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Simon Roberge - Gamer
La Tribune
Simon Roberge - Gamer
Sur les quelque 2000 jeux qui ne pourront plus être achetés sur PS3, PSP et Vita à partir de cet été, 138 ne sont disponibles nulle part ailleurs.
Sur les quelque 2000 jeux qui ne pourront plus être achetés sur PS3, PSP et Vita à partir de cet été, 138 ne sont disponibles nulle part ailleurs.

138 jeux perdus à tout jamais

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CHRONIQUE / Ce n’était qu’une question de temps, mais la nouvelle a quand même fait grand bruit. Sony fermera cet été les boutiques en ligne pour le PSP, PS3 (2 juillet) et Vita (27 août). C’est donc dire qu’il sera impossible d’acheter de nouveaux jeux en format digital sur ces plateformes. Il sera toutefois encore possible de télécharger les jeux déjà achetés, mais on ne sait pas pour encore combien de temps.

Bon, on s’entend que ces fermetures affecteront seulement une minorité de joueurs et les quelques studios qui développaient encore pour la Vita. On s’entend aussi qu’on ne peut pas demander à Sony de maintenir en place des infrastructures rendues obsolètes depuis plusieurs années. Sauf que, ces fermetures mettent en lumière un enjeu grandissant de l’industrie : la préservation historique des jeux vidéo.

Video Games Chronicles (VGC) a publié un superbe article le 2 avril dernier. On y apprend que sur les quelque 2000 jeux qui ne pourront plus être achetés à partir de cet été, 138 ne sont disponibles nulle part ailleurs. C’est donc 138 jeux qui seront à peu près impossibles à trouver. Ils existeront en format digital sur les consoles qui restent, mais disparaîtront graduellement à mesure qu’elles cessent de fonctionner. Bonne chance pour arriver à jouer à un seul de ces jeux dans 10 ans.

La liste n’est pas spectaculaire j’en conviens. Les joueurs des futures générations n’auront pas un manque à leur culture en ne jouant jamais à Licky The Lucky Lizard Lives Again ou I am an Air Traffic Controller Airport Hero Tokyo. Certes Infamous: Festival of Blood, MotorStorm : RC et quelques autres titres mériteraient un prolongement de vie, mais on ne parle pas de grands jeux perdus à tout jamais.

Mais bon ou mauvais, chaque jeu vidéo fait partie à sa façon de l’histoire et est une empreinte de son époque au niveau des graphismes et des thèmes abordés. Et avec l’augmentation importante des jeux offerts seulement en version digitale, les risques de perdre des générations complètes sont élevés. 

Déjà plus de 35 000 jeux Flash ont failli disparaître le 31 décembre dernier lorsqu’Adobe a cessé de prendre en charge Flash Player. Seul le projet Flashpoint a permis de les maintenir en vie... pour le moment. Les jeux massivement multijoueurs sont pratiquement impossibles à conserver puisqu’ils évoluent avec les joueurs. D’autres obtiennent tellement de contenu additionnel et de correctifs qu’ils deviennent rapidement une tout autre entité. Sera-t-il encore possible de jouer à la version initiale de jeux comme No Man’s Sky ou World of Warcraft ? Probablement pas.

Plus de 130 jeux disparaissent avec le PSP, PS3 et Vita. On parle d’une époque où les publications en format digital étaient courantes, mais loin d’être généralisées. Deux générations plus tard, il est possible d’acheter un PS5 100 % digital, donc sans lecteur pour les jeux physiques. Imaginez donc l’impact et le nombre de jeux perdus dans 15 ans lorsque ce sera au tour du PS5 de fermer boutique. 

Pour les joueurs sur PC, imaginez si un jour Steam devait mettre la clé dans la porte. Plusieurs jeux pourraient être sauvés, mais ils seraient des milliers à n’être qu’un simple souvenir.

Tout cela jumelé à la dégradation physique des jeux qui ont longtemps été perçus par plusieurs (et le sont encore d’ailleurs) comme du divertissement pour enfants. Donc quand fiston quittait la maison, on ramassait tout ça et on envoyait ça dans un coin poussiéreux du garage. Résultat, énormément de vieilles cassettes et consoles ne fonctionnent tout simplement plus. Combien de CD de jeux ont juste été lancés pêle-mêle dans une boîte ? Chaque jour, une partie de l’histoire des jeux vidéo s’efface.

Plusieurs organismes et musées tentent de préserver ce qu’ils peuvent, mais il faudrait un grand coup de barre.

En 1980, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a adopté une recommandation pour la sauvegarde et la conservation des images en mouvement. En gros, l’UNESCO a demandé aux pays du monde entier de tout mettre en place pour que les films, documentaires, vidéoclips, etc. soient conservés et protégés. Cet appel est toutefois survenu trop tard puisqu’on estime que plus de 80 % des films muets sont perdus à jamais... et la même chose est en train d’arriver sous nos yeux pour les jeux vidéo.