Global Excel amorce la construction de son nouveau siège social à l’entrée de Lennoxville, un immeuble de 5 M$ qui offrira un environnement stimulant et propice aux idées avec un atrium, des installations sportives, etc. Cette entreprise qui embauche 700 personnes, dont la moitié à Sherbrooke, dessert plus de 300 clients dans une quarantaine de pays.

Le village dans la ville

CHRONIQUE / Roy Patterson prend la bouchée un peu moins grosse, au lieu de proposer ses services comme maire comme en 2013, il convoite le poste de représentant de Lennoxville à l’hôtel de ville. Cela ferait de lui le premier « conseiller indépendant indépendantiste », car il propose rien de moins qu’un détachement de la ville unifiée.

Il commence par présenter sa démarche « comme de la prévoyance » juste au cas où les anglophones ne seraient plus majoritaires en 2021, au moment où cette communauté commémorera ses 150 ans. De crainte aussi que la prochaine réforme politique et administrative n’en fasse même plus un arrondissement distinct.

«Nous ne voulons pas être une partie d’une grande ville, nous sommes un village et comme d’autres villages de 5000 habitants, nous pouvons nous administrer nous-mêmes», clame-t-il.

M. Patterson convient que le chemin de la sortie devrait passer... par une autre fusion! Avec Cookshire-Eaton ou Waterville, qui sont pour lui «des jumelles de Lennoxville.»

Resteriez-vous sous la protection de la police de Sherbrooke ou opteriez-vous pour les équipes de la SQ desservant la MRC du Haut-Saint-François ou de Coaticook? « Je viserais une entente de service avec Sherbrooke », répond M. Patterson.

Les «jumelles» devraient-elles intégrer vos pompiers volontaires à leur schéma de couverture de risques ou vous attendriez la caserne et les pompiers permanents de Sherbrooke annoncés pour 2019? « Cette deuxième option serait probablement la meilleure ».

Comme une partie de l’eau potable alimentant les foyers de Lennoxville provient maintenant du réseau de Sherbrooke et que vos eaux usées sont acheminées et traitées à l’usine principale de la grande ville, vous miseriez également sur des ententes pour ces services? «Honnêtement, je ne sais pas où vont nos égouts, mais je suis persuadé que Sherbrooke serait prête à négocier sans trop serrer la vis et sans nous prendre en otages.»

Dans une communauté étudiante comme Lennoxville, ce serait un must d’ajouter le transport en commun sur la liste des services à la carte, tout comme il serait évidemment logique que vos jeunes hockeyeurs continuent à jouer à l’aréna du nouveau complexe sportif de Bishop’s plutôt que d’avoir à se rendre à Coaticook ou East Angus, non?

«Si après analyse il s’avérait qu’on est mieux de rester à Sherbrooke, ce serait au moins notre choix en toute liberté», justifie le partisan de la défusion.

«Oui, nous avons été poussés vers la grande ville de Sherbrooke par Québec, mais il a aussi fallu se rendre à l’évidence qu’avec autant de services en commun, nous étions déjà passablement intégrés. Ce désir d’autonomie, je l’entends encore régulièrement. Je le comprends, et ça prendra probablement deux générations avant qu’il disparaisse. Mais il ne faut pas rêver en couleur», commente David Price qui, en tirant un trait sur la politique municipale, a quitté la présidence de l’arrondissement de Lennoxville après avoir été l’un des maires de cette ville.

Je me suis arrêté à la quincaillerie Clarke, qui est à Lennoxville l’institution que sont les Restaurants Louis à Sherbrooke.

«Tous les gens ici se saluent, se connaissent. Nous formons une communauté à part entière. Bien sûr que j’aurais préféré que notre ville reste notre ville, mais lucidement, un retour en arrière ne me semble plus possible 15 ans après la fusion», me confie son propriétaire John Grease.

Lennoxville est un village dans la ville, mais c’est aussi un Well inc. qui existe déjà sur l’artère qui, plus au sud, s’appelle la rue Queen.

Il a abondamment été question d’économie au cours de la campagne électorale municipale. Les candidats à la mairie ont débattu sur le Quartier de l’entrepreneuriat et nous ont parlé du pôle universitaire. Mais pas de Global Excel, la firme sherbrookoise née dans un duplex de Lennoxville, qui dessert plus de 300 clients commerciaux dans une quarantaine de pays, qui emploie aujourd’hui 700 personnes à travers le monde dont la moitié à Sherbrooke. Elle vient de lancer les travaux de son nouveau siège social, un immeuble de 5 M$ qui se voudra un environnement stimulant avec un atrium, des installations sportives, etc.

Une autre expansion entièrement financée par des capitaux privés, sans rampe de lancement publique. Un succès planétaire dans le créneau ultra spécialisé des services d’assistance médicale et de gestion des réclamations d’assurance que l’atout de notre bilinguisme rend possible. Pas pire pour une compagnie ne figurant même pas dans le registre des entreprises de Sherbrooke Innopole!

Ça prenait bien un Roy Patterson avec son rêve fou d’indépendance pour orienter notre regard vers des réalisations aussi concrètes pendant qu’on sollicitait notre vote en nous promettant mer et monde...