas du premier accident survenu au début du mois de septembre » précise la femme de Disraeli effectuant quotidiennement la navette vers Sherbrooke pour le travail.

Occasion de rappeler l’obligation légale pour tous, en vertu du Code de la sécurité routière, de rapporter à la Sûreté du Québec ou à un corps municipal toute collision avec un animal de 25 kg et plus. Les autorités sévissent rarement, mais un conducteur fautif s’expose à une amende pouvant atteindre 300 $ ainsi qu’à 9 points d’inaptitude.

Pourquoi?

D’une part, pour veiller à ce que les voies de circulation soient dégagées après un signalement. Car, rouler sur une carcasse peut occasionner une perte de contrôle, tout comme lors d’une collision. De plus, les statistiques ainsi compilées sont transmises à la Société de l’assurance automobile du Québec, puis redirigées vers les ministères impliqués dans l’évaluation du risque.

À la fin du mois de septembre, la surprise d’un impact beaucoup plus sévère avec un cerf mature a été doublée pour Pascale Leblond par l’entrée en scène de son copilote : le système intelligent de sa voiture Volvo.

« Les coussins latéraux se sont déployés à l’impact dans la porte du côté passager. Le freinage a été activé automatiquement et il a été si brusque que je n’ai pas réussi à parer le coup. Puis, la voiture s’est garée par elle-même sur le côté. J’ai à peine eu le temps de réaliser ce qui m’arrivait qu’une préposée du 911 contactée par le système intelligent m’a demandé si tout était OK, puis nous a mises en ligne avec les policiers qui étaient déjà en route » décrit-elle.

Bilan de ce premier épisode survenu dans la MRC des Appalaches : conductrice légèrement blessée, un cervidé tué, une porte de Volvo à remplacer.

Comme les pièces de sa voiture tardaient à arriver, Mme Leblond s’est retrouvée avec un véhicule de location, au volant duquel elle a percuté un troisième cerf de Virginie, vendredi soir dernier. 

Cette fois, à Bishopton, dans le segment où les collisions se multiplient lorsque les chevreuils se rassemblent pour l’hiver dans les aires de ravage se trouvant de chaque côté de la route 112.

« Des chevreuils, j’en vois à longueur d’année. J’ai beau connaître les endroits à surveiller, cette femelle a surgi de nulle part, dans une portion où le champ de vision est plus limité. Après l’impact, je voyais de l’habitacle le réservoir de lave-glace se vider! »

Avec le paiement de deux franchises et après deux réclamations annonçant une hausse de sa couverture d’assurance, Mme Leblond traverse une période stressante et coûteuse.

« Au moins, j’ai évité une réclamation! Mais je vais m’en remettre à mon chasseur l’an prochain... » philosophe-t-elle, en admettant être plus craintive au volant.

Y’a de quoi!

Deux fois en une semaine

Les policiers de la Sûreté du Québec ont reçu le signalement dans la nuit de lundi à mardi, puis un autre cerf inerte et sévèrement amoché a été récupéré le long de l’autoroute 410. Tout près de la croix érigée à la mémoire de Carl Boutin, le Sherbrookois de 27 ans ayant été la victime collatérale d’un chevreuil projeté dans la voie opposée à la suite d’une collision routière survenue en mai. C’est le deuxième chevreuil trouvé mort en une semaine sur cette portion de la 410, comprise entre la rivière Magog et le boulevard de l’Université. 

L’épais couvert de résineux se trouvant de chaque côté de l’autoroute, dans la montée menant vers Lennoxville, est un abri de choix lorsque l’hiver se pointe.

 « Avec l’arrivée de la neige et des froides journées, le cerf tend à réduire son activité et à se regrouper dans les peuplements forestiers qui lui offrent de la nourriture ainsi qu’une protection contre le froid, le vent et la neige. À propos de l’habitat situé à proximité, des analyses sommaires sont en cours afin de vérifier ce qui pourrait inciter les déplacements des cerfs dans ce secteur. Vous serez informés des résultats obtenus. 

 « Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est en communication avec le ministère des Transports dans ce dossier et fournit toute l’expertise requise au niveau de la faune terrestre dont ce ministère pourrait avoir besoin », précise la biologiste Anaïs Gasse, responsable de la grande faune en Estrie.