Les chances de repêcher Alexis Lafrenière sont faibles, mais celles de sélectionner dans le top 4 sont bien présentes pour le Canadien. Ce qui pourrait enfin sortir le CH de sa torpeur.

Le plan Lafrenière

CHRONIQUE / Le fameux plan de Marc Bergevin s’est une fois de plus retrouvé dans l’actualité de la semaine. Le directeur général n’a pas l’intention de déroger de son plan, qui est demeuré flou longtemps. Un plan qui ressemblait parfois davantage à de l’improvisation. Même encore récemment, lors de la signature du vétéran Ilya Kovalchuk.

Dans une chronique rédigée le 2 juillet, après avoir vu Bergevin rater sa cible dans le cas de Sebastian Aho, je remettais en question ce plan. En fait, je mettais surtout en doute la présence d’un plan. Plusieurs éléments m’amenaient à croire que s’il y en avait un, il avait changé à quelques occasions. On est peut-être rendus au plan C ou D.

À court terme, je ne voyais pas les recrues jouer un rôle crucial dans les succès de l’équipe. Je voyais les dernières bonnes années de Carey Price et Shea Weber partir en fumée. Je constatais l’inaction d’un DG qui avait pourtant encore beaucoup de place sur sa masse salariale pour agir. J’appréhendais une autre saison difficile. Je posais la question suivante : « c’est quoi le plan, Marc? »

Plus de six mois plus tard, après m’être fait lancer des tomates par des fans finis sur les réseaux sociaux, je constate ne pas m’être beaucoup trompé. J’allais jusqu’à sentir la soupe chaude pour Marc Bergevin si, pour une quatrième année en cinq ans, le Canadien ratait une fois de plus les séries. Ce qui est inconcevable à Montréal en temps normal.

Mais s’il y a une année où le Canadien doit rater les séries, c’est bien cette année. Voilà pourquoi j’étais le premier déçu d’apprendre que Marc Bergevin souhaitait voir son club se battre une fois de plus pour les séries.

J’espérais voir les jeunes intégrer l’alignement. C’est ce qui est arrivé. Si Ryan Poehling a tardé à obtenir son casier dans le vestiaire du Centre Bell, avouons que Nick Suzuki répond à l’appel. Le jeu de Cale Fleury me surprend également.

Sinon, le début de saison de Jonathan Drouin a été rassurant. Le réveil de Max Domi fait du bien. On est aussi loin d’avoir lancé la serviette dans le cas de Jesperi Kotkaniemi et on a hâte de voir ce que peut offrir Cole Caufield. Et j’adore la défensive du Tricolore. Les derniers ajouts sont étonnants.

S’il y a bien une erreur que le CH a commise trop souvent, c’est de tenter de terminer 8e chaque saison. Les années durant lesquelles le CH a pu sélectionner rapidement en première ronde, la cuvée n’était pas toujours des plus intéressantes. On ne peut pas en vouloir à Bergevin, même si Trevor Timmins aurait parfois pu effectuer de meilleurs choix.

Mais cette fois, elle est excellente. Voir un joueur québécois de la qualité d’Alexis Lafrenière disponible au repêchage : ça fait longtemps que la province attendait ça.

Je me pose la question : et si le repêchage 2020 sauvait la peau de Marc Bergevin? Presque toutes les équipes qui aspirent désormais à la Coupe Stanley ont dû manger leur pain noir en terminant au fond du classement pour rebâtir leur alignement.

Le Canadien est rendu là. Repêcher Lafrenière n’est toutefois pas un plan. On ne peut pas baser un plan d’avenir sur la chance. Surtout lorsque cette chance s’évalue à 6,5 % actuellement.

Ça fait un peu looser, mais le Canadien doit perdre cette année. Perdre honorablement. Je me suis toujours qualifié d’amateur de hockey avant d’être partisan du CH. Mais j’ai toujours aimé voir le Canadien gagner. Comme plusieurs d’entre vous, probablement. Or, quand j’assiste à une défaite en temps règlementaire avec l’écart d’un seul but par exemple, je ne peux que m’en réjouir.

D’abord, parce que ça signifie que les recrues s’en tirent tout de même bien dans la défaite et que malgré la présence de plusieurs jeunes, le CH ne se fait pas déclasser. Ensuite, ça nous rapproche d’Alexis Lafrenière, ce qui devrait être l’objectif principal de la saison 2019-2020. Imaginez la scène, à Montréal en plus! Pour y parvenir, la défaite est un passage obligé.

Mais Alexis Lafrenière n’est pas seul. Il y a aussi Quinton Byfield. Et Lucas Raymond. Ou bien encore Tim Stützle, comparé à Leon Draisaitl. Repêcher un joueur de concession dans le top 4. Voilà enfin un plan qui m’apparaît logique et qui, avec l’émergence des recrues grâce à l’apport de bons vétérans, me permet de voir la lumière au bout d’un tunnel qui m’apparaissait bien sombre jusqu’à tout récemment.

Les (anciens) espoirs du Phoenix

Parlons un peu de la meilleure équipe au Canada, à presque égalité avec les 67 d’Ottawa. Le Phœnix de Sherbrooke voit deux de ses joueurs être répertoriés dans la liste de la Centrale de recrutement de la LNH.

Samuel Hlavaj est le 3e meilleur espoir chez les gardiens en Amérique du Nord. Ce qui le mène, selon quelques experts, à un choix de fin de deuxième ronde.

Chez les patineurs en Amérique du Nord, Patrick Guay est quant à lui classé 152e. Un classement qui est loin de garantir sa sélection lors de la prochaine séance.

Je le répète : Hlavaj est le meilleur gardien sur lequel le Phœnix a pu compter depuis sa naissance en 2012. Meilleur que le portier Evan Fitzpatrick, repêché en fin de deuxième ronde, justement.

Malgré ses 18 ans, Hlavaj pourrait être repêché bien avant. Avec raison. Et souhaitons à Patrick Guay de revenir au jeu rapidement pour pouvoir profiter de la belle vitrine que lui offre le Phœnix, qui flirte avec le premier rang national.

Ce qui retient également mon attention : l’ancien de BCS et des Voltigeurs de Drummondville, Dawson Mercer, est classé 6e en Amérique du Nord. Le fils du Sherbrookois Yanic Perreault, Jacob, 17e. Et le défenseur sherbrookois William Villeneuve, 108e. Ce dernier rang ne fera que s’améliorer de jour en jour. Villeneuve sera sans aucun doute un choix de quatrième ronde ou mieux.

Mais ce que je remarque surtout dans le dernier classement, ce sont les anciens Phœnix. Marc-Antoine Pépin (106e) et Oliver Okuliar (117e). Deux joueurs qui auraient certainement mérité une meilleure chance avec l’organisation sherbrookoise.

Pendant que les partisans des Cataractes de Shawinigan se réjouissent du vol réalisé par leur DG, qui a obtenu Pépin contre un maigre choix de 10e ronde en 2020, les Hurricanes de Lethbridge dans l’Ouest canadien se félicitent d’avoir repêché le fin marqueur (45 pts en 34 matchs), qui accompagne l’un des meilleurs joueurs d’âge junior au Canada, Dylan Cozens. Okuliar rongeait son frein sur un trio de soutien à la fin de son passage à Sherbrooke et a été libéré. Une évaluation que le Phœnix doit certainement remettre en question à l’heure actuelle, même si ses deux Européens font bonne figure.