Une partie des sommes qui seront récoltées aujourd’hui à Sherbrooke dans le cadre du Grand McDon servira à soutenir la persévérance scolaire. Un partenariat entre un franchisé de McDonald’s et la Fondation pour les élèves de la CSRS aurait été improbable il y a dix ans.

Le diplôme de Ronald

CHRONIQUE / En ce mercredi, la philanthropie est au menu dans les restaurants McDonald’s pour la 25e édition du Grand McDon.

Dans certains établissements de Sherbrooke, le retour de 1 $ promis à la vente d’un Big Mac, d’un Joyeux festin ou d’un McCafé ira à la Fondation pour les élèves de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

Un tel partenariat aurait été improbable il y a dix ans, au moment où le gouvernement provincial a sorti les boissons gazeuses et la friture des écoles du Québec et que les commissions scolaires ont dû se tourner vers les menus santé.

« Suis-je surprise de cela? Un peu. En même temps, nous n’avons jamais été des directeurs de conscience. Notre rôle en est un d’accompagnement, pour diffuser de l’information et proposer des moyens d’action. Que des fonds du Grand McDon soient versés à la Fondation de la CSRS ne compromet d’aucune façon cette mission », commente la coordonnatrice de l’Alliance sherbrookoise pour des jeunes en santé, Évelyne Lapierre.

Cet organisme a été créé en 2007, dans la foulée de l’action collective pour s’attaquer aux ravages de la malbouffe se reflétant dans la piètre condition physique d’une forte proportion d’enfants et d’adolescents. Encore aujourd’hui, l’Alliance regroupe les principaux acteurs régionaux de l’éducation, de la santé ainsi que du monde municipal.

L’implantation de l’un des plus importants restaurants McDonald’s du Canada sur la rue King Est, à deux pas du pavillon principal de l’école secondaire de La Montée, de même que l’aire de restauration rapide autorisée par la Ville à l’intersection de l’autoroute 410 et du boulevard de l’Université (à proximité du Triolet) sont deux cas ayant soulevé des questionnements publics dans le passé.

« Mon premier réflexe pour soutenir la persévérance scolaire n’est pas nécessairement d’aller manger un Big Mac. En même temps, jamais je ne remettrai en question les efforts d’une entreprise préoccupée par la réussite des jeunes. Il faut faire la part des choses », juge la directrice de la santé publique de l’Estrie, la Dre Mélissa Généreux.

Le président de la commission scolaire, Gilles Normand, n’a aucune hésitation à devenir employé de soutien pour la journée.

« Vous savez à quel point les dernières années ont été difficiles sur le plan budgétaire en éducation. Or, voilà une bonne opportunité de financement pour la Fondation. On ne peut que s’en réjouir. »

Ce sont les cinq restaurants de l’homme d’affaires Mario Iannuzzi, ceux de la rue King Ouest, de Rock Forest, de Saint-Élie, de Lennoxville et du Wal-Mart du plateau Saint-Joseph, qui verseront leurs dons à la Fondation pour les élèves de la CSRS. Ceux générés par le restaurant de la rue King Est, appartenant à un autre membre de la famille Iannuzzi, seront plutôt dirigés vers la Fondation Rock-Guertin.

« Les Paniers de l’Espoir sont livrés à l’approche de Noël dans plusieurs familles dont les enfants fréquentent nos écoles et nous bénéficions également d’un support très apprécié avec les Paniers de la rentrée. Il est doublement intéressant que ces deux fondations bénéficient du Grand McDon », ajoute le président Normand.

Pour le directeur du développement de la Fondation de la CSRS, Serge Audet, il y a plus que l’argent.

« Mario Iannuzzi est trésorier de notre organisation depuis 10 ans. Il est également un employeur modèle dans la conciliation études-travail, veillant à ce que ses jeunes salariés n’aient pas des horaires trop chargés et puissent poursuivre leur parcours académique. C’est aussi cela qu’il faut mettre en valeur. »

Près des deux tiers des 350 employés de l’entreprise seraient des étudiants.

« Notre engagement est envers la Fondation. Il n’y a pas de positionnement commercial ou de sollicitation directe auprès des élèves dans les écoles. Que ce soit en appuyant le projet de robotique ou en stimulant l’esprit d’entrepreneuriat des jeunes, nous voulons les aider à développer confiance et talent », précise Katia Cyr, directrice des communications du franchisé sherbrookois et conjointe du propriétaire.

Pourquoi l’achat d’une salade verte n’assure-t-il pas un retour d’un dollar pour nos étudiants?

« Les produits sélectionnés sont un choix corporatif, pas celui des franchisés. Venez manger une salade, rien ne vous empêchera de faire tout de même un don... » m’a suggéré Mme Cyr.

J’irai.

Pas nécessairement pour signer le diplôme de bonne conduite de l’étudiant Ronald. Tout simplement parce que je sais à quel point l’argent du Grand MacDon est une manne pour les petits organismes de la région. J’étais de ceux qui peinaient à ramasser des 20 $ l’an dernier avant de voir arriver des milliers de dollars à la Maison Caméléon au terme d’une seule journée au milieu de clients heureux de donner...