Le député de Saint-François, Guy Hardy, ne sollicitera pas de renouvellement de mandat à l’automne. La qualité du temps qu’il a passé avec les siens durant le congé des fêtes l’amène à tirer un trait sur la vie politique.

Deux contributions majeures et un mystère à élucider

CHRONIQUE / Guy Hardy était conscient des sacrifices que lui imposerait la politique lorsqu’il a déposé son bulletin de candidature à l’élection provinciale de 2013. En savourant le congé des fêtes parmi les siens, le député libéral de Saint-François a décidé que la vie politique s’arrêterait pour lui au terme d’un seul mandat.

« J’ai aimé être un peu plus disponible pour ma famille, être avec mes enfants et petits-enfants, et avoir du temps pour moi. Je vais laisser ma place. Si j’avais 10 ou 15 ans de moins, ce serait peut-être différent. Comme j’aurai 68 ans en avril, il m’aurait été plus difficile de tenir le rythme et j’avais peur de ne pas pouvoir être à la hauteur des attentes des électeurs », confie-t-il.

Le député d’Orford, Pierre Reid, a 69 ans. Le représentant de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis est âgé de 67 ans alors que dans Mégantic, Ghislain Bolduc a 65 ans. Devraient-ils tous aussi quitter?

« C’est ma décision et personne n’a cherché à me pousser vers la sortie. D’autre part, je ne répondrai pas à la place de mes collègues. Chacun est libre de ses choix. »

Il y aura bientôt un an que le ministre Paradis est disparu du radar politique à la suite d’une chute à cheval, doublée d’une culbute politique provoquée par des allégations d’inconduite sexuelle pour lesquelles il a été blanchi depuis. Avez-vous des nouvelles fraîches de M. Paradis?

« J’en ai eu par l’intermédiaire de son frère Denis, mais je n’ai pas parlé à Pierre. L’entourage du premier ministre est en contact avec lui, c’est certain. Moi, je n’ose pas le déranger. »

On peut en déduire que la camaraderie n’avait pas vraiment eu le temps de s’installer entre le député de Saint-François et le ministre à qui Philippe Couillard avait confié la responsabilité de l’Estrie avant d’offrir une place à Luc Fortin dans son cabinet. Pierre Paradis a tout de même été un précieux allié pour ramener le Centre Mère-Enfant parmi les priorités gouvernementales.

« Je peux en parler aujourd’hui, nous avons vraiment failli échapper cet important projet. J’ai reçu un appel durant la toute première réunion du caucus des députés, après l’élection. La députation régionale s’est vite mobilisée pour faire les représentations nécessaires. »

Le Pavillon Enfant-Soleil ainsi que la modernisation de l’urgence du CHUS-Fleurimont ont par la suite franchi les étapes cruciales d’approbation préparant la mise en chantier de ce projet de 200 millions qui, de toute évidence, sera confirmée au cours des prochains mois pour vanter l’efficacité libérale à la veille des élections du mois d’octobre.

« C’est ce que j’entends et ce à quoi je m’attends », répond avec un sourire en coin le député de Saint-François, heureux d’avoir participé au couronnement « des efforts soutenus de plusieurs acteurs de la région ».

L’enfouissement de la future ligne d’exportation vers le New Hampshire à la hauteur du mont Hereford est une autre victoire que le député Hardy aimerait bien savourer avant de quitter.

« Bien qu’effacé, j’essaie d’être efficace. J’ai martelé qu’il s’agissait d’une ligne commerciale dont les coûts ne seraient pas facturés aux Québécois » se félicite M. Hardy.

Rappelons qu’après avoir prétendu le contraire pendant des mois, le premier ministre Couillard de même que les dirigeants d’Hydro-Québec ont fini par accepter ce compromis pour mettre fin à la résistance.

Le député Hardy ne projette pas l’image d’un politicien très persuasif. Au contraire, malgré l’expérience des dernières années, sur une tribune ou encore en entrevue, son propos demeure hésitant.

« Je suis de nature un homme réservé et prudent », répond-il pour essayer de contrer cette perception.

Parlant de prudence, n’étiez-vous pas de ceux qui devaient protéger le pouvoir référendaire des Sherbrookois?

À ce que je sache, vous avez été au nombre des parlementaires qui ont étudié article par article la loi semblant plutôt avoir torpillé ce droit de regard des citoyens.

« Oui, j’ai siégé à la commission sur l’aménagement du territoire. On me demandait aussi de participer aux travaux d’autres comités et je ne pouvais être partout en même temps. N’ayant pas pris part à toutes les discussions, je ne peux vous donner une réponse précise là-dessus... »

Vous êtes citoyen de Sherbrooke, tout comme nous, vous êtes devant le constat qu’il faudra deux fois et demie plus de signatures pour demander un référendum. Les 8702 inscriptions à un registre qui sont requises paraissent pratiquement inatteignables. Votre gouvernement nous en a-t-il passé une p’tite vite?

« Laissez-moi faire des vérifications et je vous reviendrai avec de l’information complète. J’ai été avisé seulement ce matin que vous vouliez me questionner là-dessus », a-t-il invoqué.

Le ressac provoqué dès la publication, le 4 janvier, de l’avis public qui précisait les dates et les conditions pour demander un référendum sur le règlement d’emprunt de 26 M$ lié à Well inc. laissait présager, il me semble, que les Sherbrookois chercheraient à connaître les auteurs de ce coup fourré, mais bon.

Pas de problème, Monsieur Hardy, il reste un gros huit mois à votre mandat. Nous comptons sur votre efficacité dans l’ombre pour nous aider à les démasquer!