Mes clins d'œil de la semaine

L’avenir de Martine

Plus qu’une semaine et on saura enfin si le Bloc québécois existe encore et s’il demeure sous la gouverne de Martine Ouellet. Les 1er et 2 juin, tous les membres qui étaient en règle le 24 mars auront droit de vote au référendum sur la confiance envers Mme Ouellet, et sur le rôle de ce parti à Ottawa. La question sur Martine Ouellet sera simple: «Acceptez-vous de renouveler votre confiance envers Martine Ouellet, chef du Bloc québécois?»

La question sur le rôle du parti est compliquée: «Le Bloc québécois doit-il être, dans ses actions quotidiennes, et non pas seulement en théorie, le promoteur de l’option indépendantiste en utilisant chaque tribune et chaque occasion pour démontrer la nécessité de l’indépendance du Québec tant avec les militants, les citoyens qu’avec les médias et au Parlement d’Ottawa d’ici l’indépendance, tel qu’indiqué à l’article 1 du programme du Bloc québécois?»

Les résultats seront connus le 3 juin. Ma prédiction? Mme Ouellet va perdre son vote de confiance, mais elle pourra dire qu’elle a gagné son point sur le rôle du Bloc. Parce que personne chez les souverainistes convaincus ne peut répondre par la négative à une telle question.  

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Des relations «cordiales»

Le frère de la ministre Julie Boulet, Jean de son prénom, sera candidat de la Coalition avenir Québec dans Trois-Rivières. Et quelles sont ses relations avec sa sœur après une telle annonce, lui a-t-on demandé mardi sur les ondes de TVA? «Cordiales» a répondu M. Boulet. J’ai trouvé la réponse surprenante. Après le duo Daniel et Pierre-Marc Johnson et celui des sœurs Françoise et Hélène David, on a pris l’habitude de voir des gens de la même famille faire de la politique dans des partis différents. Je n’ai pas de souvenirs précis des relations entre les deux frères Johnson, mais je me souviens encore à quel point Françoise et Hélène David manifestaient la force de leurs liens familiaux. C’était beaucoup plus convaincant que les «relations cordiales» de M. Boulet avec sa sœur Julie.

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«Ferme et sans appel»

La députée caquiste de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, a l’air bien douce comme ça, mais elle a la réaction plutôt raide devant la critique. «Notre volonté est ferme et sans appel» a-t-elle lancé dans un texte d’opinion publié mardi, en guise de réponse à ma chronique dénonçant l’idée de créer un casino à Québec. «Ferme et sans appel» ça ressemble au style de leadership de Gaétan Barrette… Et dire qu’une volonté est «sans appel», ce n’est pas très sage en politique, un métier complexe où il faut savoir écouter avant d’imposer ses décisions.

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Andrea Obama

Les Québécois n’ont jamais dissimulé leur admiration pour l’ancien président américain Barack Obama, et leur mépris pour Donald Trump. Depuis quelques jours, ils viennent de s’éveiller à une nouvelle figure politique tout aussi sympathique, celle d’Andrea Horwath, qui pourrait bloquer Doug Ford en Ontario. Mme Horwath n’est pas une novice en politique: elle en est à sa troisième campagne électorale à la tête du NPD ontarien. Mais elle était une inconnue au Québec jusqu’à ce que la menace de voir Doug Ford gagner les élections du 7 juin attire notre attention vers une voie de secours. Comme la libérale Kathleen Wynne semble vouée à la défaite et que Mme Horwath a rattrapé Ford dans les intentions de vote, la leader néo-démocrate est devenue notre premier choix. Fascinant.