Accompagné de six professeurs, Jean-Marc Fournier a pris la route de Bruxelles pour participer à un colloque international sur le fédéralisme comparé.

Mes clins d'œil de la semaine

«La voix de la nation québécoise à Bruxelles»

Quelques jours à peine après avoir sermonné le gouvernement Trudeau sur sa pratique du fédéralisme dans le dossier Kinder Morgan, le ministre Jean-Marc Fournier a pris la route de Bruxelles pour participer à un colloque international sur le fédéralisme comparé…

Est-ce utile de se comparer avec la Belgique? Me semble que c’est plutôt le bordel là bas, non? À tout hasard, le communiqué de presse du Secrétariat aux relations canadiennes ne péchait pas par l’humilité en parlant de la politique d’affirmation du Québec. Citation du ministre: «La place significative qu’y consacre un colloque international à Bruxelles reflète l’intérêt marqué que la proposition du Québec pour le Canada de demain suscite au sein des différents groupes de la société civile à travers le Canada, mais également sur la scène internationale.»

La voix des profs…

Et tant qu’à aller vanter le Québec à Québec, autant le faire aux côtés des experts. Huit universitaires canadiens ont participé à ce colloque. Il s’agit de Patrick Taillon, Dave Guénette et Amélie Binette de l’Université Laval, de Johanne Poirier de McGill,  François Rocher de l’Université d’Ottawa, Valérie Lapointe-Gagnon de l’Université de l’Alberta,  Kate Glover de l’Université Western, et Félix Mathieu de l’Université du Québec à Montréal.

Ils sont généreux de leur temps, nos professeurs. J’espère qu’ils n’ont pas été forcés de sécher leurs cours pour participer à ces discussions savantes.

Transparence oblige

Puisqu’on réclame plus de transparence sur les dépenses de nos élus, j’ai demandé la même chose pour les professeurs concernés. Voici la réponse du gouvernement : «Les professeurs […] ont été invités par les organisateurs de l’activité [Université Laval et Université catholique de Louvain]. Le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes (SQRC) n’a pas assumé leurs frais de déplacement.

«Par contre, le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes a soutenu financièrement l’Université Laval pour l’organisation du colloque, à hauteur de 10 455 $. Cette somme d’argent a été octroyée en 2017-2018 par l’intermédiaire du Programme de soutien à la recherche en matière d’affaires intergouvernementales et d’identité québécoise. D’autres organismes subventionnaires du Canada et de la Belgique ont aussi soutenu financièrement cette activité».

J’ai demandé plus de détails. On ne m’en a pas donnés.

Le vote des indécis

Vous voyez venir les élections et vous ne savez toujours pas pour qui voter? Rassurez-vous, c’est normal. Même les dirigeants de nos centrales syndicales, dont la majorité appuyaient le Parti québécois dans ses bonnes années, sont incapables de se brancher. À leur sortie d’une rencontre avec Philippe Couillard, jeudi, Daniel Boyer (FTQ), Jacques Létourneau (CSN) et Louise Chabot(CSQ), ont déclaré qu’ils n’auraient pas de recommandations à faire à leurs membres en vue des élections, sauf de s’y intéresser.

Le temps des impôts

Le chef du Parti conservateur, Andrew Sheer, a profité de sa tournée de séduction au Québec pour déclarer qu’il serait ouvert à discuter d’un rapport d’impôt unique pour les Québécois. Même chose pour le leader du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh. Je veux bien croire qu’ils soient ouverts à en «discuter», mais j’arrête là. Parce qu’un seul rapport d’impôt, ça voudrait dire un rapport au provincial qui redistribuerait au fédéral la part due par les contribuables. C’est le genre de belles intentions que les politiciens émettent lorsqu’ils sont dans l’opposition. Mais une fois au pouvoir, ils ont vite fait de céder aux pressions de la machine bureaucratique fédérale qui ne va jamais céder tous ces emplois au provincial.