D’autres projets d’envergure ont été réalisés à Sherbrooke sans que la Ville soit propriétaire et exploitant des stationnements, dont l’édifice du 455 King Ouest et le palais de justice Raynald-Fréchette. Ces immeubles ont des aires distinctes de stationnement que complète la section municipale destinée aux usagers de la Bibliothèque Éva-Sénécal.

Et si les stationnements restaient au privé?

CHRONIQUE / La retransmission intégrale d’une séance du conseil municipal, une première à Sherbrooke, a donné lieu lundi soir à un moment savoureux. Après l’assemblée, avec une fierté et une satisfaction qu’il n’a aucunement cherché à contenir, le nouveau maire Steve Lussier s’est candidement mis à applaudir.

Était-ce de « l’autocongratulation »?

« J’étais simplement heureux de la façon dont cette première soirée s’était déroulée et j’applaudissais les citoyens qui venaient de la vivre avec nous et qui quittaient l’hôtel de ville. »

Emmagasinez ces heureux souvenirs, monsieur le maire, car sans vouloir péter votre baloune, les quatre prochaines années vous feront vivre plus d’assemblées houleuses que de soirées qui se termineront ainsi dans l’exultation!

J’ai sollicité un entretien avec M. Lussier pour savoir s’il avait élargi comme promis le cercle des participants au projet Well inc. pour que s’exerce le jeu de la concurrence dont il était l’ardent défenseur durant la campagne électorale.

« Non, je n’ai pas encore appelé personne. Je veux faire les choses de manière ordonnée en rencontrant d’abord le président du Fonds immobilier de solidarité de la FTQ ainsi que les représentants des deux entreprises sherbrookoises également membres du consortium. Je vous assure que nous n’avancerons pas à l’aveuglette. »

Que la Ville paie pour démolir le stationnement étagé du Dépôt, qui est en fin de vie et qui est appelé à devenir une partie du socle de nouveaux immeubles, cela va de soi. Qu’elle assume une partie des coûts de reconstruction d’infrastructures plus volumineuses, qui permettraient d’offrir jusqu’à 950 cases dans ce secteur du centre-ville, tombe également sous le sens commun.

Mais pourquoi faudrait-il que les contribuables sherbrookois déboursent une vingtaine de millions de dollars afin que la Ville prenne entièrement à sa charge le nouveau parc de stationnement de Well inc.?

La pratique courante est celle de la municipalisation à Sherbrooke. La Ville retire annuellement des revenus de l’ordre de 1,8 M$ des 1975 cases de stationnement qui sont tarifées. Les permis mensuels coûtent entre 440 $ et 695 $. ll est admis des autorités municipales que les opérations sont déficitaires, mais cette gestion est considérée comme un service essentiel.

Dans d’autres grandes villes, des stationnements rattachés à des édifices à bureaux demeurent toutefois la propriété d’exploitants privés, qui en maximisent l’utilisation avec une offre publique avec une tarification concurrentielle.

« Ouais, je sais. J’entends demander des précisons là-dessus aux membres du consortium », affirme le maire Lussier.

Joueur important dans l’immobilier au Québec et propriétaires de plusieurs immeubles à Sherbrooke, la compagnie Olymbec est l’un de ces propriétaires exploitants.

« Si on nous offrait l’opportunité de présenter une offre pour Well inc., nous évaluerions sûrement les modèles que nous avons à Québec ou Trois-Rivières, où nous opérons les stationnements, avec la responsabilité d’en assurer un entretien adéquat. Après avoir entendu les propos de M. Lussier, je m’attendais à ce que notre téléphone sonne dès son arrivée à la mairie. Ça n’a pas été le cas », indique le directeur régional d’Olymbec, Robert Drouin.

Le maire Lussier assure qu’il n’a pas changé d’avis.

« Croyez-moi, une fois que j’aurai le topo, je m’assurerai d’inclure le maximum de participants pour faire de Well inc. une réussite. Je répète que je suis à la recherche des meilleures propositions et j’emprunterai tous les chemins nécessaires pour les trouver. »

Construits il y a une trentaine d’années sur le quadrilatère Marquette, l’immeuble à bureaux du 455 King Ouest, l’édifice Raynald-Fréchette (palais de justice) ainsi que la Bibliothèque municipale Éva-Senécal ont des aires de stationnement distinctes qui sont pour la plupart sous gestion privée.

Les prix des espaces locatifs, généralement négociés en calculant les besoins de stationnement, de même que les revenus complémentaires d’un usage public seraient-ils assez élevés pour convaincre des investisseurs privés d’opérer des stationnements à l’intérieur du périmètre de Well inc.?

Ça reste à démontrer. Mais qu’Olymbec s’avance le nez pour le proposer augmente la pression sur le maire Lussier pour réduire les investissements municipaux sans compromettre le démarrage du projet.

Qui siégera à Sherbrooke Innopole?

Lors des nominations confirmées lundi dernier, il n’a pas été question du ou des représentants municipaux qui siégeront au conseil d’administration de Sherbrooke Innopole. Les élus plient-ils bagage pour respecter la demande d’administrateurs s’étant plaints de tiraillements politiques au cours des dernières années?

« Non, je siégerai à Sherbrooke Innopole. Au début, j’irai seul, mais je n’ai pris aucun engagement de me limiter à un seul représentant du conseil », répond à ce sujet le maire Lussier.

Le conseiller Claude Charron a d’ores et déjà été désigné comme autre mandataire.