Corey Hart est membre honoraire de l'équipe d'Éric Lapointe.

«La voix»: un premier blocage et Corey Hart

CHRONIQUE / Pour la septième saison de «La voix», il fallait surprendre le public avant de le voir se lasser de la formule. Pas de grands coups de coeur, mais une entreprise en grande partie réussie dimanche soir à TVA, pour la première de cinq auditions à l'aveugle. Mais il y a des choses qui ne changent pas, comme les discours inspirés d'Éric Lapointe, et l'ardeur d'une Lara Fabian pleinement dans son élément. En prime: un candidat mystère du nom de Corey Hart.

Pour lancer cette septième saison, on a mêlé les coachs aux gagnants des précédentes éditions pour La danse du smatte de Daniel Lavoie, dans un réjouissant numéro d'ouverture, qui lançait bien cette soirée. Le nouveau bouton «bloqué», qui permet à un coach d'empêcher un rival d'être choisi par un candidat, n'a servi qu'une fois jusqu'à maintenant; Alex Nevsky a bloqué le passage à Lara Fabian, qui aurait bien aimé enrichir son équipe de Ferline Regis, d'origine haïtienne, un match tout naturel. La tactique du blocage met du piquant, mais a tout de même un peu gâché le moment de la candidate, qu'on a presque oubliée pendant la séance de règlement de comptes entre les deux coachs. «Je vais te lécher en direct», a menacé Lara à un Alex heureux d'exploiter son «petit côté sadique». Ça ne l'a pas servi, puisque Ferline a finalement choisi Marc Dupré. Celui-ci a aussi été le choix de Jacob Guay, qui avait été sélectionné pour The Voice Kids en France, portant maintenant la moustache, comme témoin des années qui passent.

Cette première réservait quelques bonnes surprises. Comme l'arrivée sur scène d'un candidat mystère, nul autre que Corey Hart, qui a mystifié les coachs. Il sera membre honoraire de l'équipe d'Éric Lapointe, qui l'a séduit en lui disant que le premier spectacle qu'il a vu au Forum était le sien. Rappelons que le réalisateur Jean-François Blais a laissé tomber l'idée des mentors cette année. Corey Hart sera de retour pour la finale. Ça tombe bien, la coqueluche des années 80 a des billets à vendre pour son spectacle du 6 juin prochain au Centre Vidéotron.

On a simulé un problème technique pour faire entrer en secret la famille de Briana Victoria, tout droit venue du Mexique. Très émue, la jeune femme n'avait pas vu sa grand-mère depuis l'âge de deux ans. «C'est pas une aventure, c'est pour la vie», a lancé Éric à la candidate, qui a plutôt choisi Alex.

Beaucoup d'émotion pour Lara Fabian, la seule à se retourner pour Mory Hatin, d'origine libanaise. Neuf ans plus tôt, un spectacle de Lara au Liban avait été annulé, pour des raisons politiques. Rendez-vous manqué, mais repris toutes ces années plus tard à La voix. Ariane Drapeau, 20 ans, de l'Anse St-Jean, est sans doute la candidate la plus singulière de la soirée. En bas de laine sur la scène, elle a offert une interprétation unique de Va-t'en pas de Richard Desjardins. Les coachs ont été convaincus à la dernière seconde, mais Éric Lapointe a obtenu sa faveur.

Réjouissant de voir une candidate de la première saison, Samantha Neves, pour qui personne ne s'était retourné, voir les quatre coachs lui dire «Je te veux». Tony Crow, le rockeur de la soirée, a chanté derrière le rideau Oh! Darling de Lennon et McCartney. «Un tank!» s'est exclamé Éric Lapointe, en voyant le jeune homme de 20 ans, au petit gabarit, avant d'ajouter : «À côté de toi, j'ai l'air d'un Petit Chanteur du Mont-Royal.» Puis : «Le feu est en train de prendre dans mes bottes.» Qu'il opte pour Éric aurait été convenu; Tony a plutôt choisi Lara, qui n'en revenait pas comme nous.

Chaque fois que les coachs ne se sont pas retournés, ils ont eu raison. À Émilie Durand-Grenier, Lara a fait répéter les premières phrases de sa chanson, I Want You Back, en prononçant davantage. Et on a vu le résultat. Personne n'a appuyé non plus quand Mélissa Martin a repris Pour l'amour qu'il nous reste de Francine Raymond. «Dis à ta voix comment raconter un texte», a conseillé Lara. Maxime Lavallée-Lang a offert un bien sympathique Dédé, mais il manquait quelque chose pour que ça passe.

Parmi les bons points, on n'a pas raconté les malheurs des candidats, dimanche. Que de belles histoires, et surtout une quête commune de pouvoir chanter devant un public et obtenir l'aval des coachs. Du côté des bémols, pas sûr que le passage où Éric Lapointe s'est emparé d'une caméra et qu'Alex Nevsky a chanté spontanément était nécessaire. C'est bien de voir les coachs déconner, mais ce qu'on veut voir le plus et surtout entendre, ce sont les candidats. L'enrobage musical de la nouvelle version est aussi un peu trop discret.

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