Parmi les producteurs de la région dont les sourires et produits se retrouveront sur des affiches chez les épiciers IGA de Cookshire et Saint-Élie, Richard Duquette de la Pâtisserie Duquette et Sandra Fontaine des Ducs de Montrichard.

Ces gens qui nous nourrissent

CHRONIQUE / Je vous ai déjà parlé du ketchup aux fruits de ma grand-mère? Non? C’était malade. Y a plein de choses qui me manquent de ma grand-mère depuis qu’elle n’est plus là, son ketchup aux fruits en fait partie. Est-ce que c’était le meilleur ketchup au monde? Je ne sais pas, je n’ai pas tant d’expertise en ketchup, mais c’était assurément mon préféré, because la personne qui le concoctait avec amour, tout près.

C’est un peu ça aussi avec l’agneau de mes voisins, le fromage de Maurice, de Marie-Chantal et de Simon-Pierre, la cheddar et pomme des Gars de la saucisse, le sucre à la crème de Marie-Claude, la bière de Ti-Mat, les beignets de la Desserte et les cornets de Lolo. Quand quelqu’un que tu aimes fait quelque chose que tu aimes, ça fait beaucoup d’amour. C’est ce que tu veux, ce qui te fait plaisir.

Y a un peu de ça derrière la nouvelle initiative du Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie (CIBLE), créer un lien additionnel entre les Créateurs de saveurs des Cantons-de-l’Est, ces gens qui inventent du bon, et vous, les gens qui aiment le bon. Les gens qui aiment le bon, et qui tant qu’à faire, vont préférer le bon d’ici, fait de produits d’ici, transformés ici, par des gens qui habitent ici, des voisins, des belles-sœurs, des oncles, des neveux et des grands-mères qui sont aussi des producteurs chevronnés.

On s’est donc dit chez CIBLE et chez les épiciers IGA de Saint-Élie et de Cookshire qu’on allait vous les présenter, ces créateurs, créer un lien entre eux et vous. Au centre du projet pilote lancé hier dans ces deux épiceries de la région, 19 producteurs tout sourire, que l’on reconnaîtra sur de petites affiches installées près de leurs produits en magasin. Ici, pas très loin des tartes au sucre, Richard Duquette de la pâtisserie du même nom. Là, devant l’étal de terrines et de rillettes, Sandra Fontaine de Ducs de Montrichard, artisans du canard.

« Les produits locaux sont faits par des voisins, des gens de la communauté, on aime les avoir en magasin, explique Éric Bouchard du IGA Saint-Élie. Ce nouvel affichage, ça permet de les identifier, d’expliquer le produit, de lui donner une identité et un visage humain. »

Il y a un humain derrière chaque produit que l’on consomme, note dans le même souffle Sandra Fontaine de Ducs de Montrichard. Quand on connaît ces humains, c’est un lien de plus avec le produit. C’est un peu acheter ce que nous sommes. »

Et ce ne sont pas que de belles paroles. Ça fait quelques années déjà que les Créateurs de saveurs gagnent les tablettes des épiceries de la région, avec plus ou moins de succès il est vrai selon les bannières. Et ça fait plus longtemps encore que les consommateurs sont en quête de leurs produits locaux lorsqu’ils se retrouvent derrière leur panier d’épicerie. Souvent on trouve, à certains endroits on cherche plus qu’on trouve, des fois on demande, les réponses ne sont pas toujours claires, mais on demande, on redemande et on redemande encore.

Du local, épicier, encore plus de local s’il-vous-plaît, à vous et vos maisons-mères. Offrez-nous encore davantage de local, puisqu’il nous plaît.

Il nous plaît de manger fruits et légumes qui n’ont pas parcouru 3000 kilomètres et qui ne vont pas se décomposer dans le sac pendant le trajet entre l’épicerie et la maison, il nous plaît que le pâtissier, le boulanger ou le fromager fasse travailler les gens de sa communauté, que le lait de Massawippi, Hatley et Ayer’s Cliff se retrouve dans La Pinte, que les pommes du coin ne tombent jamais trop loin de l’arbre.

Alors voilà, dorénavant, chez IGA de Saint-Élie et de Cookshire, ailleurs éventuellement, vous pourrez dénicher les sourires des producteurs d’ici, faire le lien entre leurs binettes et leurs produits. On appellera ça, si le cœur vous en dit, mettre un visage sur ce qui nous nourrit. Une bonne idée, n’est-il pas?

Et si jamais vous tombez sur un ketchup aux fruits de malade, faites-moi signe, je vous en prie.