Samantha Mongeon en compagnie de sa sœur Sabryna

Le «miracle de Noël»

CHRONIQUE / Veille de Noël. Sabryna Mongeon, 18 ans, a souhaité un joyeux Noël à sa mère et aux siens, puis elle a quitté Luskville, dans le Pontiac, pour rentrer chez elle à Gatineau et réveillonner avec des amis. Mais Sabryna ne s’est jamais rendue à destination...

Elle qui est légèrement craintive au volant a décidé d’emprunter des routes secondaires puisqu’il neigeait abondamment en ce 24 décembre 2017. Elle n’avait pas consommé d’alcool ni pris de drogue. Elle voulait simplement arriver à bon port saine et sauve. Mais à quelques kilomètres de Gatineau, seule à bord de sa voiture, elle a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté un poteau d’Hydro-Québec.

« Sabryna n’a pas été blessée sur le coup, de raconter sa sœur, Samantha Mongeon. Mais elle a craint que sa voiture prenne feu. Alors elle est sortie de son véhicule. »

Mais avec la noirceur de la nuit et la neige qui l’aveuglait un peu, Sabryna n’a pas vu les fils électriques tombés sur sa voiture. Et ce qui devait tragiquement arriver arriva...

« Sabryna a été électrocutée sur le coup, de reprendre sa sœur Samantha. La décharge électrique est passée par ses mains et est ressortie par son pied gauche qui a littéralement explosé. Sabryna a passé de longues heures dans le froid, semi-consciente. Ce n’est qu’à 6 h du matin qu’un bon samaritain l’a aperçue et s’est arrêté pour la réchauffer et lui porter secours. Sabryna a été transportée d’urgence à l’Hôpital de Hull souffrant de brûlures et d’engelures. Puis elle a été transférée à l’unité des grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Je ne peux m’imaginer un pire cauchemar. »

Les médecins du CHUM n’ont eu autre choix que d’amputer les deux jambes et les deux bras de la jeune femme. « Les amputations ont commencé avant-hier (dimanche) de dire Samantha. Sabryna est tenue dans un coma artificiel. Imaginez la douleur qu’elle ressentirait si elle était consciente.

«Mais les médecins sont optimistes, ajoute-t-elle. Au CHUM, les infirmières et les médecins surnomment ma sœur «le miracle de Noël». C’est toutefois au niveau mental que le processus de guérison sera long. Sabryna était une fille autonome. Elle travaillait comme serveuse au restaurant Déli Chenoy’s à Gatineau, elle avait son appartement et elle était fière d’être indépendante et de gagner sa vie. Donc ce sera un très dur coup pour elle lorsqu’elle réalisera qu’elle ne pourra plus être aussi autonome qu’elle l’était. Mais on sera tous là pour elle.

« Et Sabryna est forte, de poursuivre sa grande sœur. Elle est la marraine de mon fils de quatre mois. Et j’ai hâte qu’il vieillisse pour que je puisse lui raconter à quel point sa marraine est forte et courageuse. »

POUR AIDER

Il va sans dire que Sabryna Mongeon sera soignée au CHUM pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Sa mère, qui est de l’Outaouais, est à son chevet. Mais la Fondation des grands brûlés n’assume les frais que pour cinq nuits d’hébergement pour les familles des patients.

« Ma mère est travailleuse autonome et elle ne peut se permettre les coûts d’une chambre d’hôtel pour la durée de l’hospitalisation de Sabryna, explique Samantha. Mais elle tient à rester auprès d’elle. Ma mère a le cœur en 1000 morceaux. Alors j’ai ouvert un compte sur un site de sociofinancement afin d’amasser des fonds qui lui permettront de rester à Montréal jusqu’à ce que ma sœur puisse rentrer à la maison. »

Si vous pouvez aider : www.onedollargift.com (mots clés : grave accident de la route).