Les refuges fermés avec matelas, poêle au gaz et équipement de cuisine fournis permettent d’alléger considérablement les sacs.

Initiation à la randonnée longue distance

Les randonnées longue distance, qui s’étalent sur plusieurs jours, peuvent sembler insurmontables de prime abord. Il faut transporter une tente, un matelas de sol et un sac de couchage, en plus de la nourriture pour plusieurs jours. Il faut aussi traiter son eau en chemin.

Il s’agit pourtant d’expériences magnifiques, qui permettent une véritable plongée en nature.

Heureusement, on n’a pas besoin de se lancer en complète autonomie dès notre première randonnée longue distance; plusieurs formules mitoyennes existent pour s’initier à cette pratique doucement.

La Demi-traversée de Charlevoix, d’une durée de trois ou quatre jours, en est un exemple. Comme les randonneurs dorment dans des refuges fermés, avec matelas fournis, tout comme le poêle au gaz et l’équipement de cuisine, les sacs s’allègent considérablement, et on n’a pas besoin de posséder beaucoup de matériel pour participer.

Quand même un défi

Attention, même si les refuges sont bien équipés, la randonnée représente quand même un défi : en plus de marcher quatre jours de suite sur une distance prédéterminée, il faut porter un sac de couchage, des vêtements de rechange, de la crème solaire, du chasse-moustique, de quoi traiter l’eau et tout le tralala, mais surtout, de la nourriture pour quatre jours.

Le tout demande une bonne préparation, mais heureusement, plusieurs ressources existent sur internet pour vous aider à faire votre sac, il faut juste s’y prendre à l’avance.

Pour ce qui est des journées de marche, la première est à peine un réchauffement (4 km sur le plat), ce pourquoi certains la combinent avec la deuxième, qui fait autour de 15 km. Lors de la troisième, on marche 10 km – ou 19 km, si on monte en plus la montagne de la Noyée – et la quatrième autour de 15 km aussi. On sort en plein parc des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, pratiquement au pied de l’Acropole des Draveurs – mais à moins d’être expérimenté, on ne vous conseille pas de la grimper directement après la Demi-traversée, pour le bien de vos genoux.

Les sentiers sont plutôt bien balisés tout au long de la Demi-traversée. Ils comprennent des montées, des descentes et du plat, avec un ratio assez balancé pour passer des journées agréables et être capable de discuter en marchant. C’est d’ailleurs conseillé pour éloigner les ours : des traces sont visibles un peu partout dans les sentiers pour vous rappeler qu’ils se pointent le museau de temps en temps, même s’il reste rare d’en voir pendant la randonnée.

Le sentier passe principalement dans des sous-bois et se navigue bien, surtout avec des bâtons de marche. Les amateurs de points de vue spectaculaires pourront être déçus pendant la randonnée, mais il y a de quoi se ravir près des refuges, toujours à proximité d’une petite rivière ou d’un lac. D’ailleurs, vous devriez arriver dans ceux-ci en milieu d’après-midi, donc il peut être agréable d’amener un livre ou de quoi s’occuper, car sans électricité et (pratiquement) sans réseau cellulaire, le temps peut être long.

Évidemment, il reste aussi l’option de socialiser avec les autres randonneurs : les refuges peuvent accueillir jusqu’à 15 personnes à la fois.

On réserve à l’avance sa place pour la Demi-traversée. Le jour de notre départ, on s’enregistre aux bureaux de l’organisme à but non lucratif qui gère le tout, à Saint-Urbain, à une vingtaine de minutes de voiture de Baie-Saint-Paul. Le départ se fait à la ZEC des Martres, un petit cinq minutes de voiture plus loin. Le point de sortie de la randonnée se trouve toutefois à 1 h de voiture du départ; à moins d’être adeptes du pouce ou d’avoir des amis pour vous déplacer dans Charlevoix, vous pouvez prendre le service de déplacement de voiture, pour 115 $. Celle-ci vous attendra bien sagement dans le stationnement du parc national le jour de votre sortie.

Pour tous les détails on peut visiter le site traverseedecharlevoix.qc.ca. Celui-ci contient aussi les informations sur la Traversée complète, d’une durée de six ou sept jours, et des formules « de luxe » avec transport de bagages ou dépôt de nourriture.                                                         

FRAIS (taxes incluses)

- 35 $ par nuit par personne

- 8,60 $ par personne pour le permis de circulation dans le parc des Hautes-Gorges

- 115 $ pour le déplacement de votre voiture à la fin du trajet (optionnel)

OÙ MANGER?

Baie-Saint-Paul ne manque pas de restaurants sympathiques pour aller souper. Mais à quel endroit vous arrêter si vous finissez votre randonnée un peu éméchés et avec une pressante faim de loup? Au casse-croûte Le Rond Point. Depuis qu’il a été racheté par le propriétaire du Mouton Noir Thierry Ferré, on peut lire sur sa carte des plats comme : croque-monsieur au jambon bio, fromage Saint- Fidèle, sauce béchamel et oignons confits... pour 5 $. À ne pas manquer.
Le Rond Point
96, rue Leclerc    

OÙ DORMIR?

Vous voulez profiter de l’occasion pour passer une nuit à Baie-Saint-Paul?

En formule tente, le Camping du gouffre, où a jadis été tourné le film La guerre des tuques, est un excellent choix à quelques minutes de route du centre-ville. Si possible, demander un emplacement à l’écart des lignes haute tension d’Hydro.
Camping du gouffre
439, chemin Saint-Laurent
418 435-2143

En formule luxe, on vous suggère le gîte Le Noble Quêteux, un peu à l’écart de la ville. Son déjeuner vole la vedette : on déguste les assiettes truffées de produits locaux sur le grand balcon de la maison, avec vue sur le fleuve au loin et, si on est chanceux, spectacle de colibris juste à côté de la table. Calme garanti.
Gîte Le Noble Quêteux
8, côte du Quêteux
418 240-2352