Réconfortée par des centaines d’internautes après avoir victime d’un doigt d’honneur sur Facebook, la mairesse de Magog, Vicky-May Hamm, a dû faire disparaître son appui à un commentaire tout aussi déplacé sur le même forum de discussion.

Le doigt d'honneur d'un colon

Avec un bagage d’expérience de presque dix ans à la mairie de Magog, Vicky-May Hamm savait qu’une hausse de taxes de 3,35 % ne passerait pas comme une lettre à la poste auprès de ses commettants. Elle s’attendait à ce que le budget adopté lundi soir dernier l’expose à la critique, mais pas à un vulgaire doigt d’honneur exprimé sur Facebook.

« Je me suis fabriqué une carapace pour ne pas être blessée par les méchancetés gratuites, particulièrement sur les médias sociaux. Toutefois, j’avoue qu’à la longue ça use un peu, et parfois c’est trop. J’ai eu droit au doigt d’honneur!! Me semble qu’il y a d’autres moyens de faire passer son message », a-t-elle déploré mardi soir sur sa page personnelle du même forum populaire.

Quand je l’ai contactée pour lui demander si elle s’était emportée, Mme Hamm a d’abord hésité.

« Pas certaine de vouloir en ajouter... »

— Dois-je comprendre que votre compte Facebook est un fauteuil de psychologue sur lequel vous vous assoyez à l’occasion pour chercher le réconfort d’amis?

« Je n’étais pas frustrée, surtout déçue. Ma réplique a été spontanée. Le mécontentement, oui, mais ce n’est pas dans la définition de tâches d’un maire d’endurer le mépris », a protesté avec fougue en entrevue celle que ses pairs ont portée à la présidence de la Fédération canadienne des municipalités.

Mme Hamm a été flattée par l’avalanche de commentaires positifs qu’elle a déclenchée.

« Les insatisfaits nous surveillent, ils viennent nous questionner à l’hôtel de ville. Mais la majorité silencieuse, qui comprend que nous essayons de prendre les meilleures décisions, elle, se manifeste rarement. Ça fait du bien. Ça donne du gaz. »

La page FB de la mairesse de Magog est ouverte à tous et les câlins sont venus de partout. Même l’illustre Dany Turcotte s’est porté à sa défense.

« Avec les médias sociaux, nous assistons en direct à voir des frustrations se transformer en méchancetés incontrôlées! Vraiment désolant... » a réagi le fou du roi de l’émission Tout le monde en parle.

Une déferlante, je vous dis. Pendant ce temps, l’auteur du doigt d’honneur désobligeant publié sur le site d’Ici l’Estrie est demeuré plutôt orphelin, n’ayant suscité qu’un seul commentaire et un seul « j’aime ». 

De façon quasi unanime, plus d’une centaine d’internautes ont déploré le manque de respect à l’égard de la mairesse Hamm ou défendu la lourdeur de ses responsabilités. Un élan de compassion et un concert d’éloges dont je n’avais jamais été témoin auparavant en 30 ans de couverture municipale.

— Sacrée bonne stratégie politique, Madame la Mairesse! Comptez-vous la recommander aux autres maires du pays en animant un atelier sur les médias sociaux lors d’un prochain congrès?

« Il n’y avait rien de prémédité ou de calculé dans mon geste », assure-t-elle.

Si le réseau Facebook peut rapidement substituer un flot d’admiration à un vent de critique, il peut aussi vous pousser aussi brusquement vers le large.

« Osti que le monde son colon », a vilipendé une admiratrice de Mme Hamm dans un français approximatif, une remarque cinglante qui a été appuyée par deux personnes... dont la mairesse de Magog!

« J’ai fait ça? Pour vrai? » m’a-t-elle demandé, à la fois incrédule et inconfortable.

En moins de deux, je lui ai envoyé une capture d’écran prouvant que son nom était bel et bien associé au commentaire n’entrant pas dans la catégorie des échanges respectueux et courtois qu’elle préconise.

« Ou j’ai mal lu où j’ai liké par erreur. Je m’assure de faire disparaître ça à l’instant. »

Ainsi donc, la mairesse de Magog est passée en quelques heures par toute la gamme des émotions avec le doigt d’honneur d’un colon. 

Connaissez-vous la passion de Vicky-May Hamm pour la chasse? Elle adore, elle m’en avait déjà parlé. 

Avec un clin d’œil, je lui ai rappelé cette règle de prudence : les commentaires sur Facebook sont aussi dangereux qu’une arme qu’il faut toujours pointer vers le sol de manière préventive pour éviter d’atteindre une autre personne ou de se blesser soi-même...