Des étudiants ont manifesté pour le climat à Québec, en mars dernier.

Débrayer et désobéir pour la planète?

CHRONIQUE / Un jour de grève et une paye amputée pour la survie de la planète? Aucun appel des grandes centrales syndicales (FTQ, CSN, CSQ) pour obtenir un mandat de grève de leurs membres le 27 septembre. Grève sociale, grève climatique, désobéissance civile et grève illégale ne sont pas à l’ordre du jour.

En suivant mardi la conférence de presse de La Planète s’invite au Parlement, c’est à croire que des milliers de syndiqués du Québec déclencheraient une grève le 27 septembre pour participer à la manifestation de Montréal avec la jeune Suédoise Greta Thunberg, ou à un autre rassemblement dans 17 villes du Québec.

La réalité est bien différente. Tant à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qu’à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), des porte-parole précisent que leur organisation n’a aucunement l’intention de défier les lois du travail du Québec. 

«J’ai été étonné par les propos tenus par Dominic Champagne», indique Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ. 

Loin de lui l’idée de nier l’urgence climatique. Il estime toutefois qu’une grève illégale n’est pas le bon moyen pour lutter contre les changements climatiques et opérer une transition vers une économie verte. 

M. Cadieux se défend de protéger les intérêts de ses membres qui travaillent dans des secteurs énergivores et polluants. Il soutient qu’une transition énergétique est nécessaire, mais que celle-ci doit se réaliser avec des mesures de soutien pour les travailleurs. Il rappelle également que le Fonds de solidarité de la FTQ a «décarbonisé» son portefeuille. 

Les trois centrales syndicales soulignent qu’elles défendent elles aussi la cause environnementale et souhaitent que leurs membres s’impliquent dans le mouvement planétaire du 27 septembre. Elles participeront d’ailleurs à l’organisation des manifestations, comme elles l’ont fait en mars. Elles prônent toutefois une participation citoyenne plutôt que la désobéissance civile.

Les conséquences pour un étudiant de sécher des cours ne sont pas les mêmes que pour un travailleur qui quitte la fonderie sans en avoir le droit. Ni pour un professeur de cégep qui ne sera pas en classe le 27 septembre parce que ses étudiants sont en grève, note M. Cadieux.

Même sans appel à la grève de la part des centrales syndicales, la journée du 27 septembre est néanmoins une excellente occasion de montrer aux gouvernements québécois et canadien que les citoyens ne sont pas indifférents au sort de la planète. 

L’an dernier, les Québécois ont élu une formation politique qui n’avait pas dans ses priorités l’environnement et la lutte au réchauffement climatique. L’intérêt pour le dossier est apparu après l’élection et bien timidement pour le gouvernement caquiste majoritaire.

Avec des élections fédérales le 21 octobre, le message doit être clair pour les candidats qui souhaitent gouverner à Ottawa, mais aussi pour les citoyens. 

«L’indifférence n’est pas une option», a affirmé hier Dominic Champagne, le porte-parole du Pacte pour la transition, signé par plus de 280 000 personnes. 

Avec raison et cela vaut pour tout le monde. Qu’importe le parti, l’âge, le sexe, les revenus et qu’importe que l’on soit politicien, étudiant, travailleur ou retraité, il est irresponsable de rester les bras croisés et de ne pas prendre le virage qui s’impose malgré les difficultés qui l’accompagne.

Quel parti est prêt à s’engager à «écouter la science» et qui est prêt à voter pour lui? À suivre.