Paulette Brière-Roy, 87 ans, est très fière de son tatouage, un oiseau.

Le tatouage de grand-maman Paulette

CHRONIQUE / Anny, 21 ans, et Anne-Julie, 24 ans, n’en sont pas à leur première idée loufoque. Cette fois-ci par contre, les deux cousines ont poussé l’audace un peu plus loin en demandant à Paulette de se joindre à elles.

«Hé! grand-maman, viens-tu te faire tatouer avec nous?»

Paulette Brière-Roy, 87 ans, est reconnue pour être toujours partante. Il n’y a rien pour la ralentir, surtout pas son âge. À preuve, l’ancienne enseignante au primaire était nouvellement octogénaire lorsqu’elle a profité d’un voyage dans le Sud pour survoler la mer en étant reliée à un parachute accroché à un bateau.

Peur de rien la madame.

Alors quand ses petites-filles lui ont parlé d’un tatouage pour elle aussi, sa réponse a été instantanée: «Ben oui! Pourquoi pas?»

Surprises (et pas tant que ça) par l’aplomb de celle qui a déjà été conseillère municipale, Anny et Anne-Julie en ont glissé un mot aux quatre autres petits-enfants de Paulette: Simon, 18 ans, Catherine, 27 ans, Évelyne, 30 ans et Dominic, 43 ans.

«Est-ce que ça vous tente de vous faire tatouer avec nous?»

Sachant que grand-maman ne leur refuse jamais rien, ils ont tous dit oui à l’initiative des cousines qui consistait à se faire tracer à l’encre indélébile le même signe d’appartenance.

Parfait, mais lequel?

À quelques heures du rendez-vous dans un salon de tatouage de Trois-Rivières, grand-maman et ses six petits-enfants déjeunaient dans un resto en se demandant toujours sur quelle image ils allaient arrêter leur choix final.

Il fallait obtenir un consensus général. Le dessin ne devait pas être ni trop féminin pour les gars, ni trop masculin pour les filles, et tenir compte du point de vue de leur grand-mère qui chaque semaine, va à la messe du dimanche avant d’aller bruncher avec des copines de son âge.

«Tu n’auras jamais fini de nous étonner!», allaient-elles sûrement lui dire en découvrant son bras tatoué.

C’est Paulette qui a eu le dernier mot ou, devrais-je plutôt écrire, la meilleure idée.

«Mon mari aimait beaucoup les oiseaux», explique Paulette en parlant de son Onil qui avait toujours un livre d’ornithologie sous la main et des mangeoires remplies à ras bord.

Anny et Simon Lemyre-Roy sont deux des six petits-enfants de Paulette Brière-Roy. - Photo: François Gervais

«Approche de la fenêtre! Regarde! Juste là! Le vois-tu?» demandait-il à ses petits-enfants qui n’avaient pas toujours son oeil d’expert pour apercevoir l’oiseau rare entre les branches.

La proposition de grand-maman a été acceptée à l’unanimité, d’autant plus qu’elle a eu cette phrase qui a ému ses six petits-enfants.

«Quand vous regarderez votre tatouage, vous penserez à grand-maman et à grand-papa. Si vous êtes dans la misère ou que quelque chose ne va pas bien, dites-vous qu’on sera toujours prêts à voler pour aller vous aider.»

Le hasard a voulu que la séance de tatouage pour cinq d’entre eux se déroule le 21 juin, soit le même jour que le dixième anniversaire du décès d’Onil Roy. L’homme aurait certainement contemplé l’oiseau unique que son épouse et ses petits-enfants portent maintenant sur eux.

C’est Paulette qui a cassé la glace en confiant, la première, son bras droit à Sébastien Chalifour qui a pris tout son temps avec l’aînée de la famille. Aimable, l’artiste s’est régulièrement informé auprès d’elle: «Ça va toujours bien?»

Ça allait numéro un, même que la dame a eu envie de jouer un tour à ses petits-enfants en train de la regarder se faire tatouer: «Ça a passé proche que je lâche deux ou trois petits cris pour les énerver un peu!»

Elle s’est abstenue de faire sa blague, sachant que certains d’entre eux entendaient moins à rire avec les aiguilles.

Mais quand même, cela a dû vous pincer un peu non?

«À mon âge, j’en ai vu d’autres», soutient Paulette qui, en plus d’avoir accouché à cinq reprises, a subi en octobre dernier une mastectomie. Ce n’est donc pas un tatouage qui allait effrayer celle qui a dû se faire enlever un sein en raison d’un cancer.

Paulette Brière-Roy ne manque pas de qualificatifs pour décrire cette «journée fantastique» et cette «expérience extraordinaire» qu’elle vient de vivre avec ses petits-enfants admiratifs. Leur grand-maman est la preuve qu’il n’y a pas d’âge pour se faire tatouer.

«Ce n’est pas parce que tu as 87 ans que tu ne peux pas faire ça!», affirme la femme avant d’ajouter avec humour que la peau de son bras tombe moins qu’ailleurs. Les ailes de l’oiseau ne risquent pas de s’allonger avec les années.

Paulette est un pilier pour sa famille, celle chez qui toutes les occasions sont bonnes pour se rassembler. C’était encore le cas samedi, pour le traditionnel pique-nique bières et saucisses qui a eu lieu le jour même où les deux derniers petits-enfants, dont Anny, avaient rendez-vous avec le tatoueur.

«Ce tatouage nous unit. On n’avait pas besoin de ça pour passer du bon temps ensemble, mais c’est comme une valeur ajoutée!», souligne la petite-fille qui est visiblement fière d’avoir eu cette «idée de fou» avec sa cousine Anne-Julie.

«L’amour, c’est plus fort que la police», a toujours répété Paulette à ses petits-enfants.

Aujourd’hui, ils sont tous les sept, marqués du même bel oiseau pour s’en souvenir à jamais.

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Évidemment que la femme était parfaitement au courant. Un an plus tôt, le 20 mai 2016, c’est elle qui avait pris la décision de s’inscrire au programme d’autoexclusion de Loto-Québec. Dès lors, et pour une période d’au moins cinq ans, la joueuse endettée jusqu’au cou s’engageait à ne plus remettre les pieds dans les casinos et salons de jeu de la province.

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CHRONIQUE / Michel Favreault n’aura pas eu la mort qu’il espérait avoir, celle pour qui il n’hésitait jamais à prendre la plume et la parole, sans tabou et sans détour.

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Isabelle Légaré

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Isabelle Légaré

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Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / «Tu sais que je t’ai fait des affaires quand t’étais p’tite.»

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