Jules Chassé et Charles Parent ont fabriqué pour Expo-sciences une petite maquette d’un bain mobile pour les résidences pour personnes âgées.

«C’est l’fun de les coller»

CHRONIQUE / «J’apprécie beaucoup les personnes âgées. Quand elles voient un enfant, il y a une boule de bonheur dans leurs yeux.»

Les mots sont de Jules Chassé, 13 ans.

Et il sait de quoi il parle, lui qui fréquente depuis qu’il est tout petit les résidences que possède son père. «Il en a un peu partout et, quand on voyageait, on allait habiter là et je pouvais voir les étincelles dans leurs yeux. C’est l’fun de les coller, tu vois qu’elles l’apprécient vraiment.»

C’est beau, non?

Quand est venu le temps de s’inscrire à Expo-sciences avec son ami Charles Parent, les deux étudiants de secondaire n’ont pas cherché bien longtemps. Charles, dont le père est ingénieur, voulait faire une invention. Ça tombait bien, Jules aussi avait le goût de fabriquer quelque chose. 

Il a eu l’idée d’un bain portatif. «J’aime bricoler, et là je pouvais le faire pour aider les personnes âgées. […] C’est plaisant d’aller voir les personnes âgées, mais il y a des fois où ça sent mauvais parce qu’ils n’ont pas assez de bains.»

Charles aussi a été confronté à cette réalité. «Ma grand-mère a été dans un CHSLD [dans la région de Montréal], je suis allée lui rendre visite quelques fois. C’était difficile les conditions de vie, elle n’avait pas beaucoup de bains. Il devrait y avoir plus de monde pour s’en occuper.»

Voilà.

Début novembre, les deux ont commencé à plancher sur leur projet. «Au début, je ne comprenais pas trop son idée de bain et c’est là que j’ai eu l’idée de faire une maquette pour que ça soit plus concret. On voulait que ce soit parfait.»

Avec son père, Charles a patenté un modèle réduit avec des morceaux de bois, une bâche de plastique et un tuyau d’arrosage.

Il a pris une Barbie à sa sœur pour faire office de personne âgée.

D’instinct, les deux élèves de l’école secondaire des Pères maristes se sont dit qu’un bain mobile permettrait de sauver du temps aux préposés, mais ils devaient valider leur hypothèse. «On a travaillé sur notre projet chaque jour, on y a mis beaucoup de temps. On a fait appel à des gens qui travaillaient dans des CHSLD, à des directeurs. On a demandé le temps que ça prenait pour donner un bain, le nombre de minutes pour chacune des étapes, pour qu’on puisse le diminuer.»

Ils ont fait leurs calculs. 

«La personne arrive avec le bain, elle le glisse sous la personne dans son lit et elle remonte les côtés. Ce qui sauve le plus de temps avec notre bain portatif, c’est qu’il n’y a pas de déplacement, la personne reste dans sa chambre. C’est mieux pour les personnes démentes, parfois elles n’aiment pas changer de place.»

Ce qui allonge encore plus le temps du bain.

Jules et Charles ont fait un tableau comparatif, 40 à 60 minutes pour donner un bain traditionnel, entre 25 et 40 pour le leur. «On arrive à couper le temps de presque la moitié!» triomphe-t-il. Ils ont pensé à tout, à un drain, à un coussin pour que la personne soit confortable, à un jet en continu pour qu’elle n’ait pas froid.

Que ce soit réalisable ou non n’importe pas.

Ils ont d’abord présenté leur projet à leur classe, il a été retenu pour passer à l’étape suivante. «Après la classe, on a fait l’Expo-sciences locale, et on a été retenus pour l’Expo régionale.» Le 16 mars, ils se sont mesurés à tous les autres projets de Québec et de Chaudière-Appalaches.

Leur projet n’a pas été retenu, mais ils ont eu de bons commentaires des juges. Surtout, ils ont eu la piqûre de cette grand-messe de la matière grise. «C’est sûr qu’on va recommencer l’an prochain!» Avec un bain amélioré ou avec une nouvelle invention, ils ne savent pas encore. 

J’ai hâte de voir.

Ce que Jules sait, par contre, c’est qu’il aimerait continuer à adoucir la vie des aînés. «Peut-être que plus tard, j’irai en médecine spécialisée pour les personnes âgées. Juste de leur dire bonjour, elles adorent ça…»

Ce que j’ai trouvé le plus beau dans leur projet, ce n’est pas leur bain. 

C’est d’avoir eu l’idée de le faire.