Isabelle Légaré

Un sourire, une fierté, un cliché

Les épaules légèrement voûtées, Carole Dumont s’assoit nerveusement sur la chaise de l’esthéticienne qui, telle une magicienne, s’exécute avec son pinceau à fard à joues. C’est la première fois que la femme de 49 ans se fait maquiller par une professionnelle. Tout en parlant pour chasser sa fébrilité du moment, elle jette un regard furtif dans le miroir qui lui renvoie un visage plus rayonnant qu’à son arrivée. La sinistrée est la première surprise du pouvoir d’un peu d’ombres à paupières sur son quotidien qui manque d’éclat ces jours-ci.

«Ah, mon doux!», répète-t-elle avant de prendre place sur le fauteuil de la coiffeuse qui s’est amusée à donner un effet bouclé à ses cheveux. 

Carole n’en revient pas. C’est Noël avant le temps pour celle qui, le 18 novembre dernier, a dû être évacuée en catastrophe de son logement. L’immeuble qu’elle habitait sur l’avenue Defond, à Shawinigan, a été la proie des flammes. Hébergée depuis chez un ami, la dame a participé lundi à la séance de photos gratuite pour les personnes à faible revenu, un événement organisé par le Centre Roland-Bertrand avec la complicité de la photographe Geneviève Trudel. 

«Ok, Carole, tu me regardes ici. Tu es heureuse! Vraiment heureuse! C’est ça, parfait. Tu ne bouges plus.»

Quelques clics et c’était réglé. La prise de photos terminée, Carole Dumont n’en finissait plus d’afficher un air radieux. Oui, elle était joyeuse et pas seulement pour faire plaisir à la photographe. Elle a quitté le local le dos bien droit avec son portrait encadré sous le bras. Ça aussi, c’était une première.

Quelque 110 personnes ont fait comme elle. Hommes, femmes et enfants ont envahi les locaux de l’organisme pour y recevoir un coup de pouce autre que des denrées non périssables ou des vêtements à prix dérisoire. Seuls, en couple ou en famille, ils se sont présentés devant l’objectif de la caméra, la fierté gonflée à bloc. Le temps d’un cliché, ils ont flirté avec l’estime de soi, un besoin essentiel aussi.

Guylaine Gélinas ne s’est pas fait prier non plus pour immortaliser ce moment de grâce avec son amoureux. «C’est big!», a-t-elle laissé échapper en souriant la bouche fermée. «Je n’aurai pas mon partiel avant une couple de semaines...»

Isabelle Légaré

Un grillon avec ça?

«Yeurk!» C’est le premier mot qui a sorti de ma bouche avant d’y faire entrer un grillon en état de sécheresse avancée.

«Ça goûte le sel de céleri!», m’a juré une étudiante pour me convaincre de desserrer les lèvres. La voyant tout sourire, j’ai fermé les yeux en essayant de m’imaginer le rebord givré d’un verre de Bloody César... et j’ai croqué l’insecte que j’avais pris soin de choisir sans antenne pour éviter que ça se retrouve coincé entre les dents. 

Je ne suis pas morte étouffée. Je n’ai pas été malade non plus. J’en ai même repris un petit dernier pour la route, la preuve qu’on s’habitue à tout. 

Madelaine Rouleau les trouve «vivants et allumés». Pas les grillons. Ses étudiants. Ce sont eux qui ont eu l’idée de tenir cette semaine un kiosque d’entomophagie au beau milieu de la cafétéria du Cégep de Trois-Rivières. 

«Viens manger des bibittes!» disait l’écriteau sur lequel était également exposé que la consommation d’insectes, qui sont riches en protéines, en fer et en acides gras, peut constituer une alternative à la faim et à la malnutrition dans le monde. 

«C’est aussi bénéfique pour l’environnement», affirment en chœur Sophie Beauséjour, Jade Frenette et Charles Taillon, trois étudiants du cours Défis de notre planète offert dans le cadre du programme sciences humaines, profil monde.  

«Il faut 15 000 litres d’eau pour produire un kilo de bœuf qui se retrouvera dans votre assiette, mais pour la même quantité d’insectes, il faut seulement 10 litres d’eau», donne en exemple Sophie, secondée par Charles qui rappelle: «Faire l’élevage de bœuf exige d’occuper beaucoup d’espace. Pour ce qui est des insectes, un vivarium peut faire l’affaire.» Quant à Jade, elle souligne que ces petites bestioles se nourrissent pratiquement toutes seules - avec des résidus organiques - contrairement à un troupeau de bovins qui réclame des soins et une alimentation spécifique. Et c’est sans parler des gaz à effet de serre... 

Isabelle Légaré

Mourir pour ça?

Avez-vous un cellulaire? Question inutile, j’en conviens. Tout le monde en a un. Vous regarderez plus tard, ce n’est pas urgent, mais que dit votre plus récent texto? Celui que vous avez envoyé ou reçu, peu importe.

Personnellement, j’ai écrit à l’ado juste avant de quitter le bureau pour la maison. «T’as le goût de quoi pour souper?» Le mot «Pizza!» est apparu quelques minutes plus tard à l’écran de mon téléphone portable, au moment où je démarrais la voiture. Le temps de trouver et de peser sur le symbole du pouce en l’air que j’étais en route. 

«Êtes-vous prêts à mourir pour ça?» 

C’est Alain Bilocq qui nous pose la question en sachant pertinemment que la réponse est non. Personne ne veut se tuer en conduisant d’une main et en demandant de l’autre: «Toute garnie ou végétarienne?» 

N’empêche que ça arrive, des décès causés par des messages très souvent anodins échangés quand ce n’est pas le bon moment ni le bon endroit.

Le neurochirurgien compte au moins deux patients qui sont morts parce que selon toute vraisemblance, ils étaient concentrés à lire ou à écrire sur leur cellulaire, mais pas à conduire prudemment. Il le sait parce que les interlocuteurs de ces victimes lui ont avoué, anéantis: «On se textait puis à un moment donné, il ne me répondait plus...»

Le médecin ne tient pas de statistiques. Son rôle ne consiste pas à connaître tous les tenants et aboutissants reliés à un accident de la route, mais une chose est certaine: «J’ai connaissance dans ma pratique de plusieurs cas où le texto est impliqué.»

En apprenant qu’un jeune homme a embouti un chasse-neige en plein après-midi, alors que les conditions météo et routières étaient parfaites, le docteur Bilocq ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un cellulaire là-dessous. Il poserait bien la question au conducteur étendu sur la civière, mais ce dernier est plongé dans un profond coma et s’il en sort vivant, son existence d’avant ne sera probablement qu’un vague souvenir. Victime d’un grave traumatisme crânien, le gars voué à un brillant avenir devra apprivoiser des troubles moteurs, cognitifs, de comportement... À moins d’un miracle, l’invalide ne pourra jamais retrouver son emploi ou reprendre ses études là où tout s’est brusquement arrêté.

Tout ça pour ça. 

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Isabelle Légaré

Alcool, politique et lendemains de veille

Nous sommes le 20 mars 1979. Yvon Picotte sait que ça ne peut plus durer. Dans les corridors du parlement de Québec, son problème d’alcool est un secret de Polichinelle. «Il y a un ‘‘mais’’ à côté de mon nom et ça me fait suer.»

On chuchote dans son dos: «Yvon, c’est un bon gars, mais... C’est quelqu’un qui aurait de l’avenir, mais... C’est un homme qui a du jugement, mais...» Les collègues ne finissent jamais leur phrase. Pas la peine. Les journées de celui qui est alors député libéral dans Maskinongé se ressemblent de plus en plus. 

Le matin, ça allait relativement bien. Il avait les idées claires malgré son verre de jus d’orange et vodka. À midi, c’était déjà plus compliqué. «Je n’étais plus capable de prendre mes responsabilités.» À 15 h, le mal était fait. Le politicien devait se faire remplacer aux travaux de la commission parlementaire.

«J’avais déjà bu un 40 onces», dit-il avant d’ajouter que la soirée était l’occasion de s’envoyer une deuxième, voire une troisième bouteille de «fort» derrière la cravate.

Le 20 mars 1979, le député a composé le numéro de téléphone de Jean-Paul Diamond. Les deux hommes s’étaient connus à Louiseville où, avant de se lancer en politique, Yvon avait dirigé un centre d’éducation aux adultes. Jean-Paul y avait étudié. L’enseignant ne buvait pas une goutte d’alcool à l’époque - «J’avais horreur de la boisson» - mais l’élève, lui, avait la réputation de prendre un coup solide.

«J’étais un buveur de bière industrielle», admet celui qui vidait les bouteilles les unes après les autres, jour après jour et depuis des années. «Son rêve était de boire une van au complet!», raconte Yvon Picote en se tournant vers son voisin de table qui ne le contredit même pas.

Or, des années plus tard, c’était le monde à l’envers. Depuis son élection, en 1973, Yvon Picotte s’était laissé envahir par les effets sournois de l’ivresse. «J’aimais le feeling de la boisson, pas le goût.» Quant à Jean-Paul Diamond, il avait complètement cessé de boire le 11 novembre 1973, lorsqu’un ami lui a fait réaliser que tant et aussi longtemps qu’il ne touchait pas à la première bière, il augmentait ses chances d’ignorer la deuxième, la troisième et ainsi de suite, jusqu’à plus soif.    

«Jean-Paul, je n’en peux plus... Tu vas me dire ce qu’il faut faire pour boire comme du monde», lui a lancé Yvon Picotte au bout du fil avant de prendre le train en direction de son comté. «Au moins, j’ai eu l’intelligence de ne pas conduire.»

L’ancien élève l’a accueilli et écouté sans jugement avant de lui dire cette phrase que le député amoché a retenue en calant son Dry Gin. «Si demain matin, tu décides d’arrêter de prendre un verre, appelle-moi et j’irai à Québec avec toi.»

Jean-Paul Diamond dormait quand le téléphone a sonné à 4 h 30 du matin. C’était Yvon qui voulait essayer d’arrêter. Essayer... C’était un bon début.  

Le jour même, les deux hommes sont retournés au parlement où le député s’est aussitôt dirigé vers le bureau de Robert Lamontagne, alors whip de l’opposition officielle. C’est Jean-Paul qui raconte la scène: «Yvon a ouvert la porte et lui a dit: ‘‘Robert, je suis alcoolique. À partir de ce matin, je ne prends plus un coup. Si tu as besoin de mes services, je suis capable de t’aider.’’ Et il a refermé la porte.» 

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour du chef du parti, Claude Ryan, de recevoir la visite impromptue de son représentant dans Maskinongé: «J’ai décidé d’arrêter de boire. Vous savez maintenant que je suis disponible.»

Claude Ryan a levé les yeux vers lui. «Je ne sais pas si je devrais vous croire?» Avec son franc-parler, le député lui a répliqué, piqué au vif: «Ça m’a coûté assez cher pour boire, je ne vais pas vous payer pour que vous tâchiez de comprendre que j’ai arrêté.» Et il a refermé la porte.

Yvon Picotte est convaincu de s’être rendu service en annonçant ses couleurs deux fois plutôt qu’une. Maintenant que l’homme fier et orgueilleux s’était commis, il n’avait plus le choix de tenir parole pour faire disparaître le «mais» à côté de son nom.

Il n’a plus jamais repris d’alcool depuis. 

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Jean-Paul Diamond, 77 ans, et Yvon Picotte, 76 ans, préfèrent dire qu’ils sont sobres une journée à la fois plutôt que de mettre l’accent sur leur abstinence des quarante-quatre et trente-huit dernières années.  

«L’alcoolisme, c’est la maladie des émotions», soutient celui que toutes les serveuses appellent Yvon dans le restaurant où nous avons rendez-vous. 

J’ai affaire à «deux vieux chums», se présentent-ils eux-mêmes, qui sont visiblement ravis de partager leur vécu en tandem. Le sujet n’est pas tabou. Entre deux gorgées de café, les anecdotes et confidences coulent à flots.  

Au lendemain de cette soirée du 20 mars 1979, Jean-Paul a été le premier à encourager Yvon à fréquenter aussi souvent que nécessaire un groupe d’entraide pour personnes aux prises avec un problème d’alcool. Il était passé par là avant lui. 

Quand, neuf ans plus tard, Yvon Picotte a été nommé ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche au sein du cabinet de Robert Bourassa, il a de nouveau fait appel à son ancien élève devenu mentor, mais cette fois, pour lui proposer de travailler à ses côtés en tant qu’attaché politique.

«Je pense que c’est le plus beau moment de notre histoire. Je savais que Jean-Paul était un gars fiable et responsable.»

Ce dernier sourit en entendant son compagnon d’armes s’exprimer ainsi. À le croire, ce nouveau défi a été un cadeau de la vie pour toutes ses années de sobriété, une façon de se faire dire de ne pas lâcher.

«Si je n’avais pas décidé d’arrêter de boire le 11 novembre 1973, je serais mort depuis longtemps», soutient Jean-Paul Diamond qui a finalement connu une longue carrière en politique, notamment à la mairie de Saint-Alexis-des-Monts puis à titre de député du comté de Maskinongé.

***

Les occasions pour boire de l’alcool sont nombreuses en politique. Dîners d’affaires, cocktails-bénéfice, soupers de reconnaissance, soirées mondaines... Les élus sont attendus partout avec un verre de l’amitié. 

«Non merci», ont chaque fois répondu Jean-Paul Diamond et Yvon Picotte pour qui ce n’était pas une épreuve de boire de l’eau pétillante pendant un 5 à 7 bien arrosé. Ils n’ont jamais flanché. Au besoin, ils quittaient plus tôt, en gardant en tête les témoignages d’espoir entendus au sein de leur groupe d’entraide. 

Un jour, quelqu’un a fait cette réflexion à Jean-Paul Diamond qui aime la répéter: «Il existe deux verres en politique, un pour te remercier et l’autre pour t’enfarger. Rendu au troisième, tu ne sais plus où t’es rendu.»

«Un alcoolique qui prend de l’alcool règle les problèmes de tout le monde. Il a une solution à tout. Tu n’as jamais vu autant de spécialistes que dans une taverne», soutient Yvon Picotte qui, depuis sa retraite du monde politique, est directeur du pavillon Nouveau Point de vue, une maison de désintoxication à Lanoraie.

***

André Boisclair a récemment été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies à sa sortie d’un bar de Québec.  

Yvon Picotte ignore si l’ancien chef du Parti québécois a un problème d’alcool et il n’a surtout pas l’intention de le lui demander.  Le seul qui peut se poser la question et y répondre, c’est André Boisclair lui-même. Sauf que...«S’il m’appelait en me disant qu’il a besoin d’aide, je partirais vers lui en courant.»

Du temps qu’il siégeait à l’Assemblée nationale, l’ex-député et ministre a ouvert sa porte à des collègues de tous partis confondus qui avaient besoin de parler à une personne de confiance pour discuter de leur consommation d’alcool en perte de contrôle. «J’veux voir Picotte!», a déjà réclamé un adversaire politique qui venait de virer une brosse.  

Comme Jean-Paul Diamond l’avait fait pour lui des années plus tôt, il a pris le temps d’écouter ce confrère, sans juger. «Aider quelqu’un, c’est primordial. Tu ne résistes pas devant une personne en train de se noyer.»

Entre les lignes

Histoire de cernes

CHRONIQUE / Le syndrome du voisin gonflable ne m’a jamais affectée. La preuve, pendant qu’autour de moi tout le monde textait, facebookait ou pinterestait à partir d’iPhones 6 et plus ou de Samsung Galaxy gros comme des tablettes, moi, je me contentais de mon petit iPhone 4 noir, ton sur ton. Oui, celui lancé juste après le flip.

Vous savez, contrairement à la croyance populaire, je pouvais l’utiliser pour appeler et envoyer des courriels ! 

C’est vrai, je vous l’accorde, je ne pouvais pas coller le GIF d’une otarie qui applaudit pour exprimer ma joie en image, mais dans l’ensemble, mon cellulaire « faisait la job », comme on dit. 

Dire que j’ai souvent fait rire de moi en sortant cette antiquité de mes poches (surtout au bureau) serait toutefois un euphémisme.

Même si mon estime personnelle n’était pas en chute libre devant tout ce sarcasme, j’ai dit « Oui ! » quand mon chum m’a offert son vieux iPhone 6 Plus dernièrement. Il entre plus serré dans mes poches, mais je n’ai plus besoin d’une deuxième paire de lunettes quand je navigue sur Internet.

Bref. Un matin, j’arrive au bureau, fière de montrer à mes collègues que, comme eux, je suis à-la-fine-pointe-de-la-technologie. Bien sûr, ça en prend plus que ça pour les impressionner. D’ailleurs, mon « nouveau » côté full techno a vite pris une débarque quand, tout bonnement, mon patron est passé à côté de mon bureau en m’annonçant qu’il venait de partir son souper... avec son téléphone cellulaire.

Bon, je connais les grandes lignes de la domotique, mais de savoir que quelqu’un pouvait partir la cuisson de son rôti de lard à distance, ça, je n’avais encore jamais vu ça. Moi, je suis encore à l’étape d’applaudir le génie qui se cache derrière ma mijoteuse. On part de loin...

En fait, Marc a expliqué à la néophyte que je suis qu’il possédait un thermocirculateur. Un ANOVA Precision Cooker. C’est un récipient qu’on remplit d’eau dans laquelle on plonge nos aliments à cuire emballés sous vide. « Par un procédé d’équilibrage thermique, la bouffe cuit en atteignant la température de l’eau et, comme ça, rien n’est jamais surcuit ! », qu’il m’a dit, avec tous les termes scientifiques liés au phénomène.

Sa machine, liée à une application et une panoplie de recettes, il peut la contrôler à distance avec son téléphone. « Un jour, ils vont sans doute faire une application pour les Apple Watch », qu’il m’a lancé en jetant un œil... à son Apple Watch.

Bla,bla, bla...

On n’arrête pas le progrès.

Qu’est-ce qu’il a fait cuire avec son téléphone, le cuistot ?

Des œufs à la coque !

Ça m’a pris le temps de cuisson d’un œuf tourné avant d’arrêter de rire.

— Tout ça pour faire cuire des ŒUFS À’COQUE ? , que je lui ai balancé. Pis ça va cuire pendant combien de temps ton festin ?

Quand il m’a annoncé que ça allait prendre 45 minutes, j’ai failli demander qu’on me réanime tellement je riais.

Wow, ça c’est de l’efficacité !

Les nouvelles technologies ne sont pas censées nous faire gagner du temps ?

Bof, si le souper se fait pendant qu’on est au bureau, on s’en fout pas mal du temps que ça prend finalement, que je me suis dit. 

Pourvu que ce soit prêt une fois à la maison.

Moi, la folle, je passe mes dimanches après-midis à faire de la bouffe pour la semaine. Quand je ne le fais pas, je cours comme un singe toute la semaine et on ne soupe jamais avant 19 h.

Paraît que les œufs patronaux étaient « soyeux et sans aucun cerne noir à l’intérieur » ce soir-là.

Si je m’ouvrais, moi aussi, à toutes ces bébelles technos destinées à la cuisine, peut-être que moi aussi je serais moins cernée.