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Simon Roberge
La Tribune
Simon Roberge
Pour Mario Lavallée, l’achat d’action à l’unité via l’une des nombreuses applications financières qui permettent de le faire est une stratégie risquée qui devrait être réservée à un petit montant de son portefeuille.
Pour Mario Lavallée, l’achat d’action à l’unité via l’une des nombreuses applications financières qui permettent de le faire est une stratégie risquée qui devrait être réservée à un petit montant de son portefeuille.

Cinq choses à savoir sur la bourse

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CHRONIQUE — Bien gérer son argent peut être aussi sinon plus difficile que de la gagner. Pourtant les avantages sont innombrables pour ceux qui prennent le temps de s’y intéresser. Tous les lundis du mois de mars, La Tribune aborde un aspect des finances personnelles avec un expert pour tenter d’y voir plus clair. Cette semaine, la bourse.

La bourse a fait les manchettes dans les derniers mois avec l’histoire rocambolesque de Gamestop. La pandémie a aussi amené toute sorte d’opportunités d’investissement, toutes plus risquées les unes que les autres. Donc avant de se lancer dans le vide et de mettre en jeu une partie de sa retraite, voici cinq choses à savoir sur la bourse en compagnie de Mario Lavallée, professeur de finance à l’Université de Sherbrooke.

1. Patience, patience et encore un peu de patience

La bourse a un peu la même réputation que la loterie dans l’imaginaire collectif. On parle souvent des gens qui se sont enrichis du jour au lendemain. Or, la réalité est la plupart du temps tout autre.

« Les gens s’imaginent qu’on s’enrichit vite, c’est faux, indique Mario Lavallée. C’est lent et à long terme comme processus. Oui, un peu comme à la loterie, il y a des gens qui s’enrichissent vite, mais c’est plus dû à la chance. »

C’est que, comme dans bien d’autres aspects de la vie, les gens ont tendance à crier sur tous les toits leurs bons coups et à taire leurs erreurs.

« C’est un peu l’effet beau-frère, explique M. Lavallée. On a le goût de faire la même chose, mais généralement le beau-frère ne nous parlera pas de ses erreurs. »

2. Une stratégie plate

Les films comme Le loup de Wall Street laissent croire que l’argent coule à flots pour les boursicoteurs et que l’excitation est à son maximum. Sauf qu’une bonne stratégie à long terme pour Mario Lavallée est une stratégie plate.

« Il ne faut pas chercher des highs, explique-t-il. L’excitation vient avec du risque. Ceux qui cherchent de l’excitation, je leur dis de prendre une partie de leur argent et d’aller jouer au casino. Quelqu’un peut aussi prendre 80 % de son portefeuille et le placer dans quelque chose de stable et raisonnable et prendre 20 % pour s’amuser. Je n’ai pas de problème avec ça, mais organise-toi pas pour risquer plus que ça. »

3. Les banques, toujours les banques

En parlant de stratégie plate, dans le monde de la bourse la stabilité est représentée notamment par les banques. Les titres vont fluctuer comme n’importe quels autres, mais à long terme c’est bien souvent une stratégie gagnante. Selon M. Lavallée, la majorité de l’argent dédié à la bourse devrait aller dans des fonds négociés qui investissent dans les six banques canadiennes. 

« Ça ne doublera pas en six mois, mais ça rapporte un dividende de 4 % par année et sur 10 ans, ça va prendre passablement de la valeur. »

Pour Mario Lavallée, l’achat d’action à l’unité via l’une des nombreuses applications financières qui permettent de le faire est une stratégie risquée qui devrait être réservée à un petit montant de son portefeuille.

4. Faire des erreurs

C’est inévitable, même pour les plus aguerris ou les plus prudents, tous les boursicoteurs font des erreurs. Le principe est de réduire au maximum ces erreurs et surtout de minimiser les pertes qui leur sont reliées.

« Je dis à mes étudiants quand ils commencent que je leur souhaite de faire des erreurs, explique le professeur de finance. Tu vas apprendre de tes erreurs et j’aime mieux que tu perdes 2000 $ sur ta première erreur que 20 000 $. C’est comme ça qu’on apprend. »

Il n’est pas non plus obligatoire de commencer en bourse avec 10 000 $. C’est possible d’y aller avec de plus petits montants. Les applications de transaction d’actions à l’unité permettent d’investir un montant très bas, par exemple 100 $. C’est ensuite un bon terrain de jeu pour apprendre sans risquer sa retraite.

5. Rester humble

À l’inverse de la loterie, du succès en bourse peut facilement être perçu comme du talent. Il est alors difficile de différencier les bons coups des mauvais et cela peut devenir très dangereux.

« Il faut être humble, diversifié et avoir de la discipline, résume Mario Lavallée. Le pire ennemi, c’est nos émotions. Soit qu’on a trop peur, soit qu’on est trop confiant. »

Le danger est donc de se croire devin après une série de bons coups et d’investir trop d’argent dans une compagnie en se disant qu’elle va sûrement tripler de valeur comme la dernière. La réalité c’est qu’elle peut tout aussi bien faire faillite. Jamais trop haut et jamais trop bas.