La Ville vient d’annoncer la construction dans Saint-Roch d’une maison d’hébergement pour de jeunes adultes, fragiles et souvent laissés à eux-mêmes au sortir des centres jeunesse.

Habiter une ville qui a du cœur

CHRONIQUE / Vous savez que je ne vois pas toujours les choses de la même façon que l’administration Labeaume, dont je critique souvent les décisions et plus souvent encore les attitudes.

Lundi soir au conseil municipal, tiens. Un ton méprisant en réponse à des citoyens inquiets de leur qualité de vie à cause de la forte densification de leur voisinage. 

Un ton désolant. Je pense cependant que malgré ses défauts et mauvaises humeurs, cette administration et cette ville ont un mérite dont on ne parle pas assez.   

À l’image du maire, Québec a du cœur. Elle montre de l’empathie et offre du soutien à ceux et celles qui en ont le plus besoin : jeunes, itinérants, démunis, personnes souffrant de maladie mentale, victimes de violence, etc.

Je ne parle pas ici d’opérations cosmétiques pour bien paraître ou se donner bonne conscience, mais d’un engagement senti et jamais démenti au fil des années. 

«Je suis hanté par l’image du jeune qui sort du centre avec son sac vert sur le dos», a lancé il y a quelques jours le maire Labeaume. 

Une image forte et touchante pour expliquer que Québec allait construire une maison d’hébergement pour de jeunes adultes, fragiles et souvent laissés à eux-mêmes au sortir des centres jeunesse.

La semaine d’avant, ce fut un cri du cœur devant l’augmentation de l’itinérance et des défis de santé mentale pour les policiers. On sent le maire préoccupé par les causes sociales.

Il a repris à l’hôtel de ville là où il avait laissé dans sa vie «civile» d’avant, à Centraide par exemple ou au Pignon Bleu qui offre nourriture et encadrement à des enfants de la basse-ville. 

Il a depuis multiplié les appuis et contributions communautaires, y entraînant la Ville et des gens d’affaires.

La liste des organismes et causes est longue : 

Centraide (214 organismes et ressources); bal du maire (Fondation Jeunes en Tête [lutte au décrochage scolaire]); BBQ du maire (YWCA, Relais d’espérance pour les esseulés de Limoilou, etc.); refuge pour jeunes filles victimes de violence; Maison Dauphine-Loyola (jeunes de la rue); Lauberivière (hébergement et soupe populaire); école secondaire Vanier (lutte au décrochage scolaire); PECH (lutte contre l’exclusion et soutien en santé mentale); Moisson-Québec (distribution alimentaire); Nuit des sans-abri; Bouchée généreuse (service de première ligne en alimentation); Motivaction jeunesse (lutte au décrochage et à la délinquance chez les jeunes immigrés); Première ovation (offrir une chance à des jeunes artistes qui n’en auraient pas autrement les moyens); programme IMPAC (accompagnement à la Cour municipale pour des personnes vulnérables), etc. 

Il y en a sûrement d’autres que j’oublie ou ignore.  

Le soutien prend tantôt la forme d’une aide financière directe, tantôt d’une présence ou d’un engagement dans une activité de financement. 

Tantôt encore, ce sera simplement des mots publics d’encouragement et de promotion. Sur les proches aidants par exemple, ou pour le dépistage et la lutte au cancer de la prostate, etc. 

Ajoutons-y l’assiduité de la Ville de Québec à construire chaque année le maximum de logements sociaux auxquels elle a droit et d’offrir de prendre le relais si d’autres villes n’utilisent pas tous leurs crédits.

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Je n’ai pas essayé de faire la somme des contributions en argent de la Ville ou de celles que le maire a contribué à amasser. Il me semble cependant que ces efforts vont au-delà de l’engagement habituel des villes. 

Il en résulte un filet social plus serré qui contribue au sentiment de sécurité et à la qualité de vie de cette ville.

Cela n’efface pas les reproches et critiques qu’on peut vouloir faire à cette administration. Vous savez comme moi qu’il y en a. De plus en plus, penseront certains. Mais je suis content d’habiter une ville qui a du cœur. Et qui donne envie à ses citoyens d’en avoir aussi.