Bien que le site internet de Well inc. ait été désactivé à la suite du retrait du projet privé, la recette et les principaux ingrédients de la nouvelle appellation Well Sud sont essentiellement les mêmes que dans le concept qui avait été parrainé par l’ex-maire Bernard Sévigny.

Du choix du chef aux cuisines collectives

CHRONIQUE / Le projet Well inc. renaît sous le nom de Well Sud et il repart sur de nouvelles bases.

Bien que le site internet ait été désactivé à la suite du retrait du projet privé, la recette et les principaux ingrédients sont essentiellement les mêmes que dans le concept qu’a parrainé l’ex-maire Bernard Sévigny et qui a été coulé par les reproches sur l’exclusivité accordée au consortium qui s’était manifesté le premier.

Compte tenu du nombre d’intervenants qui mettront cette fois la main à la pâte, le choix du chef (du Renouveau sherbrookois) devient cependant l’affaire des cuisines collectives. L’intervenant communautaire Christian Bibeau, qui a pris plus de place que le maire Steve Lussier durant la conférence de presse sur la relance, a parlé lundi « d’une œuvre en pleine création ».

Élu au mois de novembre en vantant son profil de financier, M. Lussier accepte le rôle de chef d’un projet coopératif.

« C’est ce qu’il fallait faire. Nous allons nous associer à tous les spécialistes et ça fera toute la différence » croit-il.

Alors qu’elle était l’an dernier dans le camp des sympathisants de Well inc., du côté de ceux qui se montraient parfois agacés par l’insistance d’élus récalcitrants, voilà la conseillère Chantal L’Espérance persuadée que ce réalignement est une bonne chose.

« Les électeurs ont exprimé en novembre le souhait d’une approche plus inclusive. Aujourd’hui, tous les petits projets sont associés à la démarche collective. Le milieu communautaire, les commerçants, le conseil municipal, nous parlons tous d’une même voix », se réjouit celle qui préside le comité aviseur sur le centre-ville.

Un voyage de groupe dans des quartiers revitalisés de Montréal, vendredi dernier, aurait convaincu les participants que Sherbrooke doit elle aussi miser sur la complémentarité et la mixité.

C’était le plat réchauffé du banquet de la renaissance, car cette recommandation a maintes fois été formulée au terme de réflexions stratégiques sur l’avenir du centre-ville. Voici comment l’architecte de la relance du quartier Saint-Roch de Québec, Jean-Paul L’Allier, l’avait décrite en mars 2002 dans La Tribune, il y a donc plus de 15 ans :

« Il faut qu’un centre-ville redevienne une zone d’attrait. Personne ne s’associe à des lieux perdants. J’entendais des gens me dire que nous étions fous d’investir autant dans un trou. On ne peut ramener des gens pour vivre ou investir dans un quartier sans offrir un minimum de qualité de vie », avait suggéré aux Sherbrookois le défunt maire de Québec.

La convivialité du centre-ville a depuis été améliorée. Ça manque cependant de continuité.

« J’ai été parmi les commerçants amèrement déçus par l’échec de Well inc. J’ai par contre senti au sein du comité le désir d’une relance rapide et une conscience de la fragilité du secteur. L’élaboration de l’appel d’offres suit la fast track que le maire Lussier nous avait promise. Jusqu’ici les signaux sont encourageants », relève Annie Faucher, copropriétaire du Liverpool.

Dès l’automne, la Ville espère avoir d’autres propositions à évaluer à la suite de l’appel d’offres annoncé pour le mois prochain. Est-il encore possible de respecter les échéanciers serrés de SherWeb, qui était prête à déménager une partie de ses installations au centre-ville pourvu que cela puisse se faire avant la fin de 2020?

« Nous allons tout tenter pour y arriver. Je ne juge pas opportun pour le moment d’appeler les dirigeants de SherWeb pour me lancer dans un exercice de persuasion. Une fois l’appel d’offres lancé, je vais me mettre sur le téléphone. C’est sur la rue Wellington Sud que nous voulons SherWeb », assure le maire Steve Lussier.

Logiquement, comme il était partenaire du consortium privé dans Well inc. avec SherWeb et le Fonds immobilier de la FTQ, le Groupe Custeau devrait répondre à l’appel de propositions de la Ville pour Well Sud. L’entreprise sherbrookoise a déjà toutes les études détaillées que les autres devront se payer.

S’il n’en sort pas gagnant, n’imaginez cependant pas que le Groupe Custeau se détachera de son partenaire sans lui offrir aussi bien sinon mieux ailleurs, sur ses terrains bordant les rivières Magog et Saint-François, dans le secteur que le déplacement du pont des Grandes-Fourches mettra en valeur.

Va pour la concertation, car elle augmentera les chances de réussite. Mais l’intérêt pour Well Sud dépendra aussi de l’attrait qu’exercera le nord de la Well et là-dessus, il ne sera pas pas aisé pour le maire Lussier ainsi que pour les autres membres du conseil municipal de fixer le bon dosage aux deux extrémités de cette artère vitale du centre-ville.