Le prince Harry, son épouse Meghan et leur enfant partageront-ils réellement leur temps entre le Canada et le Royaume-Uni? À voir.

Harry et Meghan, la ligne rouge

CHRONIQUE / Que le prince Harry et son épouse Meghan veuillent vivre leur présent plutôt que de perpétuer les traditions de la famille royale, grand bien leur fasse. Tous nos vœux de bonheur! C’est un choix qui sera sans doute sain pour eux. Mais les contribuables canadiens et québécois ne devront pas assumer les coûts de leur sécurité s’ils s’établissent bel et bien une partie de l’année au Canada.

Qu’on le veuille ou non, qu’on soit dans le camp de ceux qui acceptent ne serait-ce qu’à contrecœur la monarchie ou qu’on soit dans celui de ceux à qui elle répugne, le Canada a certaines obligations envers la famille royale britannique. La reine Élisabeth II est la chef d’État du Canada. C’est un anachronisme, mais c’est ainsi. 

Mais jusqu’où les obligations canadiennes doivent-elles s’étendre?

Passe encore que les membres de la famille royale en voyage officiel au Canada aient droit à la protection de la GRC comme toute personnalité officielle étrangère de passage dans le cadre de ses fonctions. Même les citoyens habités d’une pensée antimonarchiste peuvent passer à autre chose sans trop sourciller dans ces moments-là, puisqu’il s’agit alors d’un court déplacement au Canada.

Un tout autre registre!

Le paiement par le Canada des coûts associés à la sécurité est déjà pas mal plus problématique lorsqu’il s’agit de longues vacances comme cela a été le cas récemment pour le prince, sa femme et leur bébé. Une ligne jaune est franchie dans des cas comme celui-là.

Et on tombe dans un tout autre registre s’agissant d’un établissement à mi-temps au Canada!

Le prince Harry, son épouse Meghan et leur enfant partageront-ils réellement leur temps entre le Canada et le Royaume-Uni? À voir. Quoi qu’il en soit, si c’est le cas, de deux choses l’une.

Si les parents — par ailleurs royalement nantis — conservent leurs titres royaux, comme il semble que ce sera le cas, ce serait à l’Angleterre de payer pour tout ce qui aurait trait à leur protection lorsqu’ils habiteraient au Canada.

Si un jour le duc et la duchesse de Sussex ne devaient plus posséder leurs titres, ou que les coûts associés à leur sécurité n’étaient pas défrayés par l’Angleterre, le Canada ne devrait se sentir aucune autre obligation à leur égard que celle concernant la protection qu’il serait censé accorder à tout citoyen pouvant faire l’objet de menaces précises à un moment ou l’autre. Il ne devrait assumer aucune autre responsabilité. Il appartiendrait alors au couple de s’offrir des services de protection privée plus permanents s’il le jugeait nécessaire ou préférable.

Dans tous les cas de figure, le Canada ne devra pas payer pour leur protection permanente si ces époux s’établissent au Canada. Sinon, une ligne rouge démocratique sera franchie.

C’est le message que le Canada devrait rapidement envoyer à qui de droit, si ce n’est déjà fait.

Faut-il par ailleurs prendre le temps de s’arrêter sur ce qui ne peut être qu’une baliverne? Non, jamais un gouvernement canadien ne nommerait le prince Harry gouverneur général du Canada. Aucun ne remonterait le temps ainsi. Il se couvrirait de ridicule.