Un éleveur a récemment mis en vente un chiot malade à faire adopter avec un rabais de 25% sur son prix de vente habituel. Le bébé, âgé de quelques semaines, a la tête difforme.

Floué par des éleveurs

CHRONIQUE / Un éleveur du Québec, si on peut l’appeler ainsi, vient d’afficher un chiot malade à faire adopter avec un rabais de 25 % sur son prix de vente habituel. Le bébé, âgé de quelques semaines, a la tête difforme.

Pour dédramatiser la situation, la description parle d’un chiot spécial qui cherche une famille spéciale…

L’éleveur, qui se dit expérimenté, a fait son propre diagnostic sur la maladie mal orthographiée et, toujours selon lui, le chien peut avoir une belle qualité de vie.

« C’est comme si une gardienne d’enfants ou un enseignant disait comment soigner les enfants, en disant connaître cela pour en avoir vu en masse », s’insurge un vétérinaire.

Quand les adoptants potentiels demandent à l’éleveur les coordonnées du vétérinaire qui a examiné le chiot qu’ils s’apprêtent à acheter, le malhonnête vendeur de chiens souligne qu’il ne veut pas mêler le vétérinaire à ça. Pourtant, tout éleveur a l’obligation de fournir le carnet de santé de ses chiots, avec preuve de vaccination, vermifuge et examen si ces derniers ont visité une clinique vétérinaire. Ainsi, vous pouvez consulter le vétérinaire pour avoir un diagnostic clair de la problématique qui peut être facile à contrôler ou incurable.

Comme l’annonce se retrouve sur les réseaux sociaux, et qu’elle fait réagir, l’éleveur convient d’enlever sa publication et de placer le chiot le plus rapidement possible dans une famille. On peut même douter que l’animal ait atteint l’âge légal de deux mois pour être séparé de ses semblables.

D’un côté, les âmes sensibles voudront sauver ce pauvre bébé et, de l’autre, certains voudront dénoncer la situation. À qui ? Comment ? Et quelles seront les conséquences pour l’éleveur ? Un avertissement tout au plus. Et si la maladie est génétique, mais que la rentabilité prime, est-ce que cette personne poursuivra la reproduction ? Et si les autres rejetons, qui semblaient en bonne santé, étaient porteurs ou à risque de développer cette malformation génétique éventuellement… Comme l’éleveur n’oblige pas la stérilisation des animaux qu’il vend, la problématique risque de faire des petits. Souvent rusé, et ne laissant aucune trace prouvant la vente de l’animal, il est difficile d’avoir des recours contre l’éleveur.

Ces familles, qui négligent la qualité d’un animal pour négocier un prix, ne savent pas ce qui les attend. Quand elles n’auront plus les moyens de faire soigner leur animal, dont la santé est hypothéquée, et qu’elles auront épuisé leur budget, c’est elles qui devront vivre avec la déchirante et fatale option de l’euthanasie.

Des éleveurs qui vendent des chats et des chiens avec des problèmes de santé qui, selon leur expertise, se résorberont à l’âge adulte, il y en a tous les jours, tout comme des éleveurs qui poursuivent la reproduction avec des géniteurs malades ou ayant des tares génétiques.

Et que deviennent les chiennes reproductrices ayant des masses mammaires, des allergies chroniques et autres problèmes reliés à la reproduction ? Et bien ! Elles sont aussi mises en adoption à moindre coût !

Compétences

Le bon éleveur devrait avoir acquis des connaissances sur le tempérament de ses chiens. Il peut aussi avoir l’expérience et les compétences pour vous guider dans l’éducation de ce dernier. Il prendra en considération les problèmes que vous rencontrez pour éviter de reproduire à nouveau certains critères génétiques.

Par contre, ce n’est pas parce qu’il élève des chiens depuis 20 ans qu’il a le droit de poser des diagnostics et vous dire comment soigner votre animal. Tout comme une personne qui fait du toilettage ne devrait pas offrir des soins dentaires à votre animal.

Toilettage

« Chaque jour au Québec, des spécialistes du toilettage pour animaux s’improvisent aussi spécialistes des dents », mentionne l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux. Le détartrage est un acte vétérinaire et tout détartrage fait en partie, ou complètement hors de ce contexte professionnel, est illégal. Cette intervention n’est pas sans risque d’infection et de complications, telles que des problèmes de gingivite, de parodontite et d’abcès. Les maladies bucco-dentaires amènent de l’inconfort chez l’animal qui peut même avoir des changements de comportements. C’est pourquoi, en cas de doute, on devrait d’abord consulter un vétérinaire pour écarter tout problème de santé.

Quoi faire ?

Si vous doutez de l’illégalité d’une pratique, communiquez avec l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec.