Un possible ralliement de Denis Pellerin (dernier à droite) à Steve Lussier (premier à gauche) a récemment été discuté au téléphone. Alors qu’il n’a pas à ce moment-là repoussé les avances, M. Pellerin se livre maintenant à une virulente charge contre M. Lussier.

Le chaud et le froid avec Denis Pellerin

CHRONIQUE / Denis Pellerin est un homme aux opinions tranchées et acérées. Un allié potentiel... potentiellement risqué!

Une récente conversation téléphonique entre le directeur de campagne de Steve Lussiser et M. Pellerin, qui visait au départ à calmer le jeu à propos d’échanges sur les médias sociaux, a débouché sur une main tendue se terminant par un virulent coup de bélier.

Avant de vous amener en coulisses, bref retour sur le personnage. Parmi les prétendants à la mairie, Denis Pellerin est dans une classe à part avec Bernard Sévigny pour sa connaissance des rouages municipaux. Il est maître dans l’art de découvrir les subtilités et il vulgarise assez bien les dossiers compliqués.  

Malgré cela, il mène une troisième campagne à la mairie en solitaire.

« Je ne veux pas de campagne d’image. La politique avec de grosses équipes est dépassée et, à la limite, je ne cherche même pas la reconnaissance. »

Pas de reconnaissance, pas de votes. Pas de votes, pas de poste. Parlez-vous seulement pour parler?
« Non, pour dire les vraies choses », juge-t-il.

Voici l’intégrale du dernier segment d’une conversation ayant eu lieu il y a une semaine entre Denis 

Pellerin et le directeur de campagne de Steve Lussier, Daniel Bergeron.

— « Une question de toi à moi : as-tu l’intention d’aller jusqu’au bout? »

— « Bien sûr. Mais, quoi, tu voudrais que je me retire en faveur de Steve », questionne M. Pellerin

— « Tes années d’expérience te donnent de la crédibilité, c’est juste que t’as un problème d’exposition et de publicité. C’est une job d’image aussi... »

« Je sais... »

« On s’entend que je ne rampe pas devant toi pour te demander de te retirer... »

« Non, je n’ai pas le sentiment que tu rampes, je comprends que tu me poses une question qu’Hélène Gravel ne m’a pas posée en 2009 et qui, peut-être, aurait pu lui permettre de gagner. »

« Sans vouloir te dissuader, si ton intention était d’abandonner, on pourrait s’asseoir et regarder comment tu pourrais donner ton appui à Steve tout en expliquant le pourquoi », ajoute le responsable du camp Lussier.

Cette discussion a eu lieu avant la publication des résultats du sondage ayant placé M. Lussier au deuxième rang dans les intentions de vote et qui refoulait le candidat Pellerin à moins de 3 %, beaucoup moins que les 14 % qu’il a récoltés en 2013. Elle prend fin sans engagement de part et d’autre, sans que Denis Pellerin repousse les avances.

La conversation a été enregistrée par Daniel Bergeron, qui a accepté de la rendre disponible afin que les électeurs puissent juger, étant donné que c’est son interlocuteur qui a révélé la teneur d’échanges qui devaient être privés.

En entrevue, mercredi dernier, Denis Pellerin a été incisif.

« Les libéraux n’avaient personne à mettre sur la chaise et, ce n’est pas fin ce que je vais dire, mais ils n’ont trouvé qu’une mitaine. Les Sherbrookois seraient pires avec M. Lussier qu’avec Bernard Sévigny. Le maire cache de l’information, on sait qu’il n’est pas transparent, mais au moins, lui, on le connaît... »
Vous vous montrez réceptif à une offre du camp de Steve Lussier un jour, et le lendemain vous lui sciez les deux jambes?

« Je me gardais des portes ouvertes. Mais un gars qui parvient en quelques jours à ramasser 700 000 $ en capital de risques, j’ai peur de qui est derrière », assume Denis Pellerin.
Daniel Bergeron s’emploie à réduire la portée de ce désaveu fracassant en fin de campagne.

« Nous n’avions d’aucune façon sollicité M. Pellerin avant la campagne. Là, il a joué la game parce qu’il se cherchait des amis. Nous n’avons aucun lien avec l’équipe du ministre Luc Fortin ou avec l’organisation libérale. Les électeurs ne prêteront aucunement attention à des insinuations qui ne sont pas fondées », réplique le directeur de campagne de Steve Lussier.

Comme pour la météo, on vient de passer du chaud au froid dans les rapports entre les candidats Lussier et Pellerin.

Plus rentable qu'on pense

J’ai irrité les dirigeants de Sherbrooke Citoyen en écrivant samedi « qu’ils avaient bousillé leur proposition d’utiliser une partie des fonds des caisses de retraite des employés municipaux pour financer des logements sociaux ».

« De la façon dont vous avez présenté les choses, vous avez discrédité notre idée sans même apporter la nuance que nous parlons d’immobilier au sens large. Concert Properties, par exemple, qui appartient à des caisses de retraite de la Colombie-Britannique, a obtenu de très bons rendements avec plusieurs projets de logements abordables. Les caisses de retraite des employés de l’État et des enseignants de la Californie, tout comme celles de l’État de New York ont diversifié leurs stratégies d’investissements sans abaisser leurs critères de rentabilité. Ce n’est pas une idée lancée en l’air », a tenu à corriger le parti par le biais de sa candidate dans le district du Carrefour, Évelyne Beaudin.

Une mise au point qui aurait été taillée sur mesure pour le débat de la Chambre de commerce. Sauf qu’elle n’est jamais venue.

En politique, une bonne idée progresse à la vitesse des opportunités qu’on saisit pour qu’elle s’imprègne dans l’esprit des électeurs. De ces opportunités, il ne faut pas trop en bousiller.