Entre les lignes

L’orgasme de l’oiseau moqueur

CHRONIQUE / « Profites-en, Isa. Moi, ça fait super longtemps que j’en ai eu un... » Ces paroles sont celles d’une collègue jalouse. Cet après-midi-là, je n’avais pourtant reçu ni bouquet de fleurs ni compliment. Ce qu’elle m’enviait, c’est le fou rire qui venait de me frapper de plein fouet.

Pour vous mettre en contexte, au bureau, on parlait de « faire son épicerie ». Il était question d’endroits et de moments pour le faire. Une conversation somme toute banale, commune dans tous les bureaux. Tous les jours. Dans la discussion, j’attendais toutefois le moment idéal pour me moquer d’un collègue qui, un jour, avait partagé avec nous son grand plaisir d’arpenter les allées d’un supermarché en-prenant-tout-son-temps. À l’écouter, le temps passé à se promener entre les céréales et les cannes de soupes aux pois représentait le highlight de sa semaine. Pauvre lui. Il ne m’en fallait pas plus pour profiter du sujet pour lui balancer en pleine poire à quel point il menait une vie plate. Un sourire dans la voix, bien sûr.

Entre les lignes

Autour de la Keurig

Le livre «The You Code» ne date pas d’hier et les critiques de certains lecteurs publiées sur les Internet ne sont pas toutes tendres. Malgré tout, je pense bien le lire. Je le classerai ensuite dans la catégorie des lectures légères et divertissantes. De quoi ça parle ? Les auteurs y dévoilent ce que certaines de nos habitudes nous apprennent sur nous.

Par exemple, notre façon de manger un spaghetti ou celle de ranger notre bureau en diraient long sur notre personnalité. Ce que nous mettons dans notre sandwich au jambon ou le genre d’émissions de télé qu’on écoute aussi.

Spécialisés dans l’analyse du langage du corps, ils y abordent également, paraît-il, ce que nos préférences en terme de café révèlent sur nous. Adeptes du café latté ou du cappucino, sachez qu’une seule tasse de votre boisson préférée peut révéler à la face du monde si vous êtes anxieux, immatures, extravertis ou raffinés.

Entre les lignes

Des fois, une bonne tape...

CHRONIQUE / L’autre jour, mon ami médecin revenait du boulot à pied quand son voisin, qui est aussi son patient, a tout lâché pour courir lui donner un gros câlin. Là, sur le trottoir. « Merci ! Grâce à toi, je ne perds plus mes clés ! », qu’il tenait à lui dire.

Quelques jours avant, une dame s’était présentée à l’hôpital avec son mari souffrant et elle avait accueilli ce même ami docteur avec son plus grand sourire, trop heureuse de « tomber sur lui » à l’urgence.

Entre les lignes

Après la pluie...

CHRONIQUE / Les mardis, mercredis et jeudis, la salade maison est à moitié prix à la boucherie du quartier. Mardi dernier, j’hésitais donc entre les pâtes au pesto et l’orzo aux légumes quand j’ai eu l’agréable surprise de voir arriver un de mes cousins. Un cousin tout bronzé qui, visiblement, n’avait pas passé les dernières semaines au Québec. Vérification faite, il revenait de la Floride. Paraît qu’il y a fait suuuupeeeeer beau et chaud. Parfois même trop.

Il ne m’en fallait pas plus pour que je lui déballe mon écœurantite plus qu’aiguë de voir le printemps tarder et le soleil éteint. En fait, je pense que personne dans la province n’est plus tanné que moi du frette pis de la pluie.

Entre les lignes

L’impact de l’avion en papier

CHRONIQUE / La leçon portant sur l’importance de poser des questions claires, nettes et précises, ma fille de bientôt dix ans semble l’avoir parfaitement intégrée. Celle-là, et l’autre sur la façon de tendre un piège efficace...

— Maman, as-tu mal dans le dos ?

Entre les lignes

36C et 4S

CHRONIQUE / Avec une vieille maison, on s’habitue aux portes qui grincent, aux planchers qui craquent et aux fenêtres qui sifflent. Mais quand quelque chose de neuf se met soudainement à se manifester, on dirait qu’instantanément, notre niveau de tolérance s’amenuise. J’ai frôlé la folie récemment, en réalisant que le bruit qui me poursuivait et m’incommodait depuis le début de la journée venait de... mon soutien-gorge !

Chaque mouvement se voyait accompagné d’un grincement localisé à la base des omoplates.

Entre les lignes

Un seul mot

CHRONIQUE / Luc et Martine forment un couple depuis des années. Comme plusieurs, ils ont souhaité un jour passer à une autre étape en devenant une famille. Mais la vie en a décidé autrement. Jamais Martine n’est tombée enceinte naturellement, et ce, après des mois et des mois de tentatives.

Nés à une époque où la médecine arrive à faire des miracles, ils décident donc de se tourner vers la procréation assistée. Pour la magie, on repassera. Rien n’est simple. Pire : pour eux, rien ne fonctionne. Pendant ce temps-là, le temps passe...

Entre les lignes

Orange Crush et pantacourt

CHRONIQUE / La mode printemps-été étant sortie depuis le lendemain de l’Épiphanie, peut-être même avant, j’ai décidé d’aller y jeter un coup d’œil récemment. Le fleuri a toujours la cote. Sur les étagères, le bleu marine compétitionne avec le lavande, et le palazzo et le pantalon cargo tentent de se tailler une place devant le populaire mom jeans. J’ai déniché des choses intéressantes qui vont s’agencer à merveille avec les journées chaudes et ensoleillées… si dame Nature se décide à nous en envoyer quelques-unes d’ici septembre.

Mais de tout ce que j’ai vu cette journée-là, la plus jolie ne pendait au bout d’aucun cintre. Elle ne s’offrait ni en petit ni en large et n’était pas présentée en ordre croissant dans des piles sur des tables. En fait, parmi la diversité de tailles, de couleurs et de textures qu’offrait la boutique, j’ai vu l’amitié. Celle qui dure.

Entre les lignes

Facebook le fascinant

CHRONIQUE / Perplexe, hilare, troublée, émue, découragée. Êtes-vous comme moi ? Est-ce que ces sentiments vous habitent quand vous faites défiler les innombrables publications qui colorent votre fil « d’actualités » Facebook ? Des fois, c’est vrai, certaines choses font vraiment réfléchir ou nous bouleversent. Mais (trop) souvent, elles nous désespèrent du genre humain. À petite et à grande échelle. Jeudi dernier, en moins de 12 minutes, je suis passée par toute la gamme des émotions.

Dans la catégorie « Ben voyons donc ! », la médaille d’or revient à une dame qui, visiblement, a manqué le bateau nommé Perspicacité quand il est passé. En même temps, je la remercie, car sa question colle parfaitement au mandat que je me suis donné en lançant Entre les lignes il y a quelques années, soit de parler, à l’occasion, des dessous liés à mon métier, aux articles que je rédige ou corrige et aux gens que je rencontre. Celui de vous montrer l’envers du décor.

Entre les lignes

Le goût du silence

CHRONIQUE / Un de mes p’tits bonheurs, c’est d’aller dîner à la maison. Seule. Même si mon menu se résume en un sandwich fait avec les croûtes qui traînent dans le fond du sac à pain ou aux maigres restes de la veille, je vis chaque fois ce moment comme une fête. Pourquoi ? Parce qu’il me permet de savourer... le silence.

C’est quand la dernière fois où vous l’avez entendu ? Le vrai là. Celui pendant lequel on se surprend à découvrir les battements de notre cœur dans nos oreilles.