Lancement plus que réussi pour le Festival cinéma du monde de Sherbrooke qui a fait salles pleines pour le film d’ouverture La Promesse de l’Aube, une occasion rêvée pour un tapis rouge et quelques photos sous la musique de la fanfare.

La croisette du centro

CHRONIQUE / C’était peut-être un peu frisquet pour se faire croire qu’on déambulait sur la croisette, mais n’empêche, le centro avait commencé à revêtir ses habits de Festival, lundi soir, alors que les cocktails se multipliaient autour de cette soirée d’ouverture lancée par la présentation de La Promesse de l’aube d’Éric Barbier.

Le tapis rouge avait déjà remplacé la dernière neige devant la Maison du cinéma trois heures avant que les festivaliers ne viennent s’agglutiner sur la King et que les flashs des photographes n’immortalisent le moment, la fanfare joyeuse était encore de la partie et ça défilait gaiement (c’était plein, plein, plein) vers cette Promesse de l’aube et d’un heureux festival.

À quelques enjambées et un peu plus haut sur la Wellington Nord, l’expo du photographe Jocelyn Riendeau viendra aussi donner des couleurs supplémentaires à cette cinquième édition.

« J’ai sélectionné des photos qui permettent un bon voyage dans le temps du Festival depuis ses débuts », confie Riendeau, qui s’est aussi fait plaisir avec quelques clichés plus artistiques.

C’est aussi à un sympathique voyage dans le temps que se sont livrés au cocktail de début de soirée les cofondateurs du FCMS, Malika Bajjaje et Denis Hurtubise.

Ce dernier a raconté comment il avait appris par téléphone qu’une rencontre se tenait afin de lancer un festival de cinéma.

« C’est un projet que nous avions, mais que nous gardions pour plus tard parce que nous étions encore nouveaux à Sherbrooke », a confié le président de la Maison du cinéma aux fidèles agglutinés au Pizzicato.

« Les astres se sont alignés et on s’est lancé, pour le meilleur et pour le pire », se réjouissent aujourd’hui encore Denis Hurtubise et Malika Bajjaje, toujours à la direction du FCMS.

La cinquième édition se déroule cette année sur sept jours, jusqu’à dimanche, sous la présidence d’honneur du comédien, auteur et metteur en scène Alexis Martin, qui préside le juré du volet international.

L’Aurore de Mathieu Désy

Bon. C’est pas tout ça me direz-vous, il faut encore s’organiser la semaine un peu afin de se faire plaisir aussi souvent et intensément que possible.

Oui. Mais allons-y doucement. Un jour à la fois, c’est ça la toune.

Et ce mardi qui se lève sur Sherbrooke s’annonce tout en douceur, même si quelques choix déchirants attendent les festivaliers en soirée.

Le trio du Sherbrookois Mathieu Désy et de ses complices Martin Lizotte et Justin Allard promet une expérience musicale unique lors de la présentation du film muet L’Aurore, mardi 19 h 30 au Granada.

Mais le ciné-concert L’Aurore, qui se déroule à 19 h 30 au Granada, devrait s’inscrire au programme des curieux et des amoureux de musique.

Le Sherbrookois d’origine Mathieu Désy, seul docteur en contrebasse au pays, a composé 25 des 28 pièces qui soutiendront le classique du cinéma muet de 1927. Le pianiste Martin Lizotte a composé les trois autres pièces qui seront interprétées par le trio complété par le percussionniste Justin Allard

« C’est un voyage organisé plus qu’un concert. La commande était de composer une musique pour rendre le film intemporel, le déplacer à une autre époque. On est donc parti sur complètement autre chose que la musique qui avait été faite pour le film à cette époque », raconte Mathieu Désy, de passage en ville samedi dernier pour accompagner Isabelle Boulay à ce même Granada.

« J’ai regardé environ dix minutes du film avec sa musique originale, puis je l’ai fermé pour me consacrer uniquement aux images, à l’histoire », poursuit encore Désy.

« À cette époque, la musique était très orchestrale, ça se rapprochait du bruitage tellement sa fonction était de mettre l’émotion en relief. Ça soulignait vraiment la trame. Là, on s’en va ailleurs », promet le musicien et compositeur qui a fait ses premières armes à l’école Sacré-Cœur avant de passer par le Séminaire et le Cégep de Sherbrooke, puis par le Conservatoire de musique du Québec, à Montréal.

L’Aurore de Friedrich W. Murnau met en place un trio amoureux tantôt dans un univers urbain, tantôt dans la ruralité.

« C’est sûr qu’on est dans un jeu un peu caricatural, c’est du cinéma muet, note Désy. Mais j’ai été touché par le jeu. Il y a de la nuance, beaucoup de sensibilité. J’ai été surpris par sa modernité. »

Aussi, le trio musical a-t-il choisi d’accompagner le spectateur dans sa découverte de l’œuvre sans chercher à accaparer son attention.

« L’auditeur ne sera pas dérangé, mais la trame est assez rythmée. Il y a de l’énergie du début à la fin, mais on souligne aussi les silences dans le film. »

Popcorn du jour

On va appeler ça comme ça, le popcorn du jour, ces trucs qui poppent dans la tentation du festivalier pas mal tout en même temps, lui causant peut-être de petits brûlements d’estomac.

Ainsi, si vous y allez pour L’Aurore à 19 h 30, vous devrez mettre une croix sur les films de 18 h 30 et 20 h 30, dont l’intrigant Nothingwood. Pas simple.

Par ailleurs, c’est aussi mardi soir, 18 h 30, que seront présentés à La Capsule les Pocket Films tournés par des élèves de Mitchell-Montcalm, de La Montée, du Séminaire et du Mont Notre-Dame.

Par ailleurs, peu importe la façon dont vous allez trancher à travers toutes ces possibilités, il devrait être assez simple de passer par le Kàapeh à compter de 17 h 15 pour y voir en rafale les meilleurs du Festival international du film d’animation d’Annecy 2017. Cette activité se tient cependant également jeudi midi et dimanche à 16 h.

Voilà, c’est parti les amis...