Parmi la délégation canadienne, 16 athlètes sont en provenance de la grande région de Québec, dont la capitaine de l’équipe féminine de hockey, Marie-Philip Poulin.

La grande famille de Québec

ENVOYÉ SPÉCIAL / Pour diverses raisons, ils ne participeront pas tous au défilé de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Mais n’ayez crainte, ils feront quand même sentir leur présence au cours des prochains jours.

Le contingent d’athlètes en provenance de la grande région de Québec — et du Bas-Saint-Laurent — est imposant. On en compte 16, dont un qui portera les couleurs du Maroc. Il y en a aussi quelques autres, originaires de l’Estrie, de l’Outaouais ou de Montréal, à avoir choisi de s’entraîner dans la capitale.

De mémoire, il s’agit du plus important groupe d’athlètes de Québec à avoir pris part aux Jeux depuis 1998, à Nagano. Comment expliquer un tel phénomène?

«Il y a un buzz d’excellence qui s’est développé à Québec au fil des ans. On forme une grande famille, et dès qu’un athlète s’amène ici, il en fait partie, sans distinction d’où il vient. Pour les fréquenter au quotidien, ça ne m’étonne pas qu’il y en ait autant. Dans la salle d’entraînement, tous les sports se retrouvent et se poussent les uns les autres, s’échangent de l’information», indique Côme Desrochers, directeur général d’Excellence Sportive Québec Lévis, qui participe, lui-même, à ses premiers Jeux olympiques.

Il est affecté au Centre de performance en montagne de l’équipe canadienne afin de supporter les athlètes en ski de fond, biathlon, ski acrobatique, ski alpin, snowboard, etc. Il se disait excité et fébrile à l’idée de vivre son baptême des Jeux.

«Surtout que ça s’inscrit dans ce que je fais quotidiennement. En plus, je tombe dans une année où il y a une très grande représentation des athlètes de Québec. Excellence Sportive Québec Lévis soutient 33 % des athlètes québécois présents aux Jeux, ce n’est pas mauvais.»

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Il fut un temps où la région de Québec ne parvenait pas à être la destination rêvée pour les athlètes de haut niveau, mais cette situation a évolué. On retrouve plusieurs centres nationaux d’entraînement, notamment en ski de fond, ski acrobatique, patinage de vitesse sur longue piste et canoë-kayak.

«Nous avons connu nos années de vaches maigres, mais cela rapporte aujourd’hui. Qu’il y ait trois patineurs de longue piste à PyeongChang provenant du Centre national Gaétan-Boucher, c’est exceptionnel, considérant qu’ils s’entraînent dans des conditions qui ne sont pas optimales. Je lève mon chapeau à Gregor [Jelonek] et aux athlètes», lance celui qui prévoit un exode de la courte piste vers la longue piste lorsque l’anneau sera recouvert.

Excellence Sportive Québec Lévis met tout à la disposition des athlètes pour maximiser leur développement. Les meilleurs spécialistes sont réunis autour de la même table pour un but commun. «Chez nous, on ne touche pas aux infrastructures, mais on entoure les athlètes avec le reste. Ça paraît bien de dire qu’on a pu aider, ne serait-ce que 1 %. Mais dans un monde où une épreuve se gagne par une fraction de seconde, 1 %, ça peut faire la différence sur le dernier coup de lame.»

Desrochers ne voit pas le départ prochain à la retraite de certains gros noms comme étant la fin d’une époque. Les athlètes d’aujourd’hui céderont leur place à ceux de demain, ainsi tourne la roue du sport d’élite. La relève est déjà en place, certaines disciplines s’effaceront un peu au profit d’autres sports.

«Il y a 10 ans, on était les parents pauvres en ski de fond, on est devenu l’une des fédérations les plus fortes au pays. Tous les sports ne peuvent pas être hot en même temps. Ça prend aussi des athlètes qui jouent le rôle de locomotive, comme Alex [Harvey]. Avec Jean-Philippe LeGuellec qui revient dans le biathlon, ce sport va remonter.

Je ne pense pas que le départ de certains signifiera la fin d’une époque. Pierre Harvey, Gaétan Boucher, Myriam Bédard, Caroline Brunet et Philippe LaRoche ont tous pris leur retraite, un jour, et le sport a continué. Il y a de belles surprises aux Jeux, comme Anne-Marie Comeau et Laurence St-Germain, mais il y a aussi de très bons jeunes qui cognent à la porte et dont on entendra parler dans les prochaines années.»