La direction du pavillon Argyll invite le comité de résidents de l’établissement à participer à la recherche de solutions pour éviter d’autres réductions de services comme celle ayant confiné une dame de 88 ans à son lit au cours de la fin de semaine.

Le bail que Québec doit honorer

CHRONIQUE / Si les informations entendues ça et là sont confirmées en cours de journée par le ministre des Finances, Carlos Leitao, les deux tiers des Québécois qui paient des impôts recevront chacun 200 $ tandis que l’autre tiers des citoyens (37 % pour être plus précis) ne trouvera rien sous le sapin de Noël.

Ces cadeaux passeront sous le nez des moins bien nantis, tout comme l’autre réduction d’impôt de 55 $ annoncée dans le budget du mois de mai. Le crédit personnel de base sera bonifié dans la déclaration de revenus 2017.

L’équivalent d’un café par semaine pour récompenser le brave n’ayant pas perdu courage dans les chemins de halage de l’austérité, sans même un bouillon de poulet pour réchauffer les cœurs de celles et ceux qui passeront l’hiver dans des logements mal isolés. Ça viendra peut-être plus tard...

Par équité, il le faut! Les compressions ayant sorti le Québec des ornières des déficits budgétaires ont été appliquées dans tous les programmes. Elles ont frappé tous les Québécois.

J’ai de la difficulté à apprécier le remboursement de cette petite monnaie pour un bien paraître politique alors qu’une patiente de 88 ans a été privée du service élémentaire de l’aide à l’habillement durant le week-end dernier au pavillon Argyll.

Thérèse Jacques a ainsi été clouée à son lit durant 36 heures. Malgré sa déception et son irritation, l’octogénaire a fait preuve de courage en se confiant à des collègues de Radio-Canada Estrie.

« Nous ne sommes pas confortables avec ce qui s’est produit. Un employé a prévenu tardivement qu’il ne pouvait se présenter à son quart de travail, samedi matin, tandis qu’un autre a été renvoyé à la maison parce qu’il avait des symptômes de gastro. En déficit de personnel, les services devant être temporairement suspendus sont déterminés dans un plan de contingence », met en contexte une porte-parole de l’institution Annie-Andrée Émond.

« Ce n’est pas le seul cas. Ça dure depuis le printemps », réagit la présidente du comité des résidents du pavillon Argyll, Claire Mercier, qui corrobore ainsi les prétentions de Mme Jacques.  

« Pour la première fois, on m’invite à participer à des discussions en m’envoyant le signal que la direction se lance à la recherche de solutions durables. Des citoyens pensent que tous les services sont dispensés gratuitement dans un CHSLD public. C’est loin d’être le cas. Des patients déboursent des sommes appréciables. La situation commande de pousser les choses de manière à ce que la situation s’améliore rapidement », ajoute Mme Mercier.

Pour clarifier les obligations des institutions et rendre l’État québécois imputable, le Conseil pour la protection des malades réclame depuis des années déjà que le Québec se dote d’une loi sur les soins de longue durée. Un signe de respect et une garantie de services que l’Ontario offre à ses aînés depuis 10 ans.

« À cette même époque, le Québec s’orientait dans cette voie. C’est clair dans les énoncés d’intentions que Philippe Couillard formulait comme répondant de la Santé dans le gouvernement de Jean Charest, en 2004. Comme cette revendication semble dépourvue d’intérêt pour le ministre Gaétan Barrette, il serait bien que son patron replonge dans ses lectures » soulève son président Paul Brunet.

Le ministre Barrette juge avoir suffisamment donné la réplique à M. Brunet sur cette question et considère que les réductions de services dénoncées relèvent strictement des autorités régionales.

« Encore au pavillon Argyll et, une fois de plus, avec des explications assez superficielles! Il me semble que ça devrait sonner des cloches à Québec », réagit l’avocat spécialisé dans le domaine de la santé, Me Jean-Pierre Ménard, qui a sévèrement dénoncé le manque de transparence du CIUSSS de l’Estrie — CHUS, à la suite d’une altercation ayant entraîné la mort d’un patient en octobre 2016.

Le ministre Barrette aurait-il réagi plus promptement si ce type de dénonciation avait visé une résidence privée?

« Les inspecteurs seraient débarqués rapidement. Nos premières explications, par contre, c’est à nos clients qu’il aurait fallu les fournir, car les baux nous fixent des obligations légales », répond le président du Regroupement des résidences pour aînés, Yves Desjardins.

« L’article 5 de la Loi sur les services de santé et de services sociaux oblige le gouvernement à rendre des services adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et social, avec continuité et de façon personnalisée et sécuritaire. »

« Cet autre cas à Sherbrooke est aux limites de la maltraitance. Les patients ou leurs proches peuvent demander à voir le Plan d’intervention que les CHSLD doivent produire. Dans ces plans, l’objectif, la nature ainsi que la récurrence des soins sont précis. » ajoute l’avocat Ménard.

Le site vosdroitsensante.com est une bonne façon d’élargir ses connaissances.