Née en Roumanie, Marion Dagen y a passé les six premières années de sa vie en institution comme plusieurs enfants nés sous le régime Ceausescu. Des années après son adoption par une famille française, elle retrouve ses racines et leur histoire. Elle sera du panel de discussion sur l’adoption jeudi à 18 h à la salle du Parvis.

L’adoption, chacun son histoire

CHRONIQUE / L’adoption, un geste d’abandon ou un don ? La question, beaucoup plus complexe que je vous la lance ici, sera longuement (et ardemment, promet-on !) débattue aujourd’hui jeudi à la Taverne O Chevreuil.

Le docteur Jean-François Chicoine dans un coin, l’historienne (et candidate solidaire) Christine Labrie dans l’autre, on retrouvera entre les deux le directeur de la protection de la jeunesse de l’Estrie, Alain Trudel, la directrice de santé publique Estrie, docteure Mélissa Généreux, ainsi que l’auteure franco-roumaine Marion Dagen.

Cette dernière, protagoniste du documentaire L’enfant du diable présenté à 17 h à la taverne O Chevreuil, coauteure de L’enfant et le dictateur publié chez Belfond et invitée du Festival cinéma du monde, a désormais tendance à faire dans la nuance, même lorsqu’on essaie de trancher entre le don et l’abandon.

« J’ai nourri de la colère et du jugement très longtemps par rapport à ma propre adoption, reconnaît Marion Dagen. Et j’avoue que cette colère m’a permis d’avancer, de trouver toutes les réponses dont j’avais besoin. Les réponses ont dissipé ma colère.

« Aujourd’hui, avec tout ce que j’ai appris au fil de ma démarche sur ma mère et les circonstances, j’ai compris qu’elle aussi avait une histoire, que chaque adoption a son histoire, et qu’il est préférable de ne pas juger. »

C’est qu’elle avance toujours dans son histoire, Marion Dagen. Née en 1976 dans la Roumanie de Ceausescu où l’on impose l’enfantement en déclarant que « si les familles ne peuvent prendre soin des enfants, l’État s’en chargera », Marion Dagen est adoptée six ans plus tard par un couple français.

Adolescence difficile, peur de l’abandon, colère bouillante, elle retournera une première fois en Roumanie à 17 ans. Les recherches de la « génitrice » qu’on disait morte s’amorcent, se poursuivent au fil des années et des dédales administratifs.

Elle est vivante. Ana est vivante. Et au fil des rencontres, des conversations qui s’empêtrent parfois dans la langue et les traductions approximatives, Ana passera de génitrice à mère biologique.

« C’est tout un système qui avait été mis en place par la dictature de Ceausescu afin de voler des enfants à leurs familles et à leurs vies. C’est terrible et inimaginable. Je ne veux pas que ça se reproduise, et je ne veux pas qu’on oublie ces enfants-là », confie la mère de famille et travailleuse sociale.

« J’ai eu la chance de retrouver mes parents biologiques, mais aussi de grandir dans une famille adoptive aimante. Et maintenant, j’ai moi-même une famille. Le défi désormais, quand on comprend que tout le monde a son histoire, c’est de voir ce qu’on va faire avec toutes ces histoires, comment elles vont cohabiter, ce qu’on peut construire », note sagement Marion Dagen.

Une question peut-être à ajouter à cette discussion autour de l’adoption, animée par Catherine Viau à 18 h.

POPCORN AU CINÉ-PARC

Ça commence à être du sérieux à compter de jeudi la complexité de l’horaire au FCMS.

Tiens, déjà, je suis sûre que t’aurais envie d’aller dans un rave, là, maintenant. Tentant ?

Tentant aussi pour un paquet de jeunes, en Iran, là où la loi et la morale ne sont pas fans de rave, mais où malgré le régime autoritaire, des DJ bad ass entraînent les plus téméraires dans une culture plutôt festive.

On parle donc de ça à la salle Alfred-Desroches du Cégep dès 15 h 30 après la présentation du documentaire Raving Iran.

Et tant qu’à flirter avec la jeunesse, en espérant que vous êtes allés goûter les réalisations estriennes en compétition mercredi soir, on vous propose la nostalgie du ciné-parc jeudi, vendredi et samedi soirs, de 20 h à 22 h à l’angle des rues du Dépôt et Wellington Sud. La programmation entièrement estrienne repart en boucle toutes les 30 minutes.

Après, ça se peut que tu sois trop excité pour aller te coucher, je me permets donc de te dire que c’est soirée « Littérature et autres niaiseries » à La Petite Boîte noire, en plein centro. Aucun rapport avec le FCMS, mais tant qu’à être dans le coin, je me disais que ce serait plate que tu manques ça.

Ciao là.