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Le sommeil réparateur du couvre-feu

Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste
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CHRONIQUE / Vous ne souffrez pas trop de devoir rester à la maison après 20 h? On va se le dire, si vous êtes parents de jeunes enfants, la naissance de ces derniers a instauré naturellement un couvre-feu dans les environs de 20 h.

Bien sûr, vous ne l’avez pas toujours respecté et, contrairement à la situation actuelle, vous ne vous exposiez pas à des milliers de dollars d’amende mais plutôt à une journée plutôt pénible avec votre marmaille grincheuse en raison de la routine chamboulée et du manque de sommeil. Je ne m’avance pas sur ce qui est le plus dissuasif...

Si vous lisez ce paragraphe un sourire en coin parce que ça vous rappelle des souvenirs pas si lointains, c’est que vous êtes sûrement les heureux parents d’adolescents. Vous avez donc peut-être pas mal d’expérience dans l’imposition d’un couvre-feu, mais surtout beaucoup à raconter sur toutes les inquiétudes qui en découlent. Pour certains d’entre vous, ce couvre-feu vous permet certainement d’avoir le meilleur sommeil que vous ayez eu depuis des lunes sachant vos adultes en devenir en sécurité dans votre demeure si tôt dans la soirée. Ne vous en privez pas!

Être ado en temps de pandémie, c’est franchement nul! Il faut être tombé très jeune dans le chaudron de la résilience pour accepter avec sérénité de passer l’une des périodes charnières de sa vie dans un environnement aussi déconnecté des besoins des adolescents.

J’avoue que chez moi, ma grande héritière est un type d’ado à avoir en temps de pandémie! Je n’ai pas à me plaindre. Elle est résiliente, travaillante et accepte les changements sans trop rechigner, la majorité du temps. Elle avait par contre quelques questions sur le couvre-feu. C’est de quelle heure à quelle heure? 20 h à 5 h. Est-ce qu’on peut aller sur le perron? Oui, mais ce n’est pas nécessaire alors reste à l’intérieur. Ça dure jusqu’à quand? À cette dernière question mon amoureux ne m’a pas laissé le temps de répondre. «Pour toi, c’est pour les quatre prochaines années!»

Je vous laisse imaginer, cher lecteur, le regard que ma grande rouquine de 14 ans a lancé à son paternel et le fou rire que j’ai eu!

Je ris encore, parce que c’est un peu vrai! Il semblerait qu’une demande officielle de l’Association des papas poules a même été officiellement déposée en ce sens.

***

Dans ma maisonnée on blaguait parce que le couvre-feu n’était pas difficile à faire respecter. Mais, à partir de 14 ans, les adolescents s’exposent eux aussi à une amende s’ils sont interceptés après 20 h hors des limites du terrain de leur résidence, sans raison valable. «Les jeunes de 14 ans et plus sont passibles de recevoir une amende de 500 $», écrit-on sur le site du gouvernement du Québec. C’est moins que les amendes prévues pour les adultes mais c’est tout de même une véritable fortune pour un ado!

Du côté de la Sécurité publique de Trois-Rivières, le sergent aux relations publiques, Luc Mongrain, souligne qu’une personne qui ne respecte pas le couvre-feu se verra remettre une contravention, qu’elle soit mineure ou majeure, toujours selon le jugement du policier. La seule façon de justifier la présence d’un adolescent à l’extérieur est de détenir une lettre de son employeur, souligne-t-il.

On peut donc déduire qu’on n’est pas en mode sensibilisation.

Du côté du ministère de la Justice, Paul-Jean Charest des Relations avec les médias, mentionne lors d’un échange de courriels : «Qu’un avis de signification d’un constat d’infraction à un mineur est transmis au parent ou au tuteur d’une personne mineure ayant reçu un constat d’infraction. Cet avis a pour objet d’informer le parent ou le tuteur qu’une personne mineure pour qui il détient l’autorité parentale a reçu un constat d’infraction et du délai prescrit pour qu’elle transmette un plaidoyer de culpabilité ou de non-culpabilité ou encore pour qu’elle transmette le paiement.»

En clair, si ton jeune reçoit une contravention, comme parent, tu en seras avisé. Ce que le paragraphe ne dit pas, c’est que sur le coup, ça risque d’affecter ton sommeil aussi.

«Si la personne mineure est dans l’incapacité de payer les montants dus, elle peut prendre contact avec le percepteur des amendes du ministère de la Justice, dans les délais prescrits, afin d’analyser la possibilité de payer les sommes dues au moyen de travaux compensatoires dans le cadre d’un programme de travaux compensatoires», explique M. Charest. En résumé, le jeune devra subir les conséquences de sa sortie nocturne. À moins que les parents allongent l’argent...