Bouffées de bonheur

CHRONIQUE / Le congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) avait lieu récemment à Québec. Mais je n’y suis pas allée. En fait, je n’y suis jamais allée. Même si je vais bientôt célébrer 18 ans de carrière, je n’ai jamais été membre. Mais je songe sérieusement à y adhérer l’an prochain. Pourquoi ? Cette année au congrès, pour la première fois, il y avait du karaoké ! Une nouveauté qui a connu un grand succès. Selon mes sources, le phénomène, qui remplaçait le traditionnel gala, a même des chances de devenir une tradition. La bonne nouvelle !

J’adore chanter. J’ai même, un jour, dans une autre vie, suivi des cours de chant. Je me revois en train de pratiquer Je vouuuudrais vou-oi-oir la mè-èrrrrrrr dans la chambre d’amis de mon 4 1/2... il y a 20 ans. Le but n’était pas que ça débouche sur une carrière internationale. Je voulais simplement acquérir un peu de technique. D’ailleurs, je dirais que ma version de Angel de Sarah McLachlan, à l’époque, n’était pas piquée des vers.

Bref, comme j’aime beaucoup chanter, activité que je fais la plupart du temps dans ma voiture, je refuse rarement de participer à une séance de karaoké.

Suffit juste que quelqu’un lance le bal. Si mon beau-frère entame Le yâbe est dans la cabane, de Mes Aïeux, j’embarque. Même chose au party de Noël du bureau. Si mon patron décide d’attaquer Bohemian Rhapsody, de Queen, je me lance avec lui. Pas besoin d’être en avant-plan ni même de tenir un micro. Un fouet de cuisine peut faire l’affaire. Je veux juste m’égosiller. Laissez-moi jouer les choristes sur la performance des autres toute une soirée de temps et je vais me sentir comme une princesse.

Car oui, chanter rend véritablement heureux ! Même ceux qui chantent comme une casserole.

C’est connu, la musique joue positivement sur notre moral et notre santé. En écouter repousse le stress et rend joyeux, euphoriques même, indique le Dr Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie à l’Université Paris-7 (le genre de spécialiste au nom prédestiné !). Et chanter seul, sous la douche, dans la voiture ou en groupe demeure tout aussi efficace, insiste-t-il.

Comme le karaoké représente une activité qui implique l’écoute passive de la musique et une pratique active, grâce au chant, tout en ayant un aspect social, on ne peut trouver mieux pour le cerveau. Et quand la musique est choisie selon nos goûts, celle-ci fait encore plus de bien, explique le spécialiste. « L’intention consciente amplifie le plaisir ! * », illustre-t-il.

Les séances de karaoké seraient donc, selon lui, « des bouffées de bonheur ».

Et que dire du fait de faire partie d’une chorale ? Une étude de l’Université de Londres a, elle aussi, confirmé les actions bénéfiques du chant coude à coude. D’après elle, « chanter en groupe est une source inépuisable d’euphorie et a, en plus, un effet antidouleur ».

Le Dr Lejoyeux va jusqu’à affirmer que 30 minutes de musique chaque soir peuvent vacciner les gens contre le rhume ! Ç’a été prouvé dans une étude américaine. L’action euphorisante de la musique se nomme d’ailleurs « l’effet Mozart ».

« Mozart fait augmenter une hormone cérébrale : le facteur de croissance neuronal. Pour le dire autrement, la musique de Mozart fait repousser les nerfs abîmés », souligne le Dr Lejoyeux. La preuve : sa Sonate Köchel 448 serait utilisée dans certains services médicaux pour aider, par exemple, les bébés prématurés à reconstituer leurs neurones pendant ou après leur séjour à l’hôpital. Lire ça est, justement, de la musique à mes oreilles. C’est à la limite magique.

Bon, je sais que plusieurs ont déjà commencé à saigner des oreilles parce que Feliz Navidad joue en boucle depuis la mi- novembre. Il est vrai, je vous l’accorde, que ce ne sont pas toutes les chansons qui agissent comme antidépresseurs...

Mais prenez exemple sur les enfants. Un enfant qui chante est un enfant heureux.

Pensez à, par exemple, Holy Jolly Christmas, Blue Christmas, Vive le vent, All I Want For Christmas is You, Les douze jours de Noël, voire Noël à Jérusalem, l’Ave Maria ou encore Marie-Noël.

On les connaît par cœur ! Profitons-en donc pour les chanter à gorge déployée. Que ce soit quand elles tournent à la radio, qu’un chœur les offre dans un concert ou qu’elles servent de toile de fond à votre magasinage, fredonnez-les. Intérieurement, s’il le faut, mais laissez-vous porter. Votre temps des Fêtes sera tout simplement plus joyeux et, en prime, vous éloignerez les vilains virus de Noël !

Un beau cadeau à se faire à soi-même. Gratis, en plus !

* Source : Le Point.fr. février 2016