Chantal Rouleau et Johanne Therrien ont mis sur pied une friperie à la polyvalente Le Carrefour, à Gatineau.

La friperie scolaire

CHRONIQUE / Tout parent vous le dira, le matériel scolaire de leur enfant disparaît par magie en juin, à la fin de l’année scolaire.

Le kit de géométrie flambant neuf acheté en septembre, parti. La règle, la gomme à effacer, les dix stylos, les ciseaux, le cadenas et le reste, partis aussi. Comme par enchantement…

« Et plusieurs élèves laissent aussi des vêtements derrière lorsqu’ils quittent à l’été », raconte Johanne Therrien, intervenante à la polyvalente Le Carrefour, à Gatineau.

À force de récupérer tous ces objets, Mme Therrien et sa collègue Chantal Rouleau ont eu une idée. Une brillante idée. Et si on ouvrait une friperie dans l’école ?

Il y a quatre ans de ça. Et depuis, la friperie de la polyvalente Le Carrefour connaît un vif succès année après année. L’an dernier, par exemple, cette friperie a permis d’amasser 5 000 $.

« Et avec ces profits, explique Mme Therrien, nous achetons tous les effets scolaires nécessaires à la rentrée et nous les offrons à des élèves de notre polyvalente qui proviennent de familles dans le besoin. En septembre dernier, par exemple, nous avons aidé 17 élèves qui ont pu commencer l’école avec tout ce dont ils avaient besoin. »

« Et nous organisons aussi une vente de garage annuelle afin de remplir notre tiroir-caisse et d’acheter des vêtements et des souliers neufs que nous offrons à certains élèves à la rentrée scolaire, renchérit Chantal Rouleau. Notre vente de garage est très populaire dans le quartier. Cette année, nous avions 130 tables réservées et nous avons été obligés d’en refuser, faute d’espace. »

La friperie de la polyvalente Le Carrefour est ouverte deux midis par semaine, et pendant les trois jours d’inscription en septembre et lors des visites des parents. La « boutique » est gérée par des élèves bénévoles.

« Ce qui leur donne une expérience de travail, et nous leur remettons une lettre de recommandation à la fin de l’année », souligne Mme Rouleau.

Que retrouve-t-on dans cette friperie ? Des vêtements pour ados, des souliers, des bottes, du matériel scolaire, des bijoux. Un peu de tout, quoi. Et à des prix dérisoires. Un jean, par exemple, en vendu au coût de 2 $. Et tous ces objets sont offerts gratuitement par des élèves, des parents, et des gens dans la communauté avoisinante de la polyvalente. « Le mot s’est passé dans le quartier et beaucoup de gens des alentours nous apportent des choses, explique Mme Therrien. Alors ici, on tri le tout, on lave les vêtements reçus, puis on les vend. »

Les deux intervenantes ont ajouté un autre volet à cette friperie scolaire, il y a deux ans. Soit le prêt de robes de bal.

« On reçoit beaucoup de robes de bal, souligne Mme Rouleau. Alors, on les prête aux élèves, avec tous les accessoires nécessaires comme les souliers, une bourse et le reste. Et, de plus, on paye le souper au bal des finissants aux filles qui ont emprunté une robe. Ça leur fait une belle soirée et une belle graduation. »

« Et avec les surplus de la friperie, enchaîne Mme Therrien, on peut parfois offrir un don aux organismes de bienfaisance de notre communauté. Cette année, nous avons aidé trois organismes en leur offrant 100 $ chacun. Et nous aimerions développer une plus grande collaboration avec les organismes de notre milieu. On aimerait faire connaître notre projet un peu plus afin d’aider le plus de gens possible. Qui sait ? Peut-être que d’autres écoles de l’Outaouais auront le goût de s’investir dans un tel projet. Parce que tout le monde y gagne. »